Bienvenue sur Voir
ouvrir session
FAQ
devenez membre
www.voir.ca
Cinéma

La Planète blanche

Soleil de minuit


ARTICLE - 11 mai 2006
Kim Soo Landry

La Planète blanche: un documentaire qui saisit avec lyrisme l'éclat d'une faune mythique.
La Planète blanche, de Thierry Ragobert et Thierry Piantanida, illustre un Arctique à la dérive menacé par le réchauffement climatique. Contact téléphonique avec le coréalisateur et producteur Jean Lemire, joint... dans la nuit australe de l'Antarctique.
 
Aux antipodes de l'anthropomorphique Marche de l'empereur, ce nouveau documentaire animalier arrive dans nos salles précédé d'un franc succès populaire dans l'Hexagone. La Planète blanche célèbre la diversité des espèces de l'Arctique nord-américain, au cours d'un cycle d'une année polaire. Un film qui ne vous laissera pas de glace.

Pendant la longue nuit hyperboréenne, une ourse et ses nouveau-nés hibernent dans une tanière, dans un moment émouvant de cinéma qui évoque paradoxalement l'animalité de l'homo sapiens. Avec le soleil qui pointe à l'horizon, refont surface le curieux phoque à capuchon et la légendaire "licorne des mers", tandis que dans la toundra des hordes de boeufs musqués, monstres à la mine préhistorique, lancent un oeil torve à une caméra qui rappelle celle de Pierre Perrault.

On pourrait reprocher à cette coproduction franco-canadienne de trop embrasser et de mal étreindre. À l'exception de l'ours polaire, dont l'évolution au gré des saisons forme la trame narrative du long métrage, et du caribou, qu'on suit dans ses pérégrinations, chacune des quelque vingt espèces animales montrées ne se voit accorder à peu près qu'une seule séquence. En cela, le montage, qui a duré près d'un an, aurait gagné en fluidité en procédant à d'autres choix.

Lu par Pierre Lebeau, le texte, finement écrit mais parfois trop souligné, se fait discret devant les images, saisissantes, comme cette vision fabuleuse des bélugas, blanches statues en apesanteur dans les noires profondeurs. Encombrante et convenue à certains moments, la musique de Bruno Coulais (Le Peuple migrateur, Microcosmos) s'en tire somme toute grâce aux voix envoûtantes de Jorane et d'Élisapie Isaac (Taima).

Les équipes de tournage ont disposé de moyens fort considérables, explique le réalisateur de Mission Arctique: "Trois hélicoptères en vol en même temps ont filmé les caribous du Nord du Québec, dont personne ne peut prédire la grande migration. Deux équipes sous-marines ont capté les baleines boréales du Nunavut, tandis qu'on a fait venir une "ciné-bulle", une montgolfière qui a permis de faire les plans des icebergs et des glaciers du Groenland."

Mer de glace inhospitalière s'il en est, l'immense désert de l'Arctique devient un acteur à part entière de La Planète blanche. Balayé par des vents tranchants, il s'ébranle par la force des marées et des courants océaniques. À la fonte, la banquise se déchire dans un fracas titanesque alors qu'ailleurs les hummocks, ces reliefs de neige, grondent sourdement sous la pression interne de la calotte glaciaire. Terriblement spectaculaire.

Le Pôle Nord fait place, aussi, au tableau de la nature dans sa pure splendeur. Jean Lemire poursuit: "Le silence, extraordinaire, fait naître dans ces grands espaces un sentiment de début du monde. Si on pouvait amener les gens ici, je suis persuadé qu'on pourrait résoudre une grande partie des problèmes environnementaux auxquels nous faisons face."

Pendant que nos scientifiques pressent le gouvernement Harper d'agir au plus vite dans le dossier des changements climatiques, les pôles, avant-postes du réchauffement, continuent de fondre exactement comme neige au soleil. "Dans le secteur de la baie d'Hudson et de la mer de Beaufort, l'augmentation de la température dépasse [la normale de saison] de deux degrés. Avec la diminution du couvert de glace, les espèces occupent un espace de plus en plus réduit, ce qui peut mener à terme à une perte de biodiversité", explique Lemire, qui dirige jusqu'en septembre 2006 un tournage scientifique en Antarctique à bord du Sedna IV. À suivre donc.

Voir calendrier Cinéma

Réagir à l'article
Pour avoir accès aux fonctions interactives de Voir.ca, vous devez être membre et vous identifier en ouvrant une session.
Déjà membre ?
ouvrir une session
Pas encore membre ?
devenez membre
28 juin 2006, 20:45
répondez à cette critique!
Quelle merveille, que ce film! Aucun décor, aucun faux-semblant, aucun acteur, que du réel! Des vrais ours (oursons) et de curieux phoques, se pointe le nez, à l'horizon du brillant soleil de minuit. Voulant, jouer à la vedette, devant la caméra! L'histoire est simple, mais non simpliste : celle de la nature! Parfois rude, parfois attendrissante, mais sans aucune cruauté! Splendeur magique, du triomphe, de la vie! Aucune pseudo morale, de pacotille! La franchise et l'intégrité du film suffisent. Sans aucun anthropomorphisme : «l'authenticité!» Les paysages, sont à vous couper le souffle! Le narrateur : Pierre Lebeau, donne le ton juste, sans exagération! Bref, «La Planète Blanche», nous rappelle à l'ordre, de notre propre conscience! Cette «Pureté, de Neige et de Glace», se doit de continuer son Existence! Même, sur «Notre planète bleue, habitée, d'êtres humains.»!
16 mai 2006, 21:34
répondez à cette critique!
Une de mes collègues de travail est allée voir ce film et elle me disait que c'est un documentaire bien narré sur tous les animaux qui vivent dans l'Arctique. On passe à travers toutes les saisons. La photographie sous-marine est tout à fait exceptionnelle et les prises de vue sous-marines sont très spectaculaires. Il y a des scènes de plancton ou les images sont d'une couleur à couper le souffle. Il y a une scène avec deux ours polaires qui se cajolent il semble que c'est d'un grand romantisme! Un seul commentaire négatif me dit-elle c'est que les scènes vues de loin ou genre "grand angle" sont souvent un peu flou. Quoiqu'il en soit, elle a adoré et à voir absolument sur grand écran. J'irai le voir c'est certain !
15 mai 2006, 13:00
répondez à cette critique!
Que ce soit la Marche de l'empereur ou ici La planète blanche, dans les 2 cas, les réalisateurs nous ont montré le seul coin de la planète à ne pas avoir subi encore les gestes néfastes de l'homme vis-à-vis l'environnement. Je crois que c'est pour cela que ce genre de film a tant de succès. Toute cette harmonie et équilibre qu'il y a dans la nature nous le constatons dans cette région nordique de la terre. Pourquoi s'entêter à ne pas s'en inspirer pour le reste de la planète?