Lionel Noël
Opération Iskra
ARTICLE -
18 novembre 2004
C.F.
Les amateurs de romans d'espionnage à saveur historique, dans la veine de ceux du Britannique Ken Follet, se régaleront de l'intrigue complexe et remplie d'action tissée par Lionel Noël, qui signe ici son second livre. Sur fond de faits historiques - la Conférence de Québec, qui a réuni en 1943 le président Roosevelt et les premiers ministres Churchill et Mackenzie King, venus dans la Vieille Capitale régler les détails du débarquement de Normandie - Opération Iskra met en scène la crème des agents doubles canadiens, américains, britanniques et soviétiques, qui ont pour mission de protéger Roosevelt et Churchill, que les Allemands veulent éliminer. Mis à part le fait que plusieurs personnages de Noël sont caricaturaux - Egan O'Shea, ivrogne coureur de jupons - Opération Iskra est prenant et divertissant. Éd. Alire, 2004, 352 p.
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11 août 2006, 09:19
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En août 1943, les chefs d'États concernés par le conflit qui les opposait à l'Allemagne nazie se sont réunis au Château Frontenac de Québec pour préparer le débarquement en Normandie. Hitler veut profiter de cette occasion pour que Roosevelt n'ait plus besoin de faire pousser son fauteuil roulant par Churchill. L'OSS, l'ancêtre de la CIA, mis au parfum de l'intention meurtrière du petit moustachu désigne Egan O'Shea pour déjouer son complot. Cet agent américain doit se joindre à Anne Doucet, une espionne québécoise qui devra affronter la misogynie de son collègue. Au moment de faire équipe avec son affriolante consoeur, O'Shea ignore qu'il sera confronté à un commando formé de cinq Allemandes, qui ont compris rapidement que, dans un Québec clérical, il serait avantageux de se déguiser en religieuses pour accomplir leur mission. Bien charpenté et documenté, ce roman d'espionnage est très intéressant d'autant plus que l'auteur recrée très bien le climat social exaltant du Québec à cause de l'économie florissante engendrée par les usines de guerre. L'auteur nous introduit habilement dans un labyrinthe fait de tractations politiques dans un contexte de belligérance. Bref, cette oeuvre instructive s'appuie sur un événement historique peu connu, mais la recette qui veut que la femme capiteuse soit alliée au misogyne goutte le réchauffé.
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23 nov. 2004, 16:18
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Il y a dans ce roman la présence attendue des espions britanniques, américains et canadiens du même côté de l'alliance. Ce qui la pimente toutefois un peu plus est celle beaucoup moins prévue de ceux des soviétiques qui se chargent aussi de veiller sur la vie de sommités politiques d'un monde qui leur était alors totalement opposé. Tout comme ce fameux pacte germano-soviétique qui sema le trouble dans bien des esprits, ce pacte de protection rapprochée entre des agents venus d'horisons politiques ausi divers montre bien toute l'étrangeté des alliances qui sont dues aux circonstances et qui n'empruntent leur logique qu'au pragmatisme le plus dur, dans l'espoir de triompher militairement d'ennemis que ces pactes sont censés permettre de vaincre. Alors ce scénario est-il si farfelu qu'il pourrait paraître à certains. Si l'on s'en remet à cet autre pacte entre les nazis et les staliniens, il appert que non. Il est même tout à fait logique dans la perpertive de l'ouverture d'un deuxième front contre l'Allemagne nazie. C'est la réponse donnée à cette possibilté de tenter de vaincre une Allemagne qui s'est maintenant retournée contre son allié d'hier et qui a commencé à attaquer des navires marchands alliés, même sans déclaration de guerre. Cette petite histoire nous ouvre donc les portes de la grande sans tambour ni trompette. Il importe peu que cette histoire soit véridique ou pas, puisqu'il s'agit d'un roman, l'essentiel étant alors qu'elle soit plausible ou non. À mon avis, elle est tout à fait plausible, puisque le nazisme était persuadé à cette époque qu'il allait faire régner son ordre sur toute la terre et que pour y parvenir, tous les moyens étaient bons. Ce n'est donc pas le meurtre de deux ou trois premiers ministres ou présidents qui aurait pu les retenir, surtout quand on sait que ce mécanisme de lutte est parfois envisagé par des puissances qui se réclament de la plus pure des démocraties.
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22 nov. 2004, 20:06
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Lionel Noël pour rendre crédible le côté historique de son roman, a fait ses recherches à la bibliothèque de l'UQAM. À cet endroit, il a consulté les journaux de l'époque de la seconde guerre mondiale sur micro-fiches. Oui les journeaux. Monsieur Noël aurait tout intérêt, ainsi que ses lecteurs, a consulté des sources plus objectives quand il fait ses recherches.
Pour ce qui est de son écriture ( la forme ), le style est nerveux: C'est un feu roulant de phrases d'action.
J'ai rencontré monsieur Noël au Salon du Livre de Montréal. Il est très passionné, nerveux comme ses phrases. Il m'a dit qu'il aimerait que des historiens se penchent sur son livre et polémiquent avec lui. Il est très ouvert à discuter.
Le prix Arthur-Ellis aidant, on lui a dit de retravailler certaines choses spécifiques pour Opération Iskra, et qu'il serait publié.
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22 nov. 2004, 17:15
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L'uchronie: hier soir, Grégory Charles en a glissé un mot sur le plateau de « Tout le monde en parle ». Ce procédé littéraire et philosophique vise à raconter de nouveau une tranche de l'histoire, mais en changeant un détail plus ou moins important. C'est souvent drôle, parfois terriblement tragique, mais ça repose toujours sur le fameux « Et si ça s'était déroulé de cette façon ? » Ici, le roman de Lionel Noël ne semble pas révolutionner l'histoire, pas plus qu'il ne semble avoir eu le souci de révolutionner le genre dit
« d'espionnage historique ». Pourtant, il aurait peut-être dû avoir l'audace d'écrire un roman sous un regard totalement neuf: par exemple, que se serait-il passé si les Allemands étaient parvenus à liquider un des trois présidents, Roosevelt, Mackenzie King ou Churchill ? Ça aurait probablement créé la débandade dans le monde occidental (comme si ce ne l'était pas déjà...) et accentué de beaucoup le conflit opposant les alliés aux fascistes allemands. Mais ça, ça aurait été une autre histoire.
Alors, quel est donc l'attrait de cette « Opération Iskra » ? Les codes secrets, les micros cachés, les jeux de couloirs et de miroirs, les tromperies, les trahisons, les mensonges ? L'auteur devra user de tout son talent et de toute sa ruse pour déjouer le lecteur qui en a vu d'autres. Mais Noël doit aussi compter sur son nom de circonstance en ces temps de réserves romanesques et sur l'envie de la population de se divertir un peu par les temps froids, et ce, de manière intelligente, en s'impliquant un tant soit peu dans le processus culturel. Pour ma part, je retourne à mes livres d'histoires, juste pour voir s'il n'y aurait pas une faille cachée quelque part, dans le coin sombre d'un portrait vieillot. Il y a toujours des mystères qui demeurent, comme celui-ci: « Pourquoi l'homme s'évertue-t-il autant à vouloir modifier son passé quand il n'aurait qu'à regarder son avenir droit dans les yeux ? »
C'est à suivre, uchronie ou pas...
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20 nov. 2004, 13:50
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Depuis huit ans, maintenant, la maison d'Édition Alire nous proposent de nombreux nouveaux auteur(e)s. Un des buts de cette maison d'édition est de nous faire découvrir les genres littéraires et de promouvoir la création de ces genres par l'entremise d'auteurs et de créateurs. Ce roman d'espionnage est un bel exemple d'un genre peu exploité par d'autres maisons d'éditions québécoises. Chez Alire, un incontournable du genre est Jean-Jacques Pelletier.
Alors voici un nouvel auteur, Lionel Noel. Son premier roman, Louna, lui a mérité en 2000 le premier prix, le prix Arthur-Ellis du livre policier francophone canadien. Avec ce dernier roman, avec en toile de fond un fait historique, Noel nous plonge dans une enquête sur la possibilité d'un assassinat des chefs politiques réunis dans la capitale par un commando d'espions d'allemands à Québec. Un scénario possible, si on se remémore le contexte de l'époque....alors que Noel depeint l'univers historique avec finesse, nous avons une réserve au sujet de la relation avec la journaliste. En somme, un pavé de 367 pages qui vaut le détour et qui prendra de la valeur suite aux réactions suscitées.
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