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Rue zone interdite (La)
À la suite de la publication, en 1988, de l'image d'une jeune femme assise sur un trottoir, le photographe Gilbert Duclos a été entraîné dans une saga judiciaire qui le mena jusqu'en Cour suprême du Canada. Ce qui s'appelle désormais "l'affaire Duclos" a profondément changé les règles de la photographie et du documentaire au Québec. Peut-on encore rendre compte du monde tel qu'il est? La rue nous est-elle désormais interdite?
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La Rue zone interdite
Sur le vif
ARTICLE -
8 septembre 2005
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La Rue zone interdite: un plaidoyer en faveur d'un art menacé de disparaître.
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La Rue zone interdite, de Gilbert Duclos, s'interroge sur l'avenir de la photographie publique. Entrevue avec le photographe.
Prix du meilleur reportage au 23e Festival du film sur l'art, La Rue zone interdite est le cri du cœur du photographe Gilbert Duclos (créateur de certaines des plus belles pages de couverture du Voir dans les années 90), qui inspira bien contre son gré l'arrêt Duclos, une décision de la Cour suprême interdisant de publier des photos d'inconnus sans leur permission. Un simple cliché montrant une jeune femme assisse à l'entrée d'une banque, publié dans le magazine Vice-Versa en 1988, déclencha la saga judiciaire qui continue de préoccuper Duclos, le film qu'il a réalisé en étant la preuve.Avez-vous gardé la fameuse photo du Vice-Versa? "Oui. Ça fait partie de l'Histoire. Maintenant, on m'étudie à l'université, je suis devenu un cas. Il y avait déjà eu des gens utilisés à leur insu dans des publicités qui ont poursuivi, avec raison. Mais c'était la première fois par rapport à une image documentaire." En plus de rencontrer des photographes, éditeurs et juristes québécois et américains, Duclos s'est rendu en France où les poursuites par rapport au droit à l'image (ou est-ce le droit à l'argent?) sont très répandues. Toutefois, contrairement à ici, il n'y a pas encore eu de jugement aussi tranché: "En France, ça fonctionne par juridiction, explique Duclos, chacun des tribunaux peut prendre des décisions contradictoires. D'ailleurs, quand j'étais là en juin dernier, il y a eu une décision juridique qui était vraiment pour le photographe. Il commence peut-être à y avoir un revirement de situation en France. Tandis qu'ici, la Cour suprême chapeaute tout." Est-ce une loi qui interdit carrément de photographier sans permission ou est-ce une loi qui dit qu?fon prend le risque de se faire poursuivre? "Moi, je dis aux gens, prenez le risque! Parce que c'est tellement ridicule, si on suit ce jugement à la lettre, la photographie de rue, tu ne peux plus en faire. La photographie humaniste, dont je suis un adepte, pour faire une bonne photo de ce type-là, il faut en faire beaucoup. Ça va au-delà du photographe. C'est un peu la magie, tout d'un coup, il se passe quelque chose à un coin de rue, tu vois quelque chose et tu es prêt, tu le fais. On peut facilement imaginer que si à chaque image que je fais, je dois passer des heures à m'expliquer aux gens et leur demander de signer un papier comme quoi ils me cèdent leur droit à leur image, je n'en ferai plus de photo. Il se trouve que depuis 150 ans, il y a ce que j'appellerais des photographes flâneurs, qui marchent dans la rue et qui regardent. Doisneau, Cartier-Bresson, Elliot Erwitt, Robert Frank, Marc Riboud... Ils se sont promenés, certains autour du monde, d'autres dans leur petit patelin, ils ont photographié la vie autour d'eux et en ont fait des livres. Aujourd'hui, on regarde ces livres-là et on rêve." On rêve aussi un peu en regardant le documentaire de Gilbert Duclos, qui s'interroge sur des problèmes actuels, mais qui en profite aussi pour rendre hommage à sa profession. Plusieurs grands de la photo (Marc Riboud, Elliott Erwitt, William Klein, Janine Niepce, Willy Ronis et d'autres) sont interviewés alors que leurs images tapissent le film. Comme pour montrer ce que nous perdrons si les cours ont raison de la spontanéité créatrice et de ces fragments de mémoire collective, capturés par l'œil subjectif des photographes. Avant La Rue zone interdite, l'Ex-Centris présente L'Horloge interne, le portrait de Denis, un horloger de 40 ans qui en paraît 14 en raison d'une maladie ralentissant son développement. Simple mais touchant, ce court métrage documentaire est porté par la musique de Marie-Annick Lépine et par l'optimisme inébranlable de Denis. Voir calendrier Cinéma
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14 sept. 2005, 22:32
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Ce documentaire fort pertinent pose la question des libertés. Liberté de jouir de son image personnelle (droit à l'image), liberté d'exercer son art et liberté de la population à conserver son patrimoine visuel.
Bien-sûr Duclos prend position et ne présente pas les arguments de Madame Aubry, celle qui l'a poursuivi. C'est son droit, c'est un documentaire d'auteur et non un reportage au Point. Parfois je me disais, oui mais, vous oubliez que... Ce qui est intéressant c'est qu'il va plus loin que son expérience personnelle en obtenant le point de vue d'autres photographes en France et aux États-Unis.
C'est un documentaire sobre dont le contenu est plus important que le contenant. La narration hésitante de Duclos peut agacer au début mais il se met directement en scène alors c'est plus crédible que si la narration avait été assurée par une voix connue, par exemple Raymond Bouchard ou Gilbert Sicotte.
Personnellement je me disais que les photographes n'ont qu'à demander l'autorisation après coup, mais Duclos fait le test et personne ne veut signer, les gens ne s'arrêtent même pas, habitués à se faire accoster par des mendiants ou autres personnages de notre faune urbaine.
C'est à voir. Un film qui fait réfléchir mais également voyager dans l'histoire de la photographie.
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12 sept. 2005, 18:52
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La question lancée par ce documentaire me pousse à me demander: de quoi a-t'on peur?
Il est clair que nous vivons dans une société individualiste, un collectif d'individus. De plus, nous accordons énormément d'importance à l'image, que ce soit dans nos rapports interpersonnels, notre vie professionnelle ou s'il y a lieu notre vie publique (Médias).
Au premier abord, tout cela semble normal, mais en y regardant plus attentivement, un problème se pose avec cette question d'invidualisme / individualité.
Nous sommes un regroupement de gens, mais isolés chez nous nous sommes des individus (faisant parti d'une masse - électorale, spectatoriale, etc.), mais regroupés publiquement nous formons une masse anonyme. Tout en sachant que la photographie ''documentaire'' a la capacité d'isoler le sujet, de le scupter, de l'analyser, l'individu ce trouve a être sorti de la sécurité que la masse lui procure et devient propice à interprétation, réflexion, voir même aux jugements de la masse!
Par conséquent, si vous donnez carte blanche à un photographe / réalisateur, vous lui donner le POUVOIR de vous donner mauvaise mine, de vous faire déparler ou de tout simplement réussir à exposer vos problèmes aux grand jour. Dans une société basée TOTALEMENT sur l'image, cette valeur est a contre-courant. Par contre le voyeurisme bat son plein. Que faire?
Bref, le débat ''sujet vs. documentariste'' ne sera jamais règlé, puisque les deux parties croient bien faire (protection de la vie privée et de l'individualité vs. droit de parole, liberté d'expression et de création).
Ce faire prendre en photo c'est tout comme nous commentaristes du dimanche qui exposons le fond de notre pensée à tous et chacuns... c'est d'ouvrir un peu son âme tout en attendant la première pierre!
Finalement, si une image vaut mille mots pour l'observateur, vaut-elle maintenant mille maux pour le créateur?
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10 sept. 2005, 14:33
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La rue zone interdite est un incontournable : touchant, critique, inquiétant, esthétique, pénétrant, droit-au-but et invitant au débat.
Ce documentaire avait fait du bruit lors de sa présentation au Festival des Films sur l'Art de Montréal (FIFA) 2005. Tout un évènement incluant la projection et une séance de débat ouverte au public à laquelle participaient des gens bien intéressants, dont le réalisateur lui-même évidemment. Et Gilbert Duclos s'avère un homme modeste, amoureux de son art et de son histoire, soucieux de l'avenir et généreux pour tout... un peu comme son film !
Un public nombreux, conquis, qui avait beaucoup à dire et globalement tout à défendre pour la liberté de la photographie publique. Les débats comme le documentaire soulèvent simplement des questions essentielles sur l'âme de l'art photographique, menacée par les dangereuses règles de protection de la propriété intellectuelle.
Et puis vous aurez droit à des anecdotes savoureuses, sur Le baiser de Doisneau par exemple, qui est sans aucun doute à la photo ce que celui de Klimt est à la peinture, 'croyez pas ?
Le sujet n'est pas taboo heureusement et vous trouverez aux liens suivants beaucoup d'information supplémentaire si vous désirez, sur le dilemme de la Tour Eiffel, la photo des ouvriers mains sur seins évoquée dans le film, etc.
http://www.la-grange.net/2005/02/05.html
http://www.la-grange.net/2005/02/11.html
http://www.la-grange.net/2005/04/23.html
http://www.artfifa.com/en/par-titre/view-340.html
Imaginez ma joie, moi qui l'ai vue deux fois, quand j'ai appris que la bande était achetable sur internet (voir http://www.virage.ca/article.php3?id_article=142), en plus à prix abordable ! La boîte de production est sur Parc (Nord Saint-Viateur) alors filez-y. De mon côté j'ai pu l'offrir à mon Papy qui depuis toute petite a toujours inondé mes beurfdés de tofos et poésies. Voilà que je pouvais enfin l'en remercier d'un joli poême sur l'essence de la photographie.
Belle affiche !
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09 sept. 2005, 19:20
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J'ai bien hâte de voir ce film car c'est un sujet qui m'interpelle.
Nous sommes de plus en plus régis par des lois, comme si en tant que citoyen, nous devons continuellement être encadré.
Que fait-on de la spontanéité du moment, comment pouvons-vous vouloir tout contrôler.
Pour moi, la liberté d'expression l'exprime bien par ses mots.
Et si on me surprend en présence de M. X, je suis capable d'assumer mes gestes et puis, tant pis, si j'ai pris le risque de faire cela aux yeux de tous!
A vos appareils!
Souriez! .....
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09 sept. 2005, 12:15
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Dans un monde qui favorise de plus en plus la liberté individuelle, quel sort réserve-t-on aux photographes qui peuvent se faire poursuivre s'ils publient leurs ouvrages sans demander l'autorisation des gens qui les entourent? C'est à plusieurs de ces questionnements que s'interroge Gilbert Duclos.
Documentaire qui passe à la vitesse de l'éclair, La Rue zone interdite pose des questions fondamentales, que toute société devra répondre un jour ou l'autre. Malgré son sujet explosif, le déroulement ne s'avère jamais lourd. La musique, à la fois aérée et comique, calme habilement les moments de hargne, mais elle n'enlève en rien à l'énorme recherche de son auteur. En effet, le travail de Gilbert Duclos pour recueillir ses témoignages semble avoir été de longue haleine, alors que les propos retenus sont souvent justes, éclairés et parfois même très tristes.
Plus que tout, c'est au niveau du discours que l'ironie se veut massacrante. D'un côté, il y a des photographes humanistes qui cherchent à offrir au peuple son propre reflet. En contrepartie, il y a sans cesse des individus qui réclament de l'argent pour que les autres personnes puissent en bénéficier. Même 50 années plus tard, il est toujours possible de poursuivre si on se trouvait dans un cliché célèbre. Un peu partout, le phénomène prend racine. Il est désormais impossible de publier une photo nocturne de la tour Eifel sans payer une redevance à son éclairagiste!
Cette propriété intellectuelle maximise les libertés individuelles au détriment du sort collectif et de la pérennité historique. Si les caméras de surveillance se font de plus en plus nombreuses, il faut bien se venger sur quelqu'un. En attendant un réel débat public sur la question, il y aura toujours La Rue zone interdite. En espérant que toute cette poussière ne disparaîtra pas dans quelques semaines.
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08 sept. 2005, 16:24
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Gilbert Duclos nous amène quelque chose que l'on savait un peu . On voit ces images floues tournées par exemple dans une cour d'école , où l'on ne distingue pas les visages des enfants justement pour éviter d'avoir des poursuites judiciaires sur le droit à l'image .
Il faut se poser la question à savoir si n'importe qui , n'importe quand , n'importe où peut se permettre de photographier ce qu'il veut sans risque . On peut faire appel à la loi sur la vie privée . C'est un peu comme ces journalistes qui arrêtent des gens dans la rue pour leur demander leur opinion . Si les gens refusent , on ne les filme pas .
L'hiver dernier , j'assistais à l'avant première du film Les jeunes filles en fleur de Dany Laferrière grâce à des laissez-passer obtenus de VOIR . Bien sûr il y avait les médias comme c'est souvent le cas . Fin de l'histoire , pensions nous . Au cours de l'été nous sommes interpellés ma conjointe et moi par de nombreuses personnes qui disent nous avoir vu à la télévision en compagnie de Michaelle Jean (lors des débats sur sa nomination comme gouverneure générale) . Nous répliquons que nous ne savons pas de quoi ils parlent et que nous n'avons jamais rencontré madame Jean . Nous avons pu finalement voir le court reportage qui était une entrevue de Dany Laferrière par Michaelle Jean et nous étions à coté d'eux . Cocasse n'est-ce pas .
Une chance que j''étais avec mon épouse . Qu'est-ce que j'aurais pu faire si j'étais tendrement enlacé avec une blonde suédoise en plein reportage télé pour une avant première .
Donc un film qui mérite des discussions .
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08 sept. 2005, 12:32
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Mais ou doit-on tirer la ligne? A quelque part je souhaite que ce film prenne l'affiche à Québec pour je puisse en juger par moi-même. Le photographe n'a pas tort. On n'a qu'à penser à la superbe photo de Doisneau du baiser à Paris qui a fait le tour de la planète, longtemps j'ai eu ce laminage chez moi. En soi ce n'est pas supposé faire de mal à personne. Mais, il y a toujours un mais c'est au moment que la caméra à l'épaule captant sur le vif une photo d'une personne atteinte d'une maladie que cette photo prend tout son sens, on vient à ce moment-là brimer l'intimité de la personne.
Assurément un film qui ne laissera personne indifférent. C'est le genre de film qui devrait également être présenté sous forme de documentaire à une émission comme Enjeux, on pourrait en débattre de la liberté d'expression..
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08 sept. 2005, 11:49
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1 commentaire(s)
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Je suis un peu d'accord avec ce photographe, ça va pousser un peu loin que d'empêcher les gens de prendre des photos d'inconnus pour une belle photo artistique.
Je comprends si la photo est dégradante ou humiliante pour la personne photographié, mais en général, ces photos sont belles, et mettent en valeur ces inconnus sur l'image.
Il y a la protection des humains oui, mais il y a aussi une fine ligne à respecter pour que les gens puissent créer sans s'enfarger dans diverses lois, règlements, interdictions.
Si vraiment ça ne plait pas à quelqu'un qui se retrouve sur une photo, je suis certaine qu'il y a un moyen de s'entendre avec le photographe, sans que ça devienne une loi.
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Pays:
Canada
Année: 2005
Catégorie: Documentaire
Classification: N/A
De: Gilbert Duclos
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Région de Montréal
Québec / Bas-Laurent
Outaouais
Mauricie / Centre du Québec
Estrie
Saguenay Alma
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Cinéma Banque Scotia Montréal
Cinéma IMAX Telus du Centre des sciences de Mtl
M.d.c. Plateau Mont-Royal
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