Mathieu Bock-Côté
La majorité refoulée
ARTICLE -
20 septembre 2007
Elias Levy
La nouvelle identité québécoise multiculturelle, que s'escriment à forger les hérauts de la culture politique postréférendaire, n'est qu'une entreprise de séduction politique des plus délétères, soutient le sociologue Mathieu Bock-Côté.
Vous publiez ce livre au moment où le débat sur les accommodements raisonnables bat son plein.Mathieu Bock-Côté: "Ce livre arrive au bon moment et j'en suis bien heureux, pour une raison simple. À écouter les journalistes, les commentateurs, ou même les coprésidents de la Commission de consultation sur les pratiques des accommodements raisonnables, Gérard Bouchard et Charles Taylor, qui incarnent bien la technocratie multiculturelle et chartiste actuellement au pouvoir, la crise identitaire actuelle n'a pas de vraie raison d'être. On reproche aux journaux d'avoir médiatisé à outrance certains événements. Ou alors, de manière plus pernicieuse, on accuse la majorité francophone de paranoïa en lui reprochant d'imaginer des problèmes là on il n'y en aurait aucun. Autrement dit, le Québec ne connaîtrait aucun problème avec le multiculturalisme." Une assertion que vous réfutez vigoureusement dans votre livre. "Tout à fait. Dans mon essai, je démontre qu'une telle vision des choses est bien superficielle, sinon carrément faussée. La crise actuelle était grandement prévisible. Je montre, notamment dans le dernier chapitre du livre, que le discours des élites sur la conversion du Québec au multiculturalisme n'était pas partagé par la population. En ce moment, nous assistons plutôt à l'implosion de la culture politique postréférendaire. Au centre de cette culture politique, on trouvait une thèse forte: en finir une fois pour toutes avec la majorité francophone, l'occulter, la nier, pour construire une nouvelle identité québécoise qui n'aura plus rien à voir avec elle. Une telle négation ne pouvait durer, dans la mesure où elle entrait en confrontation radicale avec la réalité, celle d'une expérience historique de plusieurs siècles, profondément enracinée et cherchant une pleine expression politique." Sans la composante "multiculturelle", comment convaincre les nouveaux immigrants qu'ils font partie intégrante de la nation québécoise? "Il s'agit d'incarner la norme québécoise en refusant d'être une communauté parmi d'autres dans un bazar multiculturel consacrant la liquidation de la nation fondatrice. Il faut éviter de critiquer les immigrants - bien qu'on distinguera toutefois les nouveaux arrivants des fondamentalistes qui mettent en danger la démocratie. Mais surtout, il faut critiquer nos propres élites qui ont renoncé à prendre au sérieux l'intégration des nouveaux immigrants. Je crois que la chose à faire est de décomplexer la défense de l'identité québécoise et de bien établir avec ceux qui se joignent à nous que le pays dans lequel ils ont choisi de vivre n'est pas une société multiculturelle, mais une collectivité avec son histoire propre, ses traditions, et qui l'assume tel quel. Nous n'aidons certainement pas les nouveaux arrivants à rejoindre la nation québécoise en leur envoyant le signal qu'il s'agit d'une nation sans énergie, en pleine décomposition." Certains vous reprochent de prôner des thèses d'extrême droite. Que leur répondez-vous? "Ce vocabulaire, on le connait bien, il n'est pas pour peu dans la crise actuelle. Je souligne d'abord ce qu'il révèle: à toujours rabattre la droite sur l'extrême droite, c'est le conservatisme qu'on afflige d'un interdit de penser. Pour une intelligentsia qui se réclame du pluralisme et de la diversité, il y a là un paradoxe, une contradiction à pratiquer aussi délibérément une telle censure. Soit vous êtes "de gauche" et multiculturaliste, soit vous êtes interdit de parole et classé parmi les ennemis de la démocratie. On criminalise ses adversaires plutôt que de les entendre. La chose n'est pas heureuse à dire, mais le politiquement correct incarne vraiment une transformation de l'esprit totalitaire, qui prend une nouvelle forme, mais qui demeure identique à lui-même. Et inversement, le langage mobilisé par l'intelligentsia pluraliste sert à masquer la réalité en multipliant les interdits de penser. On renomme "ouverture à l'autre" le reniement de soi. On célèbre les chartes pour mieux masquer la véritable transgression des principes démocratiques. Cela dit, à la question de savoir si ce livre est plutôt conservateur, je réponds oui, sans complexe. Au Québec, la défense de l'identité nationale est une tâche conservatrice. Il y a un héritage historique à préserver. Nationalisme et conservatisme doivent désormais se conjuguer, se féconder dans un Québec en pleine recomposition collective." Selon vous, les travaux de consultation menés actuellement par la Commission Bouchard-Taylor ne sont qu'un pur gaspillage de temps et de fonds publics. "Cette Commission, je la surnomme la Commission de la confiscation, ou encore la Commission de la neutralisation. C'est-à-dire que l'intelligentsia pluraliste est parvenue à confisquer un débat politique dont elle avait perdu le contrôle pour en neutraliser les principaux éléments, les principaux contenus. On n'a qu'à voir qui sont les deux commissaires et qui sont les experts appelés à les conseiller pour comprendre que les résultats de cette Commission sont plus que prévisibles. On n'a qu'à consulter chaque semaine les questions mises en ligne sur le site Internet de la Commission pour comprendre comment on oriente la réflexion d'une telle manière pour arriver au résultat escompté: un ralliement aux principes du multiculturalisme. Cette Commission n'est pas là pour tenir compte du refus clairement exprimé par la population du modèle multiculturel, mais pour convaincre la population des vertus de ce modèle. Il ne s'agit pas d'un grand exercice de consultation, comme on ne cesse de le claironner, mais d'un véritable coup de force mené par une technocratie pluraliste qui sacralise les chartes des droits et discrédite sans cesse le principe majoritaire, pourtant fondateur de la souveraineté démocratique. La Commission Bouchard-Taylor n'est pas là pour restaurer l'identité nationale, mais pour en achever la déconstruction." Pourquoi êtes-vous si sceptique en ce qui a trait à l'avenir du projet souverainiste québécois? "Pour l'instant, les souverainistes doivent renouer avec l'identité nationale. Pourquoi lutter pour l'indépendance s'il s'agit de reproduire ici un Canada en miniature avec son multiculturalisme et sa vision post-historique de la communauté politique? Bien sûr, le Québec sera une démocratie libérale, et je ne connais personne qui remet en question cette évidence. Mais la question fondamentale est de savoir s'il ne sera que ça, ou s'il ne devra pas être aussi le pays incarnant l'existence nationale du peuple québécois." (1) La Dénationalisation tranquille de Mathieu Bock-Côté, Éditions du Boréal, 2007, 212 p.
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25 sept. 2007, 18:12
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Je viens tout juste de terminer le livre de ce jeune auteur dont je n'avais jusque-là pas beaucoup entendu parler. Le livre se lit très vite mais le contenu est, hélas, fort répétitif. Or ce même refrain continuellement repris à chaque page devient franchement agaçant, voire lassant au bout d'un certain temps. Beaucoup de passages sont à mon sens superflus et si ce jeune intellectuel avait pris son travail de scientifique au sérieux, il aurait facilement pu éliminer bon nombre de pages ce qui lui aurait permis d'élaborer plus à fond certaines problématiques qu'il n'a malheureusement fait qu'effleurer.
En ce qui concerne le contenu à proprement parler, pour peu que l'on s'intéresse à l'actualité et qu'on lise les différents journaux, cet ouvrage ne nous apprend rien de vraiment nouveau, et c'est pourquoi je n'en recommande pas la lecture. De plus, l'agressivité qui se cache derrière certaines critiques témoigne, à mon sens, de l'intransigeance de cet auteur face à tous ceux qui ont le malheur de voir les choses d'un autre oeil. Cette posture purement idéologique est à mon avis inadmissible de la part de quelqu'un qui se présente comme un intellectuel, en d'autres mots un scientifique dont on exige une certaine rigueur objective.
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24 sept. 2007, 17:14
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La réponse était déjà dans la question : « Pourquoi lutter pour l'indépendance s'il s'agit de reproduire ici un Canada en miniature avec son multiculturalisme et sa vision post-historique de la communauté politique? »
MB-C ne va pas assez loin : si le multiculturalisme de Trudeau était un piège politique, celui débattu actuellement en est un de la mondialisation, i.e. un piège de l' « argent », de l' « économisme », du « scientisme technocrate » qui détruisent les mondes vivants, intériorisés, symboliques, libres, rêveurs des peuples et des sociétés. Au nom de la circulation de plus en plus effrénée, de plus en plus insensée du nouveau « dieu », le « capital » et sa relique, la marchandise.
Le multiculturalisme n'est plus, n'est pas même une option : c'est déjà la réalité. La réalité « elle-même ».
Et nous sommes depuis si longtemps en retard sur elle.
Si, d'autre part, la question du « voile », par exemple, mais peut-être aussi au-delà, est si médiatisée, est si symbolisée comme signe d'une inégalité réelle, sexuelle, comme un nouveau combat disons post-référendaire dans notre société où pourtant la femme n'a pas été autant un « objet » que maintenant, et depuis si longtemps; si cette question du voile, sur laquelle tout un chacun se jette comme sur « la » question-phare des accommodements, comme « la » question-clef de la « laïcité », comme sur, finalement, une bouée de signifiance et qu'il s'y replie tel un nouveau libérateur exilé des temps postmodernes, ce n'est pas tant, ce n'est pas plus en libérateur que Bush l'a été, avec l'Irak, c'est même au surplus par symptôme, car ce « voile », il est sur nos yeux, à chacun de nous tous qui avons ouvert la porte à l'oppression structurelle de la « croissance » et la prêche moralisante de la « publicité » qui se jouent égoïstement de l'identité, notion tout au plus « statistique ». .
Un mouvement à droite ne conservera rien.
Il est déjà nostalgie.
Le Québec n'existe pas. Il n'a jamais existé.
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24 sept. 2007, 10:29
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Il soulève des questions intéressantes auxquelles il n'apporte malheureusement que des tentatives de réponse très superficielles. Mais pouvait-on s'attendre à autre chose de la part d'un individu qui a une vision aussi étriquée de la réalité?
Mathieu Bock-Côté est un être dangereux dont il faut se méfier. Ce type de discours est de nature à nourrir le racisme et à alimenter les discriminations de tout ordre. Il ne faut certainement pas faire l'erreur de se mettre la tête dans le sable et d'ignorer les problèmes auxquels nous sommes confrontés dans notre société, mais ne commettons pas la bêtise de nous laisser séduire par ce genre de discours qui frôlent l'intolérance et qui sont de nature à entretenir la haine de tout ce qui ne nous ressemble pas.
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21 sept. 2007, 23:19
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John James Charest a ouvert une fosse aux lions avec cette Commission Ponce (je m'en lave les mains) Pilate.
Le plus gros ACCOMMODEMENT DÉRAISONNABLE n'a même pas encore été mentionnée ! Il s'agit de la répartition en SANTÉ des deniers publics à Montréal à 50-50 %, alors que les Anglos DOC ne sont que 8.3% au Québec et de 12 % dans la région de Montréal, selon Ariane Lacoursière, dans "Une coalition s'oppose à la construction du CHU McGill", La Presse le 3 octobre 2006. Jean Dorion de la SSJBM, dans "Pour un CHU unique et rassembleur", estime que les anglos sont 12.1 % du Grand Montréal et les francophones 67.3% , ce qui fait 20.9 % d'allophones, qui eux n'ont pas droit à des services hospitaliers en anglais, et doivent en toute équité apprendre le français.
Cherchez l'erreur dans la division 50-50 % des deniers publics en Santé et demandez-vous pourquoi temps et listes d'attente sont si longs dans les hôpitaux de langue française. Sans s'auto taxer de racisme le voilà l'argent qui manque dans le secteur français pour assurer son bon fonctionnement !
Nos élites poursuivent leur oeuvre de destruction de nos repères nationaux - langue, culture, histoire nationale - de façon à nous rendre laids, faibles et inacceptables aux nouveaux arrivants - et maintenant s'étonnent hypocritement de notre manque de repères comme nation ! Malgré tout, plusieurs immigrants "nous" embrassent, tout en admirant nos institutions, nos accomplissements et nos aspirations.
Qu'elle merveilleuse nation "nous" formons alors qu'appuyés par nos alliés venus d'ailleurs. Loin de démontrer nos failles comme laissent entendre les Lysianne Gagnon et Marissal, la Commission fait ressortir nos qualités de NATION d'accueil merveilleuse ! NOUS réussissons à nous épanouir malgré nos élites, mais pour combien de temps encore, avec la globalisation des cultures nationales, soumises à une langue et culture internationales anglaises uniques !
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21 sept. 2007, 16:03
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La fracture entre les nouveaux arrivants qui adoptent d'abord la langue anglaise et le Canada et ceux qui optent pour le français et souvent l'allégeance au Québec est un problème particulier au Québec. Les nouveaux arrivants sont obligés de se séparer entre deux nations ou de se positionner inconfortablement entre deux chaises. Le territoire du Québec compte deux nations qui rivalisent depuis longtemps pour l'hégémonie politique. Ce partage entre deux pouvoirs politiques représentant deux identités gruge le Québec et lui fait perdre temps et énergie. En ce qui concerne les immigrants, la force d'attraction que représente la nation québécoise francophone est réduite par la force d'attraction du Canada anglophone qui, jusqu'à ce jour, détient le pouvoir ultime et a finalement le dernier mot. Si l'on aimait vraiment les nouveaux arrivants, on ne les mettrait pas dans l'obligation de choisir entre deux communautés d'appartenance. Aucun peuple accueillant - ou qui se targue de l'être - n'agirait de la sorte.
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20 sept. 2007, 22:19
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(Claude Perrier). Le commissaire Bouchard a censuré un intervenant sans autre raison que celle qu'il ne partageait pas son crédo (Martineau J deM). Le multiculturalisme est un concept dans lequel Trudeau à noyé la réalité des deux peuples fondateurs. Ce négationnisme vis à vis l'existence du peuple du Québec est elle une forme de racisme selon voushttp.
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Cette commission n'a pas, ni le mandat ni la compétence intellectuelle pour amener une solution véritable au problème qui se pose. La question ne porte, ni sur les accommodements ni sur l'immigration, mais sur sur la définition (identitaire) de ce nous peuple du Québec. Si ces 2 commissaires avaient quelques notions de géopolitique ils sauraient que ce nous peuple du Québec ne peut s'incarner que dans un état. Par conséquent il appartient à l Assemblée National de doter le Québec de sa propre Constitution contenant: un code de la citoyenneté;une Charte de la laïcité; et la Charte des droits du Québec (non celle de Trudeau). Cette Constitution baliserait la problëmatique de manière adéquate. Maitre chez nous, fin du débat.
Mais comme le démontre si bien M Bock Coté, telle n est pas la mission de cette commission
Autres considération sur ce thème:http://www.vigile.net/Entre-le-nous-et-le-mou
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20 sept. 2007, 17:14
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L'identité nationale prend racine dans l'histoire d'un peuple. Aussi faut-il toujours chercher à connaitre et à enseigner son histoire. Nous avons nous-même cesser d'enseigner notre histoire, ce qui a contribué je n'en doute pas à cette vague impression générale que nous n'avons plus ou pas une forte notion de notre identité. Par ailleurs je ne crois pas que l'on perde son identité aussi facilement et je ne crois pas non plus que le rôle de la Commission Bouchard-Taylor soit de restaurer notre identité.
Asseoir et proclamer son identité nationale sur le passé et son histoire uniquement nie à tous ceux qui ne la partage pas depuis longtemps de se sentir, de se dire et d'être accepter comme Québécois à part entière. Le peuple fondateur a fait des choix pour survivre et s'épanouir. De toute évidence il a réussi non seulement à survivre mais à démontrer qu'il était un et différent. Une consultation publique touchant nos valeurs est un moment important dans notre histoire pour mieux se connaitre, célébrer notre identité moderne et permettre de la partager avec sérénité.
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20 sept. 2007, 14:39
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Mathieu Bock-Côté fait apparemment bien davantage dans le délire que dans la sociologie rationnelle et lucide, tout sociologue qu'il soit. C'est un pur et dur d'un certain nationalisme extrême et qui voit partout des traquenards allant à l'encontre de sa vision étriquée. Il s'en prend à la Commission Bouchard-Taylor en l'accusant essentiellement, si on comprend bien son propos, de favoriser un multiculturalisme néfaste, un multiculturalisme qui mènerait tout droit à la désintégration de l'identité québécoise.
Certes, la Commission Bouchard-Taylor a ses torts et ses limitations. Et il est loin d'être évident qu'il s'agisse là de la solution la plus pertinente pour faire le point sur l'état actuel de notre société. Pour le moment, les citoyens s'expriment - et on verra bien ce que cela pourra donner au bout du compte. Mais l'obnubilation de monsieur Bock-Côté n'y voit qu'une manifestion additionnelle de censure, d'interdit de parole ou de penser de la part d'une "intelligentsia" qui viserait rien de moins que la "liquidation de la nation fondatrice"...
Si pareille paranoïa n'était pas dans une certaine mesure assez inquiétante, elle en serait terriblement risible. Le multiculturalisme a des qualités et des défauts, mais cela n'a jamais eu pour objectif l'annihilation du peuple québécois, lequel est majoritairement ouvert aux autres et pas du tout du genre à se laisser bêtement marcher sur les pieds par quelques groupuscules de fondamentalistes religieux s'étant malheureusement infiltrés ici au milieu de milliers d'immigrants tout disposés pour leur part à vivre selon les us et coutumes du pays.
Bien sûr, rien ne sera jamais parfait et il y aura toujours ici et là des dérapages. Cela dit, avec des intolérants tel que Mathieu Bock-Côté, on constate que les problèmes pouvant nous guetter ne proviennent pas nécessairement tous de l'extérieur de notre territoire.
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20 sept. 2007, 10:46
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Mathieu Bock-Côté est un être aux propos tranchants dont ont peut apprécier ou pas la manière, mais il a le mérite de poser les vrais problèmes.
«En ce moment, nous assistons plutôt à l'implosion de la culture politique postréférendaire.» Voilà, résumé de façon lucide et perspicace ce que toute une nation a refusé de laisser éclater au grand jour depuis 25 ans.
Sous couvert de multiculturalisme, de politiques assassines et de décisions juridiques pipées d'avance, le Québec qui avait voulu définir son identité et l'officialiser par un acte d'autonomie politique démocratique s'est vu désenchanté. Suite à la faiblesse de notre oui, les chantres d'un pays à bâtir se sont tus, ses défenseurs ridiculisés, quand d'aucuns ne furent pas objet unanime d'opprobre à l'assemblée nationale. Le peuple a ravalé. Ce silence assourdissant d'un peuple, qui combla l'immense déception suite aux deux défaites référendaire, fuit aujourd'hui par la brèche qu'on lui présente. Car il n'est jamais sain de colmater toute issue pour la colère d'un peuple. Si nous assistons ces jours-ci aux audiences de la Commission T-B à des déclarations qui nous semblent provenir d'une autre époque, c'est que la frustration de cette époque a été occultée.
Or, un peuple sans identité est un peuple qui n'existe pas. C'est ce qu'exprime la parole des intervenants à cette Commission.
Elle nous dit clairement cette parole que certains voudraient encore aujourd'hui occulter, qu'un État laïc dans l'espace public et que l'égalité homme-femme n'ont pas à être négociés. Mais elle affirme aussi que les traditions québécoises d'origine religieuse qui furent, avec la langue, le ciment de notre identité sont toujours présentes et que ce n'est pas en sécularisant la société au point de l'aseptiser que nous deviendrons universels.
C'est un pays que nous voulions, pas une muselière. C'est à cette condition que ceux qui veulent nous accepter comme terre d'accueil sauront où ils mettent les pieds.
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