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Arts de la scène

Le Faux Coffre

Le Jeu des grands


ARTICLE - 9 août 2007
Patrice Leblanc: "L'un des objectifs qui est en train de se préciser avec le Faux Coffre, c'est de rendre le théâtre plus accessible. On défend la culture, mais en plus, on veut faire connaître le théâtre..."
photo: Boran Richard
Le Faux Coffre présente la dernière production clownesque des cinq personnages les plus sombres de la scène culturelle saguenéenne. Shakespeare retient son souffle en attendant la première...
 
Les réactions sont toujours vives devant le travail des clowns noirs, qui jamais ne laisse indifférent. Et il est toujours un peu hasardeux de s'aventurer à faire une entrevue avec les comédiens du Faux Coffre, car si leurs personnages ne sont jamais très loin - Pascal Rioux admet volontiers qu'ils font partie d'eux-mêmes -, la clique fortement soudée joue le jeu à son extrême. Ainsi, impossible de soutirer quoi que ce soit de substantiel à propos du spectacle puisque, semble-t-il, ce sont les clowns qui l'ont créé... Les artisans du Faux Coffre s'amusent sans répit dans cet état d'équilibre précaire, ce dédoublement de personnalité plus qu'assumé.

En fait, la vie de clown est devenue une deuxième nature pour Patrice Leblanc, Éric Laprise, Martin Giguère, Pierre Tremblay et Pascal Rioux. Rares sont les comédiens qui peuvent se vanter d'avoir élaboré autant leur personnage. Après trois productions dans la peau de ces êtres rigolards créés de toutes pièces, sans parler des très nombreuses séances d'improvisation publiques qui les ont fait évoluer dans les événements les plus diversifiés, pas étonnant que le maquillage des clowns leur colle à la peau. "Ce n'est plus une difficulté de mettre nos costumes et d'aller n'importe où", explique Rioux. "Et les clowns noirs vivent autre part que sur scène", renchérit Leblanc.

Le Roméo et Juliette de William Shakespeare, ce n'est pas qu'une autre version parmi d'autres d'un grand texte classique. C'est une mise en scène unique qui sera présentée par les cinq clowns noirs délurés dont la réputation n'est plus à faire - Trac, Diogène, Piédestal, Grossomodo et Contrecoeur. "L'affiche le dit: c'est une histoire d'amour DES CLOWNS NOIRS", insiste Leblanc. Amour, mort et vengeance, à la sauce noire, au goût sans doute très épicé, ce à quoi les clowns nous ont préparés avec leurs précédentes productions.

Pour le Faux Coffre, en particulier pour Leblanc dont c'est la marotte, il est primordial pour le théâtre d'avoir une portée sociale. Pas tant par le discours - même si les clowns noirs n'ont jamais mâché leurs mots - que par l'action. Ainsi, les denrées non périssables recueillies lors de la production En attendant l'dégât d'eau (pièce qui sera à nouveau présentée à la salle Lionel-Villeneuve de Roberval en novembre prochain) ont été acheminées à la Société Saint-Vincent-de-Paul. Cette année, la compagnie a plutôt choisi de s'associer au Service de travail de rue de Chicoutimi. "C'est ça qui est drôle: un organisme sans but lucratif qui s'associe avec des organismes autant dans le trouble qu'eux autres!" lance Rioux sans détour.

Au-delà de l'argent qui sera recueilli (les clowns espèrent que les spectateurs auront de la monnaie, semble-t-il...), et dans l'optique d'ouvrir le théâtre à un public différent, des billets gratuits sont aussi offerts à la clientèle du Service de travail de rue. Leblanc ne se fait pas prier pour établir les grandes lignes de la mission de la compagnie: "L'un des objectifs qui est en train de se préciser avec le Faux Coffre, c'est de rendre le théâtre plus accessible. On défend la culture, mais en plus, on veut faire connaître le théâtre..."

Avec le temps, ce n'est un secret pour personne, les clowns à l'allure délabrée - et au ton frisant parfois la paranoïa - se sont taillé sur mesure une image de défenseurs de la culture... Au point où ils sont devenus les représentants par excellence de ce combat à finir[JL1] contre la mythique brigade anti-culture. Et cet état de fait n'est pas près de changer. "Les clowns, dans leur discours, se radicalisent de plus en plus pour que la culture soit subventionnée, précise Leblanc. C'est comme si leur désir de faire du théâtre à tout prix était encore plus grand et plus risqué. Plus ils en font, plus ils se font voir... Et plus la brigade anti-culture cherche à les arrêter!"

AU-DELA DU CIRQUE

Malgré la grande place laissée aux clowns noirs par le théâtre du Faux Coffre, la compagnie sera bientôt amenée à présenter des pièces qui ne mettront pas automatiquement en scène ses personnages fétiches. Sans renier complètement ces derniers, les comédiens semblent sentir de plus en plus le désir de se débarrasser, au moins à l'occasion, du filtre circassien auquel ils se sont jusque-là astreints. "Il faut faire notre théâtre à nous, pas seulement celui des clowns!" lance Tremblay en rigolant.

Cette tournure imprévue ne signifie pas pour autant que les cinq personnages soient voués à une fatale disparition. La scène ne leur sera pas totalement fermée, et d'autres projets pourraient les exposer plus que jamais.

En fait, rien ne semble impossible pour cette poignée d'idéalistes qui ont l'habitude de passer de la parole aux actes. Multiplication du nombre de productions annuelles, tournées nationales... On veut même soumettre un projet d'émission de télé. L'intérêt qu'ils se sont découvert pour ce médium aura été suscité par leur participation au film improvisé du festival Regard sur le court métrage au Saguenay en 2006, et par l'expérience de leur apparition à Méchant Contraste! Les clowns noirs pourraient donc bientôt jouer... dans la cour des grands.

Du 16 août au 2 septembre
À la salle Murdock
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La Farce de Maître Pierre Pathelin
En attendant l'dégât d'eau

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07 sept. 2007, 18:05
répondez à cette critique!
Je ne m'y connais pas en théâtre. Je dois également avouer que ce n'est pas ma propre initiative qui m'a poussée à m'asseoir, un certain 2 septembre, dans cette salle à l'atmosphère tellement particulière qu'est la salle Murdock. Dans le cadre d'un cours, hé oui; donc me voilà dans la pénombre, un peu bouscoulée par ce qui se déroule déjà sur scène. En retard? Pas du tout. Simplement, les clowns noirs ne jouent pas un rôle. Ils le vivent. Donc, entrée en matière: sur la scène se trouve une boîte de bois autour de laquelle les spectateurs se rassemblent. Les clowns en larmes nous annoncent un décès, et ce n'est pas l'attente angoissée et feutrée du commencement qu'on ressent lorsqu'on trouve finalement le refuge de son siège. Une joie toute fraîche, un étonnement enfantin s'empare du spectateur. Quoi!? On va me présenter quelque chose de différent, si je comprend bien?!? Puis, lorsque la "famille éloignée" est enfin arrivée, le spectacle s'enchaîne. S'adressant directement au public, les clowns font naître les questions dans la centaine de paires d'yeux qui découvrent peu à peu ce style tout à fait unique. Pas de spectacle ?? Très bien; mais continuez, messieurs, de vous exprimer en si droles et agréables paroles! Puis, sans qu'on le réalise vraiment, les clowns vous feront passer leur message: ils vous diront à quel point la société prend plus qu'elle ne donne, et ce à ses propres artistes. Ils vous parleront du public non-informé qu'elle rationne dans ses produits culturels. Ils vous feront réaliser la place minime qu'elle occupe dans les budgets, et des difficultés d'en profiter. Car c'est ici que réside l'essence des personnages; ce sont des passionnés, de grands esprits assoiffés de leur propre art, mais auxquels on ferme trop souvent les portes. Alors on écoute, alors on apprend, mais surtout, on se diverti. On apprécie l'épopée dramatiquement absurde; on vit l'enchantement à son paroxysme. Et une fois dehors, un désir de revivre cette magie.
06 sept. 2007, 18:40
répondez à cette critique!
Je m'avoue concquise par ces curieux personnages que sont trac,contrecoeur,grossomodo,diogene et piedestale.Le talent de ces comédiens de faire du théâtre amusant avec un rien et qui donne encore et toujours un rendement tres interessant est époustouflant. Leurs pieces sont de loin tres divertissantes et elles s'adressent a un public de tous âges. Pour ma part j'ai adorée leur piece: En attendant le dégât d'eau que j'ai eue la chance de voir lors d'une représentation spéciale pour les élèves du programme arts et métiers de la scène.Ces sombre mais non moins chaleureux personnages ont été a la hauteur du théâtre saguenéen et j'espere qu'il réussirons un jour leur combat contre la brigade anti-culture. Jamais je ne me lasserai de ces clowns avec un caractère bien à eux et un sens de la générosité que j'apprécie beaucoup.
10 août 2007, 20:42
répondez à cette critique!
Un très gros bravo pour ces Clowns noirs qui ne cessent de m'épater. J'étais déjà vendue aux troupes de théâtre du saguenay mais leur spectacle ne font qu'augmenter mon amour pour cet art. Chaque spectacle est aussi original qu'intelligent et d'une beauté rare pour nos sens. On s'amuse beaucoup et on oublie très vite notre petite vie pour laisser place à la joyeuse et envieuse vie de ces Clowns. Si vous n'avez jamais vu une de leur production je vous invite plus que fortement à prendre part à ce merveilleux spectacle. Le talent de ces comédiens et de tout le travail qu'il créer vaut la peine d'être regardé. Encourageons notre théâtre en région, vous paierez moins cher pour un spectacle tout aussi professionel, car à défaut d'avoir les sous pour un gros budjet on doit inventer encore plus et c'est dans l'imaginaire que le théâtre prend véritablement tout son sens. Merci à ces Clowns noirs qui pour l'espace d'une soirée me font voyager à des endroits ou je ne peux aller seule.