Radio-Canada
Un amour qui ne veut pas mourir...
ARTICLE -
25 novembre 2004
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La coalition a déjà récolté les appuis d'importantes organisations culturelles, dont l'Union des artistes, la Guilde des musiciens, le Théâtre du Nouveau Monde et l'Union des écrivaines et des écrivains du Québec.
photo: Dominic Gauthier
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La Chaîne culturelle de la radio de Radio-Canada disparaît au profit d'Espace musique. Certains, qui refusent de voir mourir l'unique station publique élitiste entièrement consacrée à la culture, haussent le ton.
167 000 auditeurs. C'est la portée qu'avait, dans le Grand Montréal, la Chaîne culturelle de la radio de Radio-Canada (printemps 2004, BBM), comparativement à 593 000 pour la Première Chaîne. Puisqu'elle parlait à de moins en moins de gens, la société d'État a voulu repositionner sa deuxième chaîne. Non pas à cause d'impératifs publicitaires, aucune publicité n'étant diffusée sur les ondes de la radio publique, mais pour des raisons "d'équilibre" entre son mandat et les intérêts des auditeurs. C'est cette réflexion qui a amené Radio-Canada, cet automne, à changer l'identité de la Chaîne culturelle pour faire naître Espace musique, une station qui privilégie la diversité musicale. La disparition de la Chaîne culturelle n'a pas poussé les auditeurs à descendre dans la rue pour déclamer la poésie surréaliste d'Éluard, comme ce fut le cas pour CHOI FM cet été. Les intellectuels et les gens du milieu de la culture ont toutefois distribué généreusement les diatribes à l'endroit de Radio-Canada. Dans une lettre ouverte, Victor-Lévy Beaulieu a comparé la mort de la deuxième chaîne à un "génocide culturel", tout en soutenant que Radio-Canada versait "dans la facilité et l'incompétence, pour ne pas dire dans la trahison tout court". Aussi tranchant, l'écrivain Claude Jasmin a écrit quant à lui que les dirigeants de la société d'État, des "putains du populisme", avaient baissé "lâchement les bras" en crachant sur la culture pour céder aux "fadaises et aux niaiseries". Et c'est sans compter les pages d'opinions des quotidiens, où d'anciens fidèles de la Chaîne culturelle se sont montrés moins que tendres envers Espace musique, la qualifiant de "populiste", de "musak endimanchée" ou de "bouillabaisse"...
AUX ARMES, CITOYENS! Un regroupement citoyen s'est même formé en quatrième vitesse cet automne. Le Mouvement pour une radio culturelle au Canada (MRCC) (www.radioculture.tk) entend bien contester le "déficit démocratique" engendré par la disparition de la Chaîne culturelle. En plus des quelque 2000 appuis individuels, la coalition a déjà récolté les appuis d'importantes organisations culturelles, dont l'Union des artistes, la Guilde des musiciens, le Théâtre du Nouveau Monde et l'Union des écrivaines et des écrivains du Québec. En tout, le MRCC parle pour environ 12 000 personnes. Sa position est simple: on demande au CRTC de tenir des audiences publiques portant sur la situation actuelle et l'avenir de la culture à la radio d'État. Selon le porte-parole du mouvement, Jean Portugais, "la radio d'État est un bien public. Elle appartient à tous les Canadiens. Radio-Canada seule ne peut pas s'emparer d'une fréquence et créer une nouvelle chaîne sans qu'il y ait des audiences publiques. En créant Espace musique, Radio-Canada a carrément détruit une chaîne pour la remplacer par une autre". Le MRCC se base sur la Loi sur la radiodiffusion (1991), qui stipule que le CRTC a l'obligation de tenir des audiences publiques lors d'un renouvellement ou d'un bris de licence. Sauf que même si les revendications du MRCC sont nobles, il y a un os. Radio-Canada, même si elle a changé le nom, les couleurs, la programmation et la vocation de sa Chaîne culturelle, n'a cependant pas modifié une virgule à la licence qui lui a été octroyée. "Nous respectons à 100 % nos conditions de licence. Il n'y a eu aucun changement et nous nous étions assurés de notre conformité avant de créer Espace musique. Nos conditions de licence portent sur le contenu canadien et francophone, l'absence de publicité, etc. Nous n'avons rien changé de tout ça", affirme Sylvain Lafrance, vice-président de la radio française de Radio-Canada. Aux yeux du CRTC, la naissance d'Espace musique n'est pas considérée comme un bris de licence. Donc, pas d'audiences publiques. QUELLE CULTURE À LA RADIO PUBLIQUE? Depuis l'explosion du tollé, Radio-Canada répète le même message pour tenter d'apaiser les critiques. "Nous avions 12 heures d'émissions culturelles par semaine à la Chaîne culturelle, dit Sylvain Lafrance. Pour compenser, nous avons ajouté 12 heures d'émissions culturelles à la Première Chaîne." Cette fonction est en grande partie assumée par la nouvelle émission Porte ouverte, animée par Raymond Cloutier et diffusée tous les soirs de semaine à la Première Chaîne. Mais pour Jean Portugais, l'argument de la direction de Radio-Canada voulant que la culture soit mieux représentée à la Première Chaîne n'est pas valable. "Ce n'est pas sérieux, soutient-il. Ce n'est pas le mandat de la Première Chaîne que de faire de la culture. La Première Chaîne a toujours été une chaîne d'informations, d'actualités et d'affaires publiques. Mais de plus en plus, elle est envahie par l'information culturelle légère." Toujours selon M. Portugais, rien ne garantit la pérennité du contenu culturel présenté à Porte ouverte, d'où l'importance d'une chaîne axée entièrement sur la culture. "De plus, beaucoup de gens contestent la façon dont M. Cloutier aborde les questions culturelles, ajoute le porte-parole du MRCC. Ils considèrent cela comme très, très léger et insuffisant du point de vue culturel." En toile de fond, le débat semble être celui des divergences d'opinions entourant la notion de "culture" à la radio. "La culture parlée à la radio existe-t-elle? questionne Jean Portugais. Ou s'agit-il plutôt d'œuvres ou de contenus culturels présentés à la radio? Parce que présentement, les pertes sont considérables. Je pense aux radio-théâtres, aux concours pour les jeunes auteurs dramatiques, aux bancs d'essai pour les jeunes musiciens. Toutes ces émissions de la Chaîne culturelle permettaient aux artistes canadiens francophones de se faire entendre, qu'ils soient du milieu du théâtre, de la littérature ou de la danse." Sylvain Lafrance, de son côté, précise que la Première Chaîne est une station d'information ET de culture. "Et pour que l'on s'entende bien sur la définition du mot "culture", précise-t-il, nous produisons de grandes séries de dix heures sur Vigneault, par exemple, des émissions spéciales sur Gilles Carle ou sur François Truffaut, et nous sommes en train de préparer une émission d'une heure et demie sur Arthur Rimbaud. Ce n'est pas ce que j'appelle de la culture événementielle." Même s'il dit entendre les critiques, le vice-président de la radio française de Radio-Canada ne comprend tout simplement pas pourquoi certains "lobbys du milieu culturel" soutiennent que la culture est moins bien servie depuis le changement d'identité de la Chaîne culturelle. "Nous avons pris des émissions sur une chaîne qui connaissait de grandes difficultés d'écoute, et les avons transférées sur une chaîne qui attire un million d'auditeurs. Comment se fait-il que les gens de certaines sphères du milieu culturel soient déçus que l'on présente la culture à cinq fois plus de monde? Si nous avions pris les émissions culturelles de la Première Chaîne et que nous les avions envoyées sur une chaîne qui n'a pas d'écoute, je comprendrais. Mais la culture n'a jamais eu une aussi grande place sur la Première Chaîne. Et la Première Chaîne n'a jamais été aussi écoutée dans son histoire." Pour Sylvain Lafrance, les critiques que reçoivent les deux radios publiques sont souvent fondées sur des perceptions plutôt que sur des réalités. "Nous n'avons pas tué les radio-théâtres, et il y a encore de la musique classique en ondes. Il y a des critiques que je prends et d'autres que je prends moins. Lorsque j'entends que nous faisons seulement de l'actualité culturelle alors que nous tenons des débats sur, par exemple, la relation amour-haine entre les critiques et le cinéma, ce ne sont pas là des petits débats d'actualité à partir d'une conférence de presse..." LA SUITE... Ici ou ailleurs, les radios culturelles occupent généralement des parts de marché de 1 à 2 %. Radio-Canada s'attend-elle à obtenir de meilleures cotes d'écoute avec Espace musique? "On ne s'attend pas à une hausse considérable d'auditeurs à court terme, dit Sylvain Lafrance. Mais on pense que dans deux ou trois ans, il y aura plus de gens à l'écoute de cette station-là, et ce sera bien pour la musique." Pour le moment, le MRCC recueille toujours les appuis pour poursuivre sa bataille auprès du CRTC afin que l'organisme tienne des audiences publiques sur l'avenir de la culture à la radio d'État. Radio-Canada, quant à elle, a l'intention d'écouter les préoccupations des auditeurs, mais ne prévoit pas changer la vocation d'Espace musique. "S'il ne faut pas sombrer dans la dictature de la cote d'écoute, ajoute Sylvain Lafrance, il ne faut pas non plus sombrer dans la dictature des lobbys qui voudraient que l'on soit tout pour la littérature, pour le cinéma ou la danse. Notre rôle est de représenter l'ensemble de la culture qui se fait ici."
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15 août 2005, 16:15
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Depuis maintenant 25 ans que j'écoute cette radio. À une certaine époque, la roulette pour changer les stations de mon poste radio préféré n'a pas changé de position pendant au moins 10 ans. Je connaissais les animateurs et les réalisateurs de toutes les émissions. Je me procurais chaque semaine le "Ici Radio FM" avec la programmation hebdomadaire. Quand j'ai commencé à être adepte de "Radio-Canada FM", il n'y avait rien passé minuit sauf des tests de fréquences. Quelqu'un disait "nous allons maintenant émettre une fréquence de 4000 Hertz....BIP-BIP-BIP!" Je m'endormais le soir au son des cloches du "Voyage intérieur", vous rappelez-vous? Ça fait une mèche de ça. Les bips des fréquences s'incorporaient dans mes rêves; je me réveillais au beau milieu d'un test de fréquences.
On disait d'Espace Musique que l'écouter assidûment équivalait à étudier l'histoire de la musique à l'université. Ce n'est pas faux. J'en étais venue à connaître le répertoire sur le bout de mes doigts. Je pouvais différencier la provenance des compositeurs juste à en entendre un court extrait.
Ceci dit, quand la Chaîne culturelle est devenue Espace Musique, j'étais à la fois en deuil et ravie de cette nouvelle fraîcheur. J'ai lu l'article de Victor-Lévy Beaulieu dans LaPresse et, bien qu'il avait raison sur certains points, j'ai trouvé qu'il y allait un peu fort. Après tout, il y a encore de la musique classique et des radio-théâtre. Le contenu culturel est bel et bien là. On peut en penser ce qu'on veut mais on ne peut nier qu'entendre de nouvelles choses fait du bien. L'esprit a la capacité de s'ouvrir. Êtes-vous en train de me dire que ceux qui écoutent autre chose que de la musique classique sont des ignares? La culture doit être disponible pour tout le monde, pas juste aux "péteux de broue".
Je continue pour ma part d'écouter Espace Musique, j'y découvre plein de choses nouvelles et intéressantes. C'est plus actuel et ça ouvre les horizons.
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02 avr. 2005, 14:13
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Mon dieu que la société d'état fait parler d'elle. Pourquoi dites-vous? Je peux comprendre la réaction des gens, car c'est nous contribuables qui subventionnons cette télé d'état. Mais quand même. On blâme bien souvent la société du manque d'audace et du changement. Prenez dont en exemple le parti libéral du Québec. Tout le monde voulait du changement, et bien vous avez été servi non? Mais ne mêlons pas la politique, de l'univers télévisuel. Tout a été fait pour le mieux selon moi concernant Espace Musique. La société voulait élargir son public qui se faisait de plus en plus vieillissant et voulait faire découvrir de nouveaux styles musicaux, axé sur le monde. Et avec une augmentation de 50% de la part de marché, les gens se plaigne encore. Vite une candidature prochaine pour les prochains jeux olympique (la discipline du chialage!!! On critique souvent en mal le changement ou la nouveauté, car on est si bien avec la routine! Qu'il n'en déplaise pour certains, que ce soit pour la radio ou la télé, il faut innover, sans quoi on n'avance pas! Et arrêtez de parler de côtes d'écoute. C'est vrai que c'est important, car ce n'est pas juste les contribuables qui paient pour Radio-canada, mais la publicité, qui sans elle, n'offrirait pas le budget nécessaire pour investir dans des émissions d'aussi grande qualité que Radio-Canada offre. Des erreurs, oui on en fait on n'est pas parfait évidemment.Et le tout peut prendre un certain temps avant que les gens s'adaptent. Et il y existera toujours une compétition que se soit dans le privé ou le publique, qui influencera le publicitaire à vouloir insérer leur publicité dans des émissions qui sera vu ou entendu par plusieurs personnes.
Un dernier exemple, Télé-Québec à une programmation qui selon moi est d'une qualité irréprochable. Mais le gouvernement québeçois songe à mettre la clé dans la porte. Pourquoi pensez-vous? Le manque des revenus publicitaires..et pourquoi ce manque? Les côtes d'écoute. L'addition est simple...
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16 déc. 2004, 07:43
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En ce 16 décembre 2004, je viens de consulter les résultats des sondages BBM radio de l'automne. L'écoute de cette chaîne a progressé de près de 50% par rapport à la même période l'an passé. Radio-Canada fait maintenant son entrée officielle dans la guerre aux cotes d'écoute. À part quelques intellos, personnes ne s'en plaindra. Pourquoi? Parce que nous ne sommes qu'un peuple de mangeurs de hot dogs! Pour nous, la culture commence avec les bougons et se termine dans les hautes sphère de Tout le Monde en Parle. Quel gâchis...
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01 déc. 2004, 14:04
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Il est peut-être bon d'expliquer que la chaîne culturelle est depuis longtemps sous la direction de Lafrance et compagnie ; depuis longtemps, elle déclinait en qualité et en contenu, et ses cotes d'écoute baissaient. Facile alors de condamner la moribonde, de lui assener le coup fatal et, à grand renfort de publicité rose, de tenter de lancer un nouveau concept, en prétendant que l'ancien ne marchait plus! Beaucoup de signataires de la pétition du MRCC n'écoutaient plus la chaîne depuis quatre ou cinq ans, ennuyés par les capsules "info-culture", le départ de plusieurs émissions littéraires, et des animateurs bonbons comme Carole Trahan (toujours bien présente sur Espace Musique), qui présente des pièces entrecoupées de commentaires ridicules ("Saviez-vous que le guépard court plus vite que le lion? Eh bien, Schubert, lui, prenait bien son temps! On écoute!"). Cette pétition n'est donc pas le reflet d'une indignation subite de mystérieux auditeurs dont on se demande où ils étaient avant, mais bien le reflet d'un problème à la chaîne culturelle qui existe depuis des années et qui avait été abondamment traité déjà dans des revues comme "L'inconvénient" à l'époque de la mise à la porte de Stéphane Lépine et de Jean Larose. On en avait même tellement parlé que le Devoir avait fermé son courrier des lecteurs à la question pour clore momentanément le débat!
Parler de génocide culturel comme le fait VLB est pour le moins abusif. Mais parler de dictature des lobbys est une insulte à tous les auditeurs déçus. Et de grâce, sacrez-nous patience avec le snobisme, l'élitisme, l'Académie et quoi d'autres encore... Qui sont les élitistes, ceux qui veulent conserver des émissions de haute qualité pour que tous puissent y avoir accès ou ceux qui croient que ces émissions ne peuvent être comprises que par quelques universitaires et ne méritent pas d'être diffusées? Un contenu riche et accessible n'est pas une utopie, si on s'en donne vraiment la peine.
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01 déc. 2004, 20:23
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Une chaîne radio élitiste? Radio Canada?Voyons... une radio d'état! Une radio d'état se doit d'être le reflet de la réalité culturelle d'un pays, de faire connaître ses créateurs, ses artistes , les avant-gardistes comme les pionniers, mais surtout de ne jamais oublier que les artistes sont l'âme d'un peuple. J'ai écouté Espace musique, j'y ai entendu du jazz, du classique, de la chanson française et de la musique d'ici aussi, mais bien peu, il me semble. Est-ce que la production artistique de ce pays ne serait pas assez riche et abondante pour intéresser un auditoire assez vaste pour en faire un succès en cote d'écoute? Ou bien notre culture, celle de nos artistes, ne mérite-t-elle pas encore la place principale pour toute diffusion sur les ondes? Et si non, au détriment de quelle autre culture? Ah, la, la! On en a tu de la misère avec ce vieux complexe, celui chanté il y a si longtemps déja par Raoûl Duguay! ''Dans mon pays, cooooooooooooooooooooooooooooooooolonisé! (P.s. en chantant c'est assez mélodieux!)
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01 déc. 2004, 05:55
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C'est une rare occasion de voir des gens de différents milieux se regrouper à mon sens. C'est aussi un drame. Mais qu'est-ce que je veux dire par occasion?
C'est tout simple, j'ai été élevé par une mère qui écoutait cette radio. J'y ai donc un peu pris goût aussi. Mon père par contre, bien qu'un brin intellectuel, avait plutôt tendance à écouter de son côté une autre chaîne à saveur plus sportive. Mais ce que Radio-Canada est en train de faire pour les intellectuels à la Radio, ils l'ont déjà fait à la télévision avec les sportifs. Ils ont d'abord laissé aller sans trop combattre la soirée du Hockey. Ils présentaient avant les grands prix et il n'y a pas si longtemps encore du Football de la LCF. Ce qui se fait encore du côté anglophone également. Bref, à mon sens, Radio-Canada autant à la télévision qu'à la Radio est en train de tuer sa culture dans l'oeuf.
Voilà donc une occasion pour les intellectuels qui accusent les sportifs et les sportifs qui accusent les intellectuels de regarder la situation bien en face et de voir qu'il semble naître un ennemi commun. À savoir, la direction de notre télévision et de notre radio publique nationale.
Bon, peut-être que les mélomanes m'en voudront, mais je trouve qu'il y a bien assez de postes dits "musicaux" et qu'un de plus n'était pas nécessaire dans l'ensemble puisqu'en bout de lignes ils présentent presque tous la même chose. Cependant, quand je voulais de l'information, je savais où aller. Maintenant, je dois chercher ou me tourner vers les radios plus populaires, voir plus populistes.
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30 nov. 2004, 12:51
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Qu'est-ce que l'élite ? Ce mot a t-il encore un sens ? Il suppose une certaine hiérarchie, et Dieu sait ce qu'on pense, au Québec, de toute forme de hiérarchie. Dans notre conscience collective toujours frileuse, nous avons associé ce mot à "mépris" et "pétage de broue". Et pour cause. Ce vague mépris a été le lot du peuple, de la part de la bourgeoisie et du clergé qui ont dominé le Québec avant la Révolution tranquille. Il y a aussi notre réaction mitigée envers la France, cette nation qui fait si bien la différence entre le haut et le bas, entre le grand et le petit, le noble et le vulgaire. Cette nation dont nous sommes issus, et dont nous avons été, en quelque sorte, coupés durant quelques siècles.
Donc, au Québec, tout est valable, et surtout, SURTOUT, il s'agit de ne pas dépasser la ligne. Et si on la dépasse, il faut en être gênés, en demander la permission, s'excuser de ne pas être compris par tout le monde. Nous sommes tombés d'un extrême à l'autre. On demande aux intellectuels de ne pas la ramener avec leurs critères. Dans un tel contexte, comment s'étonner de l'évolution de Radio-Canada ? Faire preuve de discrimination, passer de la culture à la Culture, est un comportement de moins en moins accepté socialement. Avant les années 60, on méprisait ce qui ne faisait pas partie de l'élite; aujourd'hui, elle est devenue tabou. Elle rase les murs, marche à l'ombre ou se mêle à la foule.
On gobe tout rond les façons de faire des États-Unis, qui confond démocratisation et vulgarité, mais on résiste au raffinement. C'est quoi le problème ? Peut-être faudra t-il se résoudre à abandonner les médias au marché, et ouvrir une radio clandestine, prendre le maquis, en quelque sorte...à moins de réunir quelques illuminés dans des catacombes ?
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30 nov. 2004, 10:02
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Je ne sais pas exactement où est-ce qu'on s'en va avec la privatisation de tout ce qui peut-être privatisé!! Tout ce que je sais en tout cas c'est qu'on est pas dans le bon chemin. On perd notre curlture tranquillement , les gens ont une faiblesse face à l'argent. Pourquoi devrions nous laisser tout ce faire sous notre nez quand nous sommes pas d'accord réagissez, réagissons!! On est en train de ce faire envahir par l'argent, le capitalisme. Nous n'avons pas besoin de tout ces systèmes privés. Les cliniques , les écoles, les chaînes de télévisions, les postes de radios et plein d'autres choses. Misez plus tôt sur la culture, l'enrichissement de cette culture et non son l'apauvrissement. J'espère qu'un jour nous allons comprendre, mais espèrons qu'il ne soit pas trop tard.
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29 nov. 2004, 21:08
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Tout un changement! À vrai dire, c'est du marketing pur et simple : on change l'emballage pour rehausser la valeur du produit aux yeux des consommateurs. J'écoute peu la radio et la Chaîne culturelle était parmi ma sélection... Radio-Canada emboîte le pas à Télé-Québec : on coupe dans la culture en scandant que cela intéresse peu de gens, que la sacro-sainte Cote d'Écoute n'est pas au rendez-vous. C'est faux. La culture, sous toutes ses formes, est importante. La culture ne se mesure pas avec une cote d'écoute.
Un jeune collègue de bureau ne comprenait pas l'importance d'investir dans la culture. Pour lui, il est plus important de mettre de l'argent publique dans le sport professionnel car sa rapporte. La question, pour lui, est simple : il aime le sport, j'apprécie la culture = chacun son camps. Ce n'est malheureusement pas comme cela... la preuve : ce même collègue s'est offert un voyage à Paris. Qu'allait-il y faire : visiter les musées. Allait-il voir une équipe sportive ou visiter un colisé? Non. Il y allait pour la culture.
Tout ça pour écrire que la culture est l'empreinte de notre société. La diminuer, ne pas la favoriser, ne pas y croire, c'est ne pas accepter ni montrer qui nous sommes. C'est cacher des merveilles aux générations futures. C'est mettre un X sur le plaisir de découvrir et d'écouter - de voir - autre chose.
Radio-Canada va dans ce sens. Un petit changement par ici, un autre par là - et soyez assurer, tout est légal - amène des changements important voir l'extinction.
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29 nov. 2004, 07:49
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Non, je ne fais pas partie de la majorité "Virginienne", mais en son nom, je me permets de m'offusquer du mépris qu'elle reçoit ici.
Si moi, Michèle Tremblay, aime la littérature et le cinéma de répertoire, je n'en méprise pas pour autant le "simple" pêcheur. Car ce que j'aime, c'est par intérêt personnel et non par "pétage de broue". Et mes intérêts personnels, je ne saurais les imposer aux autres. Le pêcheur sait apprécier la nature et le sport plus que je ne sais le faire et c'est très bien ainsi. Car non, les arts ne sont pas plus "nobles" que le grand air. C'est simplement une question de goût. Et un minimum d'ouverture d'esprit devrait permettre de comprendre ça.
Oui, c'est déplorable que la chaîne culturelle de Radio-Canada soit fermée. Mais que certains ici en profitent pour cracher sur la "plèbe", c'est franchement bas, en plus d'être hors-sujet. Mais c'est tellement humain de rabaisser les autres pour se remonter. "Compulsion au dénigrement", comme disait l'auteur Jésus K.
Ce qui est intéressant avec l'élite intellectuelle, c'est de constater que, contrairement à mes attentes, elle n'est pas nécessairement évoluée. Comme quoi on peut à la fois être cultivé et éduqué et se comporter vilement ; comme quoi "connaissances" et "sagesse" ne sont pas toujours reliées.
Le film d'Agnès Jaoui (film de répertoire, ça fait très chic, non ?) "Le goût des Autres", dénonçant justement le snobisme intellectuel en France mériterait d'être visionné par certains internautes ici dont le mépris qu'ils affichent est tout-à-fait révoltant !
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29 nov. 2004, 10:08
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Par principe de culture universelle, c'est par la bouche de la poésie que je répondrai à ces hérésies!
Quelle soit première ou deuxième,
Quelle soit écoutée ou adulée,
Quelle soit unique ou commune,
Quelle soit son ou visuelle,
Elle est note ou requiem,
ton ou une envolée.
mot ou dramatique
tache ou pastelle,
La culture est grande dans son antre,
douce en silence et tendre en image.
L'oublie, son pire ennemi
lui indique la sortie,
la porte de l'indiférence,
que la perception des uns,
est le fin de l'innocence,
Cessez de la bousculer tel une feuille au vent changeant,
car qui sème le vent récolte la tempête des idées innédites,
Cessez de la cacher tel un trésor de malfaisant,
car qui pelle sa tombe enterre l'imaginaire insolite!
Libre les idées, la pensé et la beauté,
Diffusé partout et nul part à la fois,
mais valorisé comme un nouveau né!
Car le premier jour de la culture c'est aujourd'hui, demain, toi , moi et vous!
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29 nov. 2004, 09:11
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Cette montée aux barricades de la part d'autant de groupes se disant à la défense de la défunte Chaîne culturelle de la radio de Radio-Canada me semble incroyablement hypocrite. Pensez-y, trois secondes: où étaient-ils tous donc, ce beau monde, lorsque cette chaîne se mourait tranquillement - parce que, que cela vous plaise ou non, à seulement 167 000 auditeurs, vous ne faites que de la radio pour une simple et petite clique d'initiés. Espace musique pourra fort probablement amener un nouvel auditoire ne trouvant auparavant rien d'intéressant pour eux dans l'ancien ne formule et je ne serais pas surpris une miette si elle obtenait même de meilleures cotes (nulle part où aller qu'en haut, comme on dit). Le MRCC et tous ces autres intervenants qui râle devant la disparition du ancien contenu n'ont que dalle à dire, puisqu'ils ne l'appuyaient même pas avant. Et puis, bordel, que je sache, la Première Chaîne n'est-elle pas, déjà, une radio culturelle? La SCR n'y a-t-elle pas transféré un grand nombre des émissions qui furent en ondes, sans auditoire, à la Chaîne culturelle et lesdites émissions n'y ont-elles pas eu un plus grand succès? Alors, c'est quoi le problème? Combien de chaînes doivent parler exclusivement de cultures pour que tout le monde soit content? Et quand est-ce que la musique ne fait plus partie de ce qu'on appelle de la culture? Maudit que ce débat est bête! Maudit que des gars comme Jean Portugais nous pompons pour rien! Rappeler à la société d'état à coup de rhétoriques vides que leur mandat premier est de nous donner et de nous parler de contenu culturel ne fait pas sérieux si NOUS ne prenons même pas la peine d'écouter ledit contenu. M. Portugais et tous ses autres amis devraient se taire et tout simplement tourner à la Première Chaîne, parce que ce que la SRC a besoin de dire comme argument, dans ce débat, c'est "167 000 auditeurs", et si peu d'auditeurs, c'est rien pour prendre une protestation quelconque sérieusement. Refaites vos devoirs.
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29 nov. 2004, 05:30
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" Avec la radio, surtout la nuit, on peut encore faire rêver. " José Artur.
Un peu tard, je me joins à tous ces témoignages intéressants. Pas de déclaration supplémentaire, juste une rapide recherche de citations et il y en a d'éloquentes au sujet de la culture et de l'élitisme.
Hélas, il faut souvent pour faire actif, pour donner l'impression de modernité, de nouvelles appellations. La chaîne culturelle de Radio-Canada risque de devenir espace musique, c'est réellement le signe des temps. Penser qu'un autre tempo, une autre ritournelle, un espace mélodique différent va mettre l'univers radiophonique à l'unisson, c'est imaginer que les auditeurs n'ont pas l'oreille musicale ! Pas besoin d'un autre métronome pour rythmer les ondes. Jacques de Lacretelle disait : " la radio marque les minutes de la vie ; le journal, les heures ; le livre les jours ", les acteurs et programmateurs, les "Gens" de Radio-Canada connaissent la chanson. Jean-Marie Cavada a écrit dans les dossiers de l'audiovisuel : " la radio, loin de se situer en concurrence frontale avec d'autres médias conserve et même accroît sa place spécifique dans la vie quotidienne ". Alors nous les auditeurs on se prend à rêver comme l'imagine José Artur, grand agitateur radiophonique à ses heures : Messieurs les décideurs, les financiers " écoutez la radio ! ". Ne vous mirez pas dans les écrans de télé ou sur la crête des sondages, inventez, créez une nouvelle chaîne de radio en plus de la chaîne culturelle de Radio-Canada, voilà votre travail.
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28 nov. 2004, 23:21
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Je dois avouer que je n'écoutais moi-même jamais la chaîne de Radio-Canada et cela, tout simplement parce que je n'en ai pratiquement jamais entendu parler. Il a fallu qu'un cours de création littéraire, au cégep, m'apprenne que sur cette chaîne, on diffusait des fictions radiophoniques une fois la semaine pour que j'aie l'idée de m'y attarder. La chaîne de radio-canada était, je crois, le seul médium à exposer cet art auditif de façon accessible, art qui malheureusement, se meurt. Pourtant, il mérite sans contredit qu'on s'y intéresse. La fiction radiophonique, contrairement à ce qu'il semble, n'est pas dépassé. Les Albums du peuple de François Pérusse n'ont-ils pas joui d'un énorme publique, avant même que la version télé (qui entre vous et moi enlève justement beaucoup de son charme à la création de Pérusse) fasse son apparition? Au même titre que le téléroman dramatique, qui partage la grille horaire avec les comédies télévisées, la fiction radiphonique n'a-elle pas sa place au sein des émissions humoristiques de la radio? Souvenons-nous qu'à une époque, l'écoute de radio-romans était l'activité de prédilection pour nombres de foyers québécois. La fiction radiophonique est un art que l'on a à tort délaissé, mais qui pourtant, a l'avantage de stimuler et de développer l'imagination, faculté que l'on met trop de côté, de nos jours. Je ne peux juger si Radio-Canada a bien fait ou non de changer sa vocation, mais je sais qu'elle a eu tort de couper de leur programmation le rendez-vous hebdomadaire original qu'était la présentation d'une fiction radiophonique qui, selon moi, ne souffrait pas d'un manque d'intérêt du public, mais d'une ignorance, dûe au déficit de publicité dont elle souffrait. Une chaîne culturelle ne doit pas promouvoir seulement un aspect de la culture, mais bien s'ouvrir aux autres et les faire connaître au public. La fiction radio avait une place déjà trop peu importante, sur la chaîne de Radio-Canada, elle n'en fait désormais plus partie dutout.
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28 nov. 2004, 21:48
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Personnellement, même si je trouve qu'il est important que la culture ait une bonne représentation à Radio-Canada, il ne faut quand même pas trop en mettre. Je trouve que le fait qu'ils ont ajoutés des émissions de culture à la première chaîne est très bien et il reste qu'ils jouent encore que de la musique francophone et ce, sans pause publicitaire. Si les cotes d'écoutes n'étaient pas là, c'est probablement parce que le produit ne plaisait pas. J'ai de la misère à croire que la culture touche même pas 200 000 montréalais. Donc, Radio-Canada comme chaîne publique se devait de réagir afin de corriger la situation et d'offrir une programmation qui plaise à la majorité.
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