Gilles Lipovetsky
La Société d'hyperconsommation
ARTICLE -
7 décembre 2006
Elias Levy
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Gilles Lipovetsky: "La société d'hyperconsommation est devenue la civilisation du "bonheur paradoxal"".
photo: J Sassier Gallimard
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Le philosophe et sociologue Gilles Lipovetsky analyse les paradoxes et les travers des sociétés d'hyperconsommation dans deux essais brillants. Quand l'esprit de consommation est synonyme de déception, d'anxiété et de frustration. Une anatomie troublante des sociétés hypermodernes!
Qu'est-ce que le "bonheur paradoxal" dans les sociétés de consommation?"Une nouvelle modernité est née. Elle coïncide avec la "civilisation du désir" qui s'est construite au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Cette révolution est inséparable des nouvelles orientations du capitalisme engagé dans la voie de la stimulation perpétuelle de la demande, de la marchandisation et de la multiplication indéfinie des besoins. Le capitalisme de consommation a pris la relève des économies de production. Depuis la fin des années 70, une nouvelle phase du capitalisme de consommation s'est mise en place: la société d'hyperconsommation. Peu à peu, l'esprit de consommation a réussi à s'infiltrer jusque dans le rapport à la famille et à la religion, à la politique et au syndicalisme, à la culture et au temps disponible. Tout se passe comme si, dorénavant, la consommation fonctionnait comme un empire sans temps mort dont les contours sont infinis. Nos sociétés sont de plus en plus riches. Pourtant, un nombre croissant de personnes vivent dans la précarité et doivent faire des économies sur tous les postes de leur budget, le manque d'argent devenant un souci de plus en plus obsédant. Nous sommes de mieux en mieux soignés, ce qui n'empêche pas que les individus deviennent des sortes d'hypocondriaques chroniques. Les corps sont libres, mais la misère sexuelle est persistante... Les inquiétudes, les déceptions, les insécurités sociales et personnelles grandissent. La société d'hyperconsommation est devenue la civilisation du "bonheur paradoxal"". C'est pourquoi peu de domaines de nos vies échappent à la spirale de la déception? "Alors que les sociétés de tradition encadrant strictement les désirs et les aspirations ont réussi à limiter l'ampleur de la déception, les sociétés hypermodernes apparaissent comme des sociétés d'"inflation déceptive". Quand le bonheur est promis à tous et les plaisirs exaltés à tous les coins de rue, le vécu quotidien est mis à dure épreuve. D'autant plus que la "qualité de vie" dans tous les domaines (couple, sexe, alimentation, habitat, environnement, loisirs...) est devenue le nouvel horizon d'attente. À l'heure du "zéro défaut" généralisé, comment échapper à l'escalade de la déception? Plus les exigences du mieux-être et du mieux-vivre s'élèvent, et plus s'ouvrent les boulevards de la déconvenue. Après les "cultures de la honte" et les "cultures de la culpabilité", voici le temps des cultures de l'anxiété, de la frustration et de la déception. La société hypermoderne se caractérise par la multiplication et la haute fréquence de l'expérience déceptive, tant sur le plan public que sur le plan privé." Selon vous, aujourd'hui, la religion est de moins en moins un alibi pour apaiser nos angoisses et nos déceptions. "Pour de plus en plus de gens, les traditions et la religion ne sont plus de grands phénomènes de consolation. Dans le passé, il y avait aussi une déception, mais il y avait des "techniques" pour atténuer ce défaitisme, le mettre dans une cage: la messe, la prière, la confession... La déception humaine existait aussi, mais l'ordre social étant stable, il entravait les débordements de la déception. Aujourd'hui, dans nos sociétés hyperindividualistes, il n'y a plus rien en face." D'après vous, les traditions s'effilochent aussi dans les sociétés d'hyperconsommation. "Aujourd'hui, la notion de tradition est galvaudée. Le cas du Québec est révélateur à cet égard. Les Québécois revendiquent une culture spécifique et un certain statut pour la langue française. Il s'agit bien là du désir de préserver une tradition. Mais c'est une tradition à la sauce individuelle. Dans le cas québécois, la tradition symbolise non pas la pérennité d'une coutume ancestrale, mais l'affirmation de soi. C'est une manière d'être soi-même. Dans l'ordre traditionnel, vous ne remettez pas en cause la tradition, elle vous constitue d'emblée. Or, aujourd'hui, les Québécois s'interrogent sur leur avenir. On leur demande de voter lors d'un référendum pour décider s'ils veulent continuer à vivre dans le cadre fédéral canadien ou devenir souverains. La tradition québécoise est interrogée, elle n'est plus reçue héréditairement." La société d'hyperconsommation a-t-elle engendré un nouveau type de consommateur? "Oui. La consommation "intimisée" a pris la relève de la consommation honorifique dans un système où l'acheteur est de plus en plus informé et infidèle, réflexif et "esthétique". Désormais, on achète des choses pour les montrer, s'afficher, être reconnu. Il y a une recherche permanente d'émotions, de sentiments, de communication. Vous n'achetez pas un téléphone portable pour exhiber votre standing, mais pour être contacté, écouter de la musique, et bientôt regarder des films. Il y a quelque chose de très émotionnel là-dedans. Si vous perdez votre téléphone, vous êtes complètement déboussolé parce qu'on ne vous appelle plus, donc vous vous sentez stressé... C'est pourquoi je parle d'une thérapeutique du consumérisme. Autrefois, il y avait la messe ou la prière. Aujourd'hui, pour apaiser vos angoisses, vous allez dans les grands centres commerciaux, au théâtre, au cinéma..." L'hyperconsommation a-t-elle des répercussions néfastes au niveau sociétal? "Je crois qu'on a déjà des signes très ostensibles de ces répercussions négatives: il y a dans nos sociétés une vraie spirale de dépression, d'anxiété, de consommation de produits psychotropes, de psychothérapies en surnombre... Ces malaises de l'âme créent une désorganisation psychique, une fragilisation des individus. On voit aussi les effets de l'hyperconsommation avec la multiplication des sectes et de groupes complètement déjantés, qui peuvent conduire à une véritable crise de nos sociétés. L'hyperconsumérisme désorganise les cultures et déstabilise les individus. Cette désorganisation crée une insécurité telle chez les êtres que certains essaient de se dépêtrer de la spirale consumériste en renouant avec leurs racines religieuses ou en choisissant d'autres voies plus violentes, comme le terrorisme. Troisième phénomène délétère: l'hyperconsommation est en train de causer des désastres écologiques. La surconsommation énergétique devra tôt ou tard s'arrêter. Ça ne veut pas dire que ça mettra fin à l'hyperconsommation, mais cette surconsommation devra prendre des formes plus respectueuses de l'environnement, faute de quoi il faudra prendre des mesures draconiennes, comme celles déjà en vigueur dans des villes très polluées, où l'on a interdit la circulation des voitures." Le Bonheur paradoxal. Essai sur la société d'hyperconsommation de Gilles Lipovetsky Éditions Gallimard, 2006, 377 p. La Société de déception Entretiens de Gilles Lipovetsky avec Bertrand Richard Éditions Textuel, 2006, 110 p.
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13 déc. 2006, 15:50
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J'ai récemment franchi(avec succès!) le cap de la trentaine... A la suite d'incidents fortuits menant à une prise de conscience(mort d'une collègue, rencontre d'un jeune couple qui ne possédait rien mais semblait heureux...), j'ai vécu une draconienne remise en question. J'ai même mieux compris ce qui était passé par la tête de Francis Martin le jour où il était devenu James K. Field!
Je n'en suis pas venu là heureusement, mais il reste que du gars qui fréquentait les discothèques, qui rêvait de grosse piole, qui suivait toujours les nouvelles tendances, j'en suis venu à me soucier davantage des vrais enjeux tels:"l'environnement, la justice sociale, la pauvreté." Je m'efforce de rendre les gens qui m'entourent heureux, je fais du bénévolat, j'achète équitable, je donne quand je peux, etc...
Ce mode de vie est pour moi beaucoup plus valorisant que l'achat d'une grosse télé...
De plus, c'est beaucoup plus apaisant parce que c'est comme si j'avais quitté le stress ambiant.
Pour ceux qui ne peuvent toutefois s'empêcher de consommer, je vous suggère de consommer de la culture, des voyages de plein air où vous vous dépasserez(sport, montagne). Plutôt que d'acheter chez Wal-Mart et de vous targuer d'avoir sauvé de l'argent, optez pour un achat équitable et voyez le surplus que vous dépensez comme un don, votre geste aura beaucoup plus de sens. Oui, un autre monde est possible...
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13 déc. 2006, 01:34
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Je sais pas moi, mais permettez moi de sourire devant toutes ces théories. Ou en est donc notre conscience individuelle dans tous ça? Qui nous oblige à toujours acheter toujours plus, à compenser notre manque de disponibilité envers nos enfants en achetant diverses babioles, à compenser notre manque de foi(???) en faisant des centres commerciaux les nouvelles églises.
Bien personnes ne nous à mis un pistolet sur la tempe pour courrir apres un bonheur perdu d'avance. Le travail des gens en marketing n'est il pas d'abord de cerner les besoins des gens et d'y répondre? C'est à nous tous de freiner cette course insensée, et pour ce faire nul besoin à mon avis de revenir à l'église.
Cessons donc de blamer la société. Soyons tous simplement assez adulte pour avoir un esprit critique envers la surconsommation, la publicité et les diverses méthodes employées pour éveiller notre désir.
Le temps des fêtes n'est-il pas un merveilleux prétexte pour commencer à renverser la vapeur?
Cette année c'est décidé, pas de cadeaux dans la famille mais une fin de semaine dans un chalet à boire, à manger, à jouer aux cartes et à rire avec les gens que j'aime. Gageons que ce sera le plus beau noel de ma vie(et surement le moins dispendieux en achats inutiles et stressant)
Je suis une athée inconditionelle, et bien que je crois que la convoitise ne soit pas un phénomene si nouveau, la religion du consumérisme ne m'interresse pas plus que les autres.
Il y a des façons plus simple de combler un vide, genre, faire une activité qui nous plait, avoir des amis. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué????
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12 déc. 2006, 20:36
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C'est triste de voir que certaines villes ont dû interdire la circulation automobile pour raison d'un trop plein de pollution. Triste de réaliser que l'humain n'a même pas su s'arrêter avant d'en arriver là. Triste qu'on doive I.n.t.e.r.d.i.r.e. Sans cette interdiction, les voitures y circuleraient encore et encore et encore? Et puis, quand on est un pays qui refuse de signer l'accord de Kyoto, est-ce qu'on est un pays qui signera pour interdire la circulation automobile quand la pollution sera aussi élevée? J'ai comme de gros doutes. Et individualistes comme nous sommes, qui s'arrêtera? S'arrêter pourquoi si son voisin continue? Pourquoi aller se faire crever dans le transport en commun surpeuplé, surchauffé pendant que son voisin se la coule douce seul dans sa grosse voiture?
Comment tout ça va se terminer? Qui croit encore réellement que l'on puisse faire marche arrière? Concrètement. Et s'il y avait une façon de faire, si quelqu'un arrivait avec la solution, le mode d'emploi, la marche à suivre, combien, combien de personnes seraient prêtes à transformer leur vie pour renverser la vapeur? Probablement un nombre insuffisant. Et puis, de toute façon, on n'en est pas à une catastrophe près. Et l'on mettra ça sur le dos du destin...
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11 déc. 2006, 19:43
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Nous n'avons qu'à regarder le sort des sans abris pour constater ce système des valeurs attribuer à une personne lorsqu'elle a de l'argent. Pas d'argent, aller couche dehors. Pas qu'il s'agisse d'un sort mérité comme une sentence relative à un crime. Non, une sentence relative aux valeurs du monde de l'argent. Il semblerait que le rêve Américain persiste et signe à n'en croire ses adeptes, pas assez aux aguets de ces signes précurseurs que sont l'anxiété et les déceptions de toutes sortes. L'obésité capitaliste est une maladie pernicieuse très bien alimentée par les pressions sociales dont les véhicules par excellence en sont les médias. Pour suivre cette folie tout est mis à votre disposition, le crédit en faisant foi. Pour ma part je pense que le bonheur est ailleurs. La simplicité volontaire semble être le remède par excellence car elle nous ramène aux vrais valeurs. Il est plus que temps de conjuguer le verbe ÊTRE dans l'équilibre du partage du verbe AVOIR.
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10 déc. 2006, 18:53
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Tout comme il existe, des outre-mangeurs anonymes, des alccoliques anonymes, et combien d'autres organismes de tous acabits, mais toujours dans l'anonymat! C'est de canaliser son mal-être intérieur, en le projetant sur l'avoir extérieure! Le principe de base est très simple : bien paraître, au risque d'en faire faillite. La norme est d'être au moins égal, à celui d'à côté, une sorte de voisinage, qui gonfle d'orgueil! Les valeurs s'incarnent, bien entendu, par tous les objets possibles et impossibles, utiles ou pas à la consommation! Et se axes, se font toujours, pour combler un vide, un malaise, une culpabilité ou autres! Mais, comment peut-on blâmer l'individu en soi? Quand, dès sa naissance, tout lui est montré, par l'endoctrinement parental, puis scolaire et bien sûr social! Voilà la base du fondement même, du bobo en question! Un mal social! Une maladie psychologiquement très bien acceptée, sinon valoriser : «Je dépense, donc je suis, Descartes, doit se retourner dans sa tombe.» Et qui peut venir, nous faire la morale, dans le sens religieux du terme? Sinon, qu'un individu, au-delà de tous soupçons? Vraiment, vous le croyez? Pendant, que d'autres, s'arrachent le COEUR, et de DÉSÂMES à faire des paniers de victuailles, voilà, que l'on vient presque nous insulter? Quel affront? Et quel culot? Mais, qui peut se dire à l'abri, un jour, d'être au-delà, de cette contamination sociale? PERSONNE! Pour la bonne raison, que lorsqu'une société, est capable dépenser d'une main, et de donner de l'autre, c'est le syndrome, de la pure déculpabilisation! Et rien d'autre! On cible le problème, mais on n'accorde aucune solution! Où, sont-ils passés, l'authenticité de nos valeurs, de nos principes, et de nos normes? Shut! Tout le monde s'en fout! C'est trop rétrograde, dépassé, d'un autre temps?
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10 déc. 2006, 11:40
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Rien de bien neuf pour tout homme que de vivre et laisser vivre. Travailler, manger, dormir, voilà trois actions quotidiennes que nous répétons depuis la nuit des temps. Mais depuis peu cela n'est plus suffisant, il faut palier un manque inculqué par notre société de surcommunication. A force de voir tous les jours dans les médias des offres, des rabais, des remises, de nouveaux produits, on crée un manque virtuel que notre mode de consommation traditionnel et ancestral ne connaissait pas...l'envie de luxe. Il est facile de rentrer dans un magasin sans rien et d'en ressortir avec une nouvelle maison, un char, des vacances annuelles et le tout à crédit sans notion d'argent papier. Ce surréalisme du crédit que nos grands-parents ont souhaité par nécessité quotidienne de vie en demandant juste de l'aide pour combler les besoins primaires, nous l'utilisons pour combler des besoins éphémères. Quelle est la différence entre un week-end dans le bois et une semaine dans le sud ? Le prix sûrement mais surtout l'image recherchée, le prestige, le dépaysement que nous cherchons afin de nous libérer d'un carcan. Ne sommes-nous pas heureux durant le temps des fêtes de nous remémorer notre jeunesse, les souvenirs de famille, nos valeurs culturelles et de voir l'avancement de notre société, notre bien être hérité d'un dur labeur inculqué de génération en génération. Mais cela n'a pas suffi car aujourd'hui nous nous endettons et consommons plus par pulsions que par raisonnement ou nécessité. Fini le temps de compter en fin de mois pour payer le pain et le lait voici ma carte de crédit et hop je rembourserai que je pourrais ou je paierai juste les intérêts pour m'en sauver. Alors avant qu'il ne soit trop tard revenons à nos valeurs d'antan et pensons à donner à nos enfants cette notion d'économie, de consommation raissonnable et de limites du crédit.
Partageons pendant qu'il est encore temps avant de ne devoir consommer le tout sans s'en apercevoir ni contester.
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10 déc. 2006, 11:11
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Je ne crois pas que consommer est mal, mais il faut tout de même consommer de façon responsable et je ne crois pas que de se faire sermonner par un curé le dimanche matin soit une façon d'arrêter de consommer, le pouvoir de religion qui sévissait au Québec avant la révolution tranquille encourageait les gens à refuser d'évoluer et d'apprécier leur déchéance. Les anglophones étaient propriétaires et controlait toute les forces économiques, ils étaient riches et consommaient parce qu'ils avaient de l'argent. Les pauvres ne consomment pas parce qu'ils n'en n'ont pas les moyen. Donnez leurs les moyens qu'ils faut et ils consommeront aussi. Nous sommes des êtres de plaisir et toute notre économie est basé la-dessus, ce côté de nous est surexploité et nous avons besoin de se faire plaisir, il suffit juste de le faire de façon responsable.
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09 déc. 2006, 22:19
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C'est quand même drôle de lire ce qu'un philosophe et sociologue nous dit à propos de la société de consommation quand nous venons de vivre la Guignolée des médias et qu'aux bulletins de nouvelles nous voyons tous ces bénévoles trier les conserves qui serviront à confectionner des paniers de Noël .
Sauf que le Panier de Noël et le dépannage alimentaire ne sont plus réservés à des gens indigents sur l'aide sociale , mais à des travailleurs qui sont des gagne-petits . On disait même qu'un couple avec deux enfants devait travailler quatre-ving-douze heures par semaine pour être au niveau du seuil de la pauvreté . Je comprends les assistés sociaux de demeurer dans le systême , car il n'y a aucune gratification à s'en sortir .
Les gens sont inondés de publicité pour consommer et c'est vrai que nous aimons montrer notre 'réussite' en étalant les quelques richesses que nous possédons . Dieu n'est plus au ciel mais sur le dollar qui est devenu une véritable religion qui dicte nos vies à chaque instant .
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09 déc. 2006, 13:25
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Étrange paradoxe en effet, auquel fait allusion Gilles Lipovetsky, que cette quête d'identité du peuple québécois au nom des sa spécificité culturelle tandis, que dans un même temps, il se laisse happer dans la spirale du plus grand malaxeur d'identité : la surconsommation effrénée.
Il y a pire que l'absence de désir, cependant. C'est de ne pas savoir ce que l'ont veut. D'oublier le sens de notre existence, de s'étourdir et se perdre dans la fugacité de nos désirs.
Dans la pyramide de Maslow identifiant une hiérarchie des besoins chez l'être humain, cinq besoins primaires sont identifiés : besoins physiologiques, sécurité, appartenance et amour, estime de soi et d'autrui et enfin, au sommet de la pyramide, se réaliser soi-même.
Il me semble que dans nos sociétés modernes, des degrés de la pyramide sont esquivés : les besoins affectifs, la relation à autrui et l'estime de soi sont remplacés par la convoitise. Pas étonnant que, sollicités comme nous le sommes à posséder toujours davantage de biens, chaque privation nous paraisse comme une frustration inacceptable. Comment parvenir à la réalisation de soi, en d'autre terme au bonheur, lorsque celui-ci ne repose sur aucune d'assise solide ? S'édifie sur le vide d'une civilisation sans autre repère que le centre commercial.
Éliminer le désir ferait de nous des êtres sans saveur. Ce que la religion enseignait, c'était de le maîtriser. Bien sûr, on nous a compté bien des histoires. Mais on y trouvait parfois l'espoir qui apaise la déception. Une dimension spirituelle, un espace de vie intérieure, peut-être trop rapidement évacués en jetant l'eau du bain, qui valait bien l'appel des sirènes de la pub dont on ne se méfie pas assez aujourd'hui.
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09 déc. 2006, 10:24
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Soit, le néocapitalisme est caractérisé par la concentration des moyens de production quand il est vu du point de vue des possédants et par l'offre importante des produits quand c'est de celui des consommateurs qu'il est regardé. Si la concentration des moyens de production n'a pas fait disparaître tous les petits et moyens producteurs, l'offre effrénée des produits n'a pas elle aussi fait en sorte que tous aient accès à ces produits. Les écarts entre riches et pauvres demeurent et s'agrandissent alors que 2% de la population possède 50% des ressources financières officielles selon les dernières statistiques. Une lecture plus fine de ces écarts montrerait sans doute des écarts encore plus choquants. En somme, il y en a encore beaucoup qui n'ont même pas les produits essentiels pour vivre dans les pays pauvres et un nombre non négligeable qui ne les ont pas tout le mois dans les pays riches. Parler d'hyperconsommation comme étant la règle pour tous est donc un leurre.
Par ailleurs, les libertés nouvelles que l'accès à la consommation a permises à plus de gens ne peuvent d'aucune manière nous faire regretter les sociétés ou seule une fraction infime de la population avait accès aux produits en nombre suffisant pour se simplifier l'existence. Il est heureux que la religion ne puisse plus aujourd'hui remplir ces vides comme elle le faisait autrefois en promettant une consommation sans limites après la mort, une consommation éthérée de bonheurs sans fin pour les uns, ceux qui avaient peur de s'en prendre aux richesses des bienheureux de la terre, ou de douleurs du même type pour les autres.
Enfin, il est heureux aussi que les grands consommateurs de maintenant ne puissent plus afficher leur statut privilégié en public à l'aide de ces seuls signes de richesse qui n'impressionnent plus vraiment la plèbe et qu'ils en tirent peu de plaisir dans leurs réunions privées dans des réceptions offertes moyennant fortes rétributions par des aristocrates ruinés.
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09 déc. 2006, 09:18
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Quand la vie se retrouve au même rang qu'un amas d'objets de convoitise, elle perd son sens. Elle devient elle-même un objet parmi tant d'autres. Une préoccupation de gain capitaliste qui déroute tout le sens humanitaire de nos raisons d'être.
Pas surprenant que de petites religions, à la hauteur de nos aspirations, prennent de plus en plus de place dans la société. Avec des gourous enclins à la richesse, l'union sadomasochiste se veut explosive. Une exploitation des âmes en peine, avec des espoirs de vie meilleure, qui reposent sur de nouvelles croyances adaptées au goût du jour et sans grands fondements.
Le entreprises pharmaceutiques ont bien compris la réponse à nos besoins et capitalisent elles aussi, sur le bonheur en capsules. Un effet immédiat, qui dédramatise l'ampleur du problème et raméne l'état d'âme à un fonctionnement physiologique sans importance majeure. Pourquoi aller plus loin, quand on peut tout régler par l'achat d'un remède miraculeux, qui détend la pensée et lui procure un effet de bien-être illusoire, suffisant pour ne pas aller plus loin dans la remise en question de nos valeurs et de nos actions?
Une bien triste réalité, loin des grands rêves et où l'apparence suffit à satisfaire le désir, qui finit par mourir sous l'amoncèlement des petites réalisations de soi, insuffisantes à maintenir le cap sur une vie meilleure.
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08 déc. 2006, 14:51
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Avant de recommencer mes études, j'avais un revenu décent, sans plus. Je pouvais me payer quelques petits luxes et j'avais l'impression d'être pleinement équilibrée, tant physiquement que psychologiquement. Un jour, je décidai de retourner étudier, question entre autre, de faire un meilleur salaire. Je n'avais jamais été riche, tout juste dans la moyenne, je pensais donc qu'il me serait facile de m'adapter et de couper dans les extras. Quelle méprise! J'ai réalisé que tout ces petits luxes que je m'offrais n'était en fait qu'un échappatoire. J'échappais à mon ennui et ma routine en allant au restaurant, en abusant de vidéos, à mes complexes en m'achetant du linge et du maquillage, à ma culpabilité en gâtant mon entourage. Je n'avais jamais cru jusqu'alors que j'avais tant de choses à fuir, mais lorsque j'ai du couper dans mes dépenses, cette réalité m'a carrément sauté à la figure. Chaque fois que j'étais stressée ou que j'avais un problème, l'envie de magasiner me prenait. Heureusement, je suis jeune et j'ai pu comprendre, changer ou accepter les choses auxquelles je n'avais alors jamais voulu m'arrêter. Ce faisant, je pourrai peut être, quand je ferai un salaire décent, éviter le piège de la surconsommation. Malheureusement, plusieurs semblent y être pris de façon beaucoup plus intense et en sortir reviendrais pour ces personnes à affronter une accumulation de duperies qu'ils se sont eux-mêmes infligés en étant prêt à tout pour ne pas s'entendre, se voir, se comprendre. Il ne faut pas généralisé et probable que certaines personnes ne surconsomment pas pour les mêmes raisons que moi, mais peu importe ce qui les poussent dans cette voie, je crois qu'elles y sont en quelques sorte un peu prises. Comme un toxicomane ou un gambler, dans un cercle vicieux, pernicieux et dont il est difficile de sortir.
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08 déc. 2006, 12:48
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L'ère du consumérisme à tous crins est arrivée. Nous sommes tous empêtrés dans ce magma de désirs perpétuellement stimulés et jamais complètement assouvis. Ce vide que l'on creuse à coups de publicités ne pourra jamais être comblé. Il s'autogénère et se présente comme un absolu inatteignable.
La religion n'y peut rien. L'éloge de la pauvreté ne tient plus la route sauf pour quelques simplistes volontaires. L'ordre mondial dépend essentiellement de notre capacité de toujours consommer et toujours plus.
La machine à creer des besoins inutiles roule à fond la caisse et écrase tout sur son passage.
Nous n'en serions pas là si on ne produisait que les choses qui répondent à de véritables besoins. Nos dépotoires ne déborderaient pas d'objets inutiles qui n'ont jamais réussi à soulager leurs propriétaires.
La seule religion qiu pourrait encore aider à déjouer ce système autosuffisant, c'est le boudhisme qui prône l'abolition du désir. Les adeptes de cette religion ont depuis longtemps compris que le désir est une arme de destruction massive et que la seule véritable liberté réside dans le renoncement au désir.
Mais allez dire ça aux marketteux de services...
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07 déc. 2006, 22:37
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La période actuelle, dite, des «fêtes» est l'illustration des propos de monsieur Lipovetsky qui
n'a rien inventé.
La citrouille de l'Halloween n'est pas si tôt mise à la poubelle qu'arrive le prophète à barbe
blanche, le Père Noël. Il vient de loin mais connait son objectif. Il occupe les grandes artères ou se concentrent les Temples commerciaux, là ou se trouvent déjà en place les
féeries artificielles; décorations, lumières, musiques, et beaucoup d'enfants amenés par les
parents. Ne faut-il pas les entrainer à la consommation ces futurs acheteurs ?
Cette « modernité » elle est là depuis le début du 20,ième siècle, avec le venue de l'auto.
¨Le char¨.
Un grand cérémonial se déploie chez les riches marchands et industriels. Ils sont les prophètes de la nouvelle doctrine, c'est-à-dire, la consommation tout azimuts.
Certains diront le gaspillage systémique! Au diable KYOTO!
Le Père Noël et sa bonne nouvelle, c'est l'endettement collectif et individuel.
Pour se faire, il y a la publicité envahissante et redondante. Il faut à tout prix écouler les
surplus accumulés, sans quoi, comment allons-nous faire pour les autres festivités à venir;
St-Valentin, Pâque(fête du chocolat), fête de mères, fête des pères, fête des enfants, etc,
etc,....
Pour ceux qui n'en ont pas les moyens il y a la carte de crédit, les guignolées, les banques
alimentaire et l'assistance sociale. Pour ceux qui aiment la «vie»; il y a l'armée pour
protéger l'abondance des pays riches.
Ah! J'oubliais; L'Action de grâce. Merci mon Dieu pour la concentration de vos largesses.
Et c'est le retour de l'Halloween vers la mi-septembre.
Et vogue la galère sur les flots de la production effrénée!
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07 déc. 2006, 14:25
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Comment ne pas être d'accord avec cette observation que l'hyperconsommation a entraîné notre société sur le chemin des inquiétudes, des déceptions et des insécurités sociales !
Cependant, le plus intéressant n'est pas l'observation de ce phénomène symptomatique qui saute aux yeux que les causes fondamentales de la problématique de l'insatisfaction chronique que nos contemporains tentent en vain de soigner avec une consommation aveugle et obsessionnelle.
Pourquoi courrons-nous tous inlassablement après des objet de désirs qui, une fois entre nos mains, perdent leur intérêt ?
Pourquoi la concupiscence et la convoitise ont-elles meilleur goût que la satisfaction d'une vie simple et paisible auprès de ceux et celles qu'on aime ?
Qui n'a pas vécu dans son enfance la fameuse expérience du jouet délaissé au lendemain de Noël ? Ce jouet délaissé ne prend-il pas la forme, avec l'âge, de vêtements convoités, de la voiture sport, la maison de rêve, de l'amour inaccessible, etc. ?
Des auteurs cyniques d'aujourd'hui ne se gênent pas pour ridiculiser les petits bonheurs simples comme l'amour qui résiste au quotidien et aux années... Ce qui est en cause, c'est cette pulsion au fond de nous qui nous pousse à rechercher sans cesse le meilleur, sans jamais se satisfaire de ce qui nous entoure. Pourquoi ne savons-nous pas nous arrêter et profiter simplement de notre petit chez soi, tel qu'il est, de l'état de santé dont nous bénéficions aujourd'hui, de la présence d'êtres chers, tels qu'ils sont ? Et pourquoi manquons-nous systématiquement de temps pour réaliser nos objectifs quotidiens ?
L'angoisse et l'insatisfaction systématique sont de sournoises ennemies que nous tentons de vaincre en nous étourdissant avec toutes sortes d'artifices alors que la lumière est au fond de nous...
En cela, je crois l'éloge de la lenteur, la simple respiration et l'appréciation des petits bonheurs qui fleurissent dans notre quotidien sont des éléments de réponse.
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