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Arts de la scène

Théâtre extrême

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ARTICLE - 21 juin 2007
Christian Saint-Pierre Christian Saint-Pierre

Les neuf comédiens de Théâtre extrême nous entraînent dans une course à la chefferie haletante, une épreuve captivante.
photo: Robert Perreault
Avec son Théâtre extrême, Jean-Guy Legault offre un reflet cruel et malgré tout tordant de notre société.
 
Sous la houlette de Jean-Guy Legault, les acteurs du Théâtre du Vaisseau d'Or, ce qu'il est convenu d'appeler une équipe de rêve, composent un parti politique haut en couleur. Pratiquant une forme particulièrement réjouissante de Théâtre extrême, une expérience d'où ils risquent à tout moment d'être éjectés, les neuf comédiens nous entraînent dans une course à la chefferie haletante, une épreuve captivante.

Malgré son caractère éminemment ludique, brillante réutilisation des principes du théâtre forum (ou même du théâtre d'intervention), le spectacle de Jean-Guy Legault présente de véritables qualités d'écriture. Bien sûr, devoir voter pour éliminer progressivement les candidats du Parti Populaire du Québec rappelle le caractère participatif des matchs d'improvisation. Mais la comparaison s'arrête là. Les acteurs du Vaisseau d'Or défendent une véritable partition, un texte qu'on ne saurait improviser.

Jamais Jean-Guy Legault n'aura si franchement abordé la politique, son dada, pour ne pas dire son obsession. Si le créateur se donne enfin la permission de parler politique sans retenue, sans détournement ni prétexte, le spectateur retire quant à lui un plaisir cathartique de ce Théâtre extrême. Jamais la politique n'aura été aussi humaine, aussi sensible, aussi captivante!

Sous nos yeux, neuf aspirants au titre de chef de parti - et ultimement à celui de premier ministre -, s'affrontent avec toute la lâcheté et la dignité dont les humains sont capables. Dans leurs propos, on reconnaît les formules de Boisclair, Dumont et Marois, mais aussi les idées de Legault, ses points de vue vindicatifs judicieusement disséminés et sainement débattus.

Ce qu'on identifie encore plus cruellement dans les choix souvent inexplicables des électeurs, ce sont nos paradoxes, nos irréfutables contradictions. Pourtant, on sort galvanisé de ce théâtre sportif. L'expérience semble d'ailleurs aussi réjouissante pour les acteurs que pour les spectateurs. Delphine Bienvenu, Marie-Lou Bujold, Vincent Côté, Jean-Marc Dalphond, Nancy Gauthier, Lise Martin, Thomas Perreault, Raphaël Roussel et Antoine Vézina nous offrent trois heures de rire intelligent. Avec autant de talent, de fougue et de pertinence, ce Théâtre extrême a tout pour devenir le grand succès de l'été.

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17 août 2007, 12:59
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Jean-Guy Legault s'est lancé le défi de faire du théâtre politique qu'il a relevé avec brio. Pendant trois heures et demie, les spectateurs se sont amusés comme des petits fous aux dépens de nos politiciens. Même si la pièce est présentée dans le cadre de l'élection d'un chef d'une nouvelle formation politique, le PPQ (Parti populaire du Québec), l'auteur ressasse la vie quotidienne de la « gouvernementerie ». Tous reconnaîtront les « menteries » de nos cavaliers pour se garder en selle. La politique est un cheval fringant qui envoie rapidement les plus malhabiles aux oubliettes. Jean-Guy Legault nous entraîne dans les coulisses où l'on manipule les ficelles du pouvoir. À partir des prestations de chacun des candidats à la chefferie, les congressistes, en l'occurrence le public, sont appelés à éliminer ceux qu'ils ne souhaitent pas voir à la tête de leur partie. Il faut souligner la mise en scène originale, qui introduit de manière ingénieuse la participation des spectateurs au déroulement de l'intrigue. Le propos est convenu, mais il est véhiculé par une écriture efficace qui passe aux cribles nos mours électorales, voire la langue de bois de nos politiciens. Comme Ubu-Roi, la pièce ne manque pas de crédibilité même si l'humour sert de tremplin pour faire bondir les velléités qui entourent la gouverne de l'État. Les comédiens appuient de leur talent le travail du metteur en scène. Bien dirigés, ils offrent une performance qui nous laisse croire que nous sommes en train de préparer réellement le terrain où s'effectue l'exercice du pouvoir. Belle production du Théâtre du Vaisseau d'or qui a ravi une salle remplie de chaises dans les allées. Il faut en conclure que la politique est un sujet qui nous passionne autant que le sport organisé. L'organisation n'est-elle pas l'aimant qui nous polarise autour de nos gouvernants et surtout de « la belle pitoune » sans cervelle que la salle a élue ce soir (16 août) au lieu de la candidate bien articulée. La vraie vie, quoi!