Carlos Fuentes
Le Siège de l'Aigle
ARTICLE -
23 mars 2006
T.M.-R.
En 2020, le président du Mexique Lorenzo Terán refuse de soutenir les États-Unis dans leur occupation militaire de la Colombie et annonce l'arrêt des exportations de pétrole chez eux si Washington refuse de payer le prix fixé par l'OPEP. La riposte ne se fait pas attendre: le Mexique se réveille un matin coupé du monde, ses systèmes de communication paralysés par une soi-disant panne du satellite que leur «prête» amicalement le voisin du nord. Privés de téléphone et courriel, les acteurs principaux du gouvernement mexicain vont engager une correspondance à l'ancienne, leurs lettres traduisant des préoccupations politiques, bien sûr, mais aussi leurs ambitions professionnelles et parfois leurs audaces amoureuses. Un roman épistolaire formidablement original, tissé serré, plein des observations de celui qui fut ambassadeur du Mexique à Paris et qui surtout est l'un des plus grands écrivains hispanophones de son temps. Éd. Gallimard, 2005, 448 p.
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24 juin 2006, 21:19
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«Carlos Fuentes», nous présente un roman de science-fiction, sur l'or noir mondial! Bien sûr, nous sommes en l'an 2020! Et, la possibilité est fort plausible. Quoique, on peut se demander, s, il restera assez de pétrole à cette époque? Déjà, on expérimente, des projets : «style prototype», du genre de, méthanol? De l'hydrogène? Du gaz naturel? De l'électricité? Et même de l'huile à friteuse? Juste l'idée, de paralyser tous les moyens de communications, nous démontre, l'impact, de la puissance, de ce domaine. Pareil, comme en état d'alerte de guerre quoi! Un roman tout à fait excellent! Un livre, à lire un peu partout, facile, intéressant, et très captivant!
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28 mars 2006, 14:52
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L'Amérique latine est en pleine révolution socio-politique. La doctrine Monroe est obsolète. Le virement à gauche initié par Castro s'est amplifié avec Chavez et Morales et aussi Lula (pour ne citer que ceux-là).
Chavez: «Mon Père, mon Père, pourquoi tu nous as abandonnés si longtemps?»
Morales:« 500 ans de discrimination! Il n'y aura pas de ministère d'Affaires blanches, ni de ministère de la Féminité.» Nous sommes dorénavant tous égaux.
Bon nombre de leaders de l'Amérique latine veulent désormais s'inspirer de Chavez: la dialectique du suffrage universel plutôt que la surannée dialectique des armes. Ce mouvement est irréversible. L'ex -maire du Mexique qui est de gauche sera probablement le prochain chef de l'état mexicain. Après l'échec lamentable du géant états-unien au Proche-Orient et ses techniques de cow-boy pour instaurer la démocratie, je prévois un repli des USA sur eux-mêmes et l'abandon définitif de leur volonté de puissance et de domination du monde entier. Des blocs géo-politiques se forment. Le prochain sera le bloc sud-américain et se défendra farouchement contre l'hégémonie passéiste des USA.
Ce scénario ne risque pas d'être transformé en block-buster hollywoodien!
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27 mars 2006, 18:33
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Il y a des pétroleuses dans l'univers du roman de Carlos Fuentes, celles qui mettent le feu aux images d'Épinal derrière lesquelles les États-Unis cachent leurs ambitions et leurs intérêts. Si ce modèle pieux de défenseur de la démocratie à l'américaine a volé en éclats lors de la dernière guerre d'Irak, les ambitions de ceux dont la dépendance au pétrole en font le fer de lance de tous les états qui carburent au même liquide ayant alors été brusquement mises à jour, Fuentès le reprend à son compter pour le faire voir au regard de son pays, lui aussi riche de ce liquide précieux. La politique fiction cesse donc d'être de la pure fiction dans la mesure ou un tel scénario n'est pas complètement illusoire compte tenu des appétits en cause. Ce ne serait d'ailleurs pas la première fois que ce géant du Nord règle par les armes et l'invasion ses différents avec son voisin du sud. D'ailleurs, au regard de son pétrole, le Mexique n'est-il pas une sorte de Nouveau Mexique pour les États-Unis. Le diplomate a su trouver le scénario qu'il fallait pour dire ces vérités innommables même de manière très feutrée. Dans ce roman, c'est l'occupation de la Colombie et la lutte au terroristes détenant les armes soi-disant massives de la drogue qui sert de prétexte à l'invasion du Mexique comme cela fut le cas des terroristes armés de soi-disant armes massives qui servit de prétexte pour l'invasion de l'Irak. Il en profite également pour régler ses comptes avec l'élite politique de son pays pour qui les ambitions personnelles passent parfois avant les intérêts de leurs compatriotes. Ce roman peut être vraiment qualifié de politique au sens noble du terme.
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20 mars 2006, 22:26
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Le roman d'anticipation peut parfois être totalement débranché de la réalité politique, ce qui peut devenir agaçant pour tout lecteur avisé de la question, et qui ne saurait être impressionné par bon nombre de pâles copies de 1984 d'Orwell que cette littérature a produites. Je pense sérieusement que Le siège de l'aigle pourra certainement stimuler la réflexion sur la politique contemporaine qui, comme le reste de la société, demeure fortement tributaires des moyens de télécommunications modernes.
Dépouillée de ces artifices, nous y trouverons peut-être que Le Prince de Machiavel demeure d'actualité.
Voilà certainement un livre à lire, ce que je m'empresserai de faire.
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20 mars 2006, 20:16
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Un roman vous dites ! Dans le nouvel ordre politique sud-américain mis de l'avant par le Vénézuela, la situation que nous présente Carlos Fuentes ne me semble pas si fictive que ça. D'autant plus qu'il a eu l'occasion de frayer dans les hautes sphères politiques avec les grands décideurs. Le Siège de l'Aigle, j'en ai l'impression, permettra aux lecteurs intéressés par les chocs des plaques tectoniques des grands intérêts mondiaux de découvrir peut-être pas un épisode réel mais à tout le moins réaliste. Qui ignore la situation économique et politique de Cuba ?
Quel lecteur avec la moindre préoccupation mondiale résisterait à la tentation de partir à la découverte du siège de l'Aigle et des effets de ses coups de griffes. Moi, je le met sur ma liste.
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18 mars 2006, 18:47
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Voilà un style de roman comme je les aime , car on y parle d'anticipation mais sans tomber dans la grosse science-fiction avec une action se déroulant en 10753 sur la planète TSC442.
Nous savons tous que le Mexique qui était le parent très pauvre devient avec son pétrole et sa main d'oeuvre un adversaire acharné et compétitif de l'Amérique du Nord .
Ce roman de Carlos Fuentes qui est un ancien ambassadeur du Mexique à Paris et qui est reconnu comme un anti-Bush jusqu'au bout des ongles , nous propulsera dans une quinzaine d'années quand les forces armées américaines occupent la Colombie et que suite au refus du président mexicain , Lorenzo Teràn , de ne pas cautionner l'agression armée et de ne pas vendre rabais son pétrole , voit son pays revenir à l'âge de pierre quand tous ses moyens de communication sont coupés par ordre du président américain .
Devant cette crise politique , les prétendants au titre de président vont nouer des intrigues en coulisse pour faire destituer Teràn .
Nous aurons donc droit à un cours magistral sur la vie politique mexicaine et les différents personnages qui intriguent pour prendre le pouvoir .
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