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Restaurants

Robin des bois

La copine cachée de Robin


ARTICLE - 17 août 2006
Jean-Philippe Tastet

Bois de Sherwood, boulevard Saint-Laurent: même combat. Ou presque.
 
Tout le monde est pour la vertu. En général, on préfère le gentil Robin au vilain shérif de Nottingham. Dans ces conditions, aller faire la critique d'un restaurant qui s'appelle "Robin des bois - Le resto bienfaiteur" relève de la haute voltige.

Petit samedi soir tranquille.

"-Vous n'avez pas de réservation? Oh, là, là!

-Non, on passait par hasard et on aime vraiment beaucoup le décor et le concept.

-Vous tombez bien, je viens juste d'avoir une annulation."

Les bassesses auxquelles je suis prêt à consentir pour m'asseoir dans un resto! Surtout quand il est bienfaiteur, une rareté extrême dans le milieu, "resto" et "bienfaiteur" étant la formule rêvée pour qui veut expliquer la formule de rhétorique appelée "antithèse".

Le décor, planté par Lidia Minicucci, est invitant, soigné sans ostentation, chic sans tralalas. Le garçon nous explique le concept du restaurant: "Nous sommes un OBNL (organisme à but non lucratif) et tous les profits sont versés à des organismes de charité." Ma fille est rassurée: on peut manger intelligent. Moi encore plus: si les restos se mettent à soutenir les causes sociales, on va s'en sortir. Quelques jours plus tard un midi, la dame qui s'occupe de moi précise: "Nous sommes bénévoles, c'est mon premier jour, je vais essayer de vous servir de mon mieux." Je me sens soudain bénévole à mon tour. Et soulagé, tant elle est d'une extrême gentillesse.

Je suis aussi très soulagé par un autre détail: Robin a une copine secrète et elle ne s'appelle pas Marianne; elle s'appelle Myriam, Myriam Pelletier. C'est elle qui supervise la cuisine chez Robin des bois. Ça a quelque chose de rassurant, je voyais mal Robin poser son arbalète pour préparer un gratin de courgettes en collants vert forêt. Quatre ans chez monsieur Laprise dans les cuisines de Toqué!, quelques années chez Artémise et Aubépin, herboriste distingué qui fournit les meilleures tables de Montréal en tisanes et autres douceurs réparatrices, cette jeune chef a le don de faire de bien bonnes choses avec des produits bios souvent ennuyeux lorsque employés chez soi. On mange sa cuisine et l'on se sent presque instantanément plus brillant. Ça s'appelle du talent et de la générosité, je crois.

Cette soupe de mousserons, par exemple, était à elle seule une bonne raison de venir souper ici. Belle texture, parfumée de sous-bois et accompagnée d'un joli pesto de roquette. Quelques petits pois sucrés rendent la bolinette encore plus amusante. Saumon fumé, crème légère et gâteau de maïs, petit croûton délicatement tartiné d'oignon confit. À notre table, les entrées passent dans le silence, tumulte du plaisir lorsqu'il est partagé autour de plats hors du commun.

Le poulet à l'épice sur quinoa à l'orange laisse sur la faim. "Une seule épice, jeune homme? Qu'elle est-elle?" De retour de la cuisine, le garçon annonce fièrement: "Du curry, monsieur, du curry!" Peut-être un peu succinct comme plat, le curry étant trop distant et la patate douce étouffant le quinoa. On s'attend à une explosion; seul un petit pétard se fait entendre.)

L'endroit est fréquenté par des "peoples". Anne-Marie Cadieux aime souvent les mêmes tables que nous. Au minicomptoir du Robin, elle nous dit beaucoup de bien des galettes de morue et salade, sauce à la coriandre. Ma fille, une admiratrice de toujours, confirme et je seconde. Moelleux et croustillant à la fois, goûteux, divertissant, le plat est une belle flèche dans le carquois de Robin.

Un shortcake aux fraises un peu ordinaire et une amusante croustade aux abricots servie dans un verre complètent le souper.

Lundi midi, une assiette de pâtes de sarrasin à l'aubergine confite, compotée de tomate et poivron, copeaux de parmesan. Le plat constitue un repas tout à fait convenable, surtout pour 12,25 $ et malgré le fait que le parmesan se soit perdu entre la cuisine et la table.

Lorsque vient le moment d'apprécier, doit-on tenir compte du fait que le personnel travaille bénévolement? Après tout, ne vient-on pas ici pour manger et le repas ne coûte-t-il pas à peu près la même chose qu'ailleurs? Lorsque la table est bonne, et ici elle l'est, je crois que cet aspect-là, tout à fait en dehors de la grille d'évaluation habituelle, constitue un plus. Le travail en salle est fait avec application et le client sent chez tout le monde un authentique désir de le servir le mieux possible. Ne pas considérer ceci comme un point positif constituerait sans doute une erreur. Que les personnes aux tables voisines ne commettaient pas, leurs commentaires étant fort élogieux. Comme les miens, d'ailleurs. À vous de vous faire une idée.

Robin des bois
4403, boulevard Saint-Laurent
514 288-1010

Ouvert matin, midi et soir du lundi au samedi. À midi, comptez une trentaine de dollars pour deux personnes avant boissons, taxes et pourboire. Le soir, doublez. Plus vous mangez, plus vous êtes bienfaiteurs. Reprenez donc du dessert et un petit verre de rouge; pour une fois que c'est vraiment pour une bonne cause.

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07 sept. 2006, 23:14
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Quelle bonne idée, le concept est tout simplement un concept du coeur.Un bon resto,sympa,un excellent serviçe,les gens sont bénévoles et souriants.J'ai sentie une chaleur humaine et les fonds vont pour des bonnes causes.J'y retournerai c'est certain.Encore une fois Bravo!
31 août 2006, 16:34
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Voilà une innovation qui rend espoir en la société du deuxième millénaire. À peine m'étais-je présentée pour compléter mon bénévolat en service que l'on me serrait généreusement la main telle une héroine que j'étais. La carte, aussi courte soit-elle, fut un plaisir à servir, à peine un commentaire sur le shortcake aux bleuets et que d'applaudissements pour la soupe dahl bien parfumée de cumin. La compréhension des gens tant pour les erreurs de service que de la cuisine (tous deux formés de bénévoles, et n'oublions pas la plonge!) fut tellement réconfortante, que j'y fis de magnifiques rencontres. Je ne pouvais partir en ce vendredi soir sans goûter à ces galettes de morue, moi, Gaspésienne aguerrie, que j'ai trouvé absolument éclatante tant côté goût que côté portion qui me remplit de bonheur. Imaginez, même les pourboires sont remis aux oeuvres de bienfaisance et j'invite tous les gens de l'industrie (moi-même étant dans le métier) à y aller ne serais-ce qu'un matin, midi ou un soir!
22 août 2006, 20:47
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Évidemment, la culpabilité ne nous viendrait pas dans un McDo, puisque, sans vouloir disculper cette multinationale qui, je e concède demeure une "usine à cochonneries" côté nutrition et avenir de la santé de l'humanité, ce monstre de la malbouffe est déjà précurseur en ce qui a trait à la "sanitarisation" de l'image. N'oubliez pas déjà le Manoir Ronald McDonald, qui aide des enfants malades qui ne seraient pas malades si McDonald's n'existait pas. Enfin, vive l'altruisme, j'imagine.... Quand on est bien repu et que nos papilles sont bien gâtées, on a plus d'occasions de concentrer notre attention sur les vrais problèmes qui causent la pauvreté et la faim, au lieu de ne s'attaquer qu'aux symptômes (les pauvres ont faim? donnons-leur des paniers de bouffe en canne, comme ça ils ne pourront plus jamais s'en passer et éviteront de réfléchir à des solutions pour s'en sortir!). Alors que si on se sent supérieur parce qu'on est allé dans un resto branché qui nous déculpabilise en nous faisant croire qu'on fait partie de la solution, et qu'on n'a plus rien à faire pour les deux prochaines années parce qu'un pourcentage infime de nos 30$ (après tous les frais encourus par le restaurant moyen dans ses premières années d'exitence) aura nourri les têtes dirigeantes d'un organazisme de charité, pour l'une de leurs (nombreuses) conférences ou soirées-bénéfice, là je jubile.
21 août 2006, 15:18
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C'était un beau matin juste avant mes vacances que j'ai entendu un reportage à la radio et j'étais très enthousiate mais malheureusement dans ce temps là on n'a pas toujours un crayon sous la main et encore moins en conduisant. J'ai vraiment été emballé par ce concept car il paraitrait qu'à l'occasion des vedettes connus se portent volontaire pour servir, cuisiner, désservir aux tables. Imaginez un peu vous faire servir par le beau Don Juan ! Moi j'en rêve mais bon dites-moi quand et je vais faire une réservation. Ils disaient aussi que nous pouvons organiser une activité soit familiale ou au travail pour travailler bénévolement en gang une journée avec nos parents et nos amis. Moi je suis certaine que ce concept devrait bien fonctionner mais il faudrait peut-être revoir un peu les prix car une soixantaine de dollars c'est pas donné pour une personne monoparentale qui aimerait bien donné tout en se délectant des recettes d'une future grande cheffe. Mais il faut aussi bien faire de la publicité car depuis que j'ai entendu ce super reportage, je ne savais pas comment retrouver ce restaurant et encore moins savoir si cela valait le déplacement. Mais je suis contente que Voir.ca qui est très engagé dans la communauté de nous informé sur ce restaurant et dans un délai aussi court car le restaurant est ouvert depuis peu. Un gros merci et on se verra peut-être au Robin des bois.
19 août 2006, 10:39
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Ce concept est merveilleux. J'ose espérer que nous tous, au moins une fois dans notre vie, avons eu une pensée pleine de remords alors que nos yeux parcouraient l'addition. Un tourment passager en songeant qu'au prix de notre repas, on aurait pu aider des gens qui n'ont rien a manger... Enfin, vous voyez le genre de pensée pas trop joyeuse qu'on essait de vite envoyer ballader tant elle nous inconforte ? C'est rare qu'elle nous vienne a l'esprit dans un McDo ( je vais garder pour moi la réflexion ludique mais tout de même méchante qui me vient entre les deux oreilles lorsque je pense a cette usine a cochonneries ) ... mais dans un très beau restaurant, avec une abondance de nourriture raffinée et délectable... Bref, des pensées coupables qui, en un sens, on amplement leur raison d'être. Le Robin des Bois nous donne la chance de bien manger, tout en s'épargnant la faute. Un restaurant avec un coeur, communautaire en plus, c'est vraiment bien pensé. C'est merveilleux pour notre tranquilité d'esprit, de savoir qu'on se fait plaisir tout en ( éventuellement..car bon, ça reste a définir tout ça ) aidant son prochain, via les bonnes causes. De plus, les bonnes âmes faisant du bénévolat dans ce restaurant sont tout aussi efficaces que gentilles. J'espère que leurs lumineuses présences sauront rappeler à certains clients, qui parfois sont très grossiers ou impatients avec les serveurs, que c'est une personne et non une machine qui vient nous sourire a table. Si parfois on peut déshumaniser l'être qui nous sert, ce restaurant nous remet illico sur le droit chemin de la chaleur humaine. C'est un restaurant qui nous rapproche les uns des autres. Et tout ça autour d'une bonne table ! Comme quoi on peut faire de l'excellente cuisine tout en étant rempli de bonnes intentions pour son prochain. Et croyez-moi, ce n'est parce que ce restaurant est humain qu'il en perd ses lettres de noblesse côté bouffe !
18 août 2006, 23:39
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Lorsque j'ai lu cette critique, je n'en revenais pas et j'ai même dû relire deux fois pour être sûre que j'avais bien compris : un restaurant bénévole versant ses recettes (ou du moins une partie) à des oeuvres de bien-faisance, quel concept généreux et magnifique ! De plus, la cuisine ne semble pas pour autant être négligée, même sans l'apat du gain. Il n'y a pas à dire, il serait très apprécié que d'autres s'impliquent socialement et s'inspirent de ce concept généreux pour eux aussi aider ceux qui peuvent en avoir besoin, tout en offrant un service et des produits de qualité et en faisant participer les clients à leur cause (ce qui crée un sentiment d'apartenance de la clientèle à la cause et un sentiment de bien-être qui dépasse le simple fait d'être bien repus et d'avoir gâté ses papilles gustative !).
18 août 2006, 17:49
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L'initiative est intéressante, mais certaines dimensions seraient peut-être à améliorer. En particulier, le volet empowerment. On verse des sous au resto, qui en remet aux organismes de charité, qui remettent quoi aux pauvres? Un brocoli passé date? Très bon pour la confiance en soi, de faire la file une heure avant de rencontrer un travailleur communautaire qui décide de droit divin si oui ou non vous avez droit à son aide. Je ne vise pas ici le projet de Philippe Fehmiu, fort louable, mais plutôt le fonctionnement de la charité, qui hésite à attaquer de front les vraies sources de la pauvreté. Pendant que je me régale de la soupe aux mousserons et du gratin de courgettes, il mange quoi, le BS? Un vieux Joe Louis arrosé de vinaigrette Kraft? Et qui leur propose des emplois valorisants? J'admire bien sûr les gens dont le coeur les pousse à l'action bénévole. Sauf que les organismes de charité ne sont pas une panacée pour régler les problèmes de pauvreté, gravement accentués par les politiques néolibérales des dernières décennies. Ceci dit, la personne de Philippe Fehmiu m'a toujours inspiré la plus grande confiance. Et comme il a toujours été facile de m'avoir par l'estomac, je risque fort d'aller faire un tour.
18 août 2006, 10:18
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Dans un ambiance chaleureuse accompagné d'amie. Rien de mieux pour passer une excellente soirée. Le menu nous offre une variété de plat aussi bon les uns que les autres. Le choix s'avère difficile. Le personnel est très chaleureux et sympatique et prend le temps de discuter avec le client. Le service se fait assez rapidement et la présentation de l'assiette est très soigner. Le prix est très compétitif. Une visite s'impose.
17 août 2006, 14:32
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Je suis aller faire mon petit tour au Robin des bois alors que ça venait à peine d'ouvrir et j'ai été agréablement surprise. Tout le monde est super gentil et poli et paraît bien. Ils font du bénévolat, mais si on ne le sait pas on ne remarque rien parce que le service est plus que parfait. Et il y a la nourriture aussi qui est bonne et il y a une belle variété aussi. Je n'ai pas goûté aux desserts, mais je compte bien y retourner pour le faire parce que j'ai passée une très bonne soirée en agréable compagnie en plus. C'est vraiment un restaurant à découvrir et je suis certaine qu'on va en entendre parler beaucoup au cours des prochains mois.