Hervé Kempf
Sortir du gouffre capitaliste
|
|
|
"Mais c'est une erreur de penser que les problèmes de l'environnement peuvent être mis de côté en attendant que la crise se résorbe."
|
Dans Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Hervé Kempf nous invite à repenser le monde pendant qu'il en est encore temps. Conversation.
Voir: Pensez-vous que les résolutions des pays du G20, à la suite du sommet de la semaine dernière, vont dans la bonne direction?Hervé Kempf: "Ce sommet a été animé par le souci légitime et nécessaire de sortir de la crise. Mais on a pu constater qu'on ne pose toujours pas les questions de fond que soulèvent les crises économiques mais aussi écologiques que nous traversons. Nous sommes toujours dans une logique de relance d'un système qui ne fonctionne plus. À première vue, donc, j'ai trouvé les mesures adoptées faibles. En ne remettant pas en cause le rôle du FMI, par exemple, on renforce le rôle d'un des instruments qui, pourtant, a été à la source de cette hyper-libéralisation des marchés dont on connaît les conséquences désastreuses. De plus, les gouvernements s'engagent dans une nouvelle vague d'endettement. Ce qui est discutable à long terme. Par contre, il a été très intéressant de voir des pays comme l'Inde, le Brésil ou la Chine faire preuve d'un véritable poids à la table de négociation." Alors que la crise bat son plein au Canada, l'opinion publique délaisse les préoccupations environnementales au profit de l'économie. "C'est tout à fait légitime que les citoyens se sentent d'abord concernés par la santé de l'économie. Les gens ont peur pour leurs emplois, ils se demandent s'ils vont pouvoir garder leur maison ou envoyer leurs enfants à l'université. Mais c'est une erreur de penser que les problèmes de l'environnement peuvent être mis de côté en attendant que la crise se résorbe. Quoi qu'il arrive, il faut orienter nos systèmes économiques de manière à ce qu'ils soient compatibles avec le contexte écologique. Créer des emplois qui contribueront au surcroît de la production matérielle aura nécessairement un effet négatif sur l'environnement. Il faut donc se distancier de cette obsession matérialiste qui est le propre de nos sociétés." La nouvelle économie, celle d'Internet et des technologies de l'information, peut-elle offrir une avenue de croissance pour l'économie qui ne résulterait pas en un décuplement des biens matériels: une économie de l'immatériel? "On dit souvent que la nouvelle économie est immatérielle. C'est faux: nous sommes forcés de changer d'ordinateur régulièrement pour suivre le progrès des logiciels. C'est une industrie qui consomme beaucoup d'énergie: pensez à tous les serveurs qui font tourner le Web. Je ne nie pas qu'Internet soit une vraie conquête. Mais là encore, la solution est de réorienter les objets de consommation qui s'y rattachent. Pour l'instant, l'industrie de l'informatique fonctionne sur des bases industrielles." Croyez-vous que les entreprises privées soient capables de réaliser le virage vert par elles-mêmes? "Non, il faut une démarche politique d'abord. Je ne pense pas que la majorité des grosses entreprises puissent se fixer, spontanément, des normes d'émissions ou des standards écologiques efficaces alors qu'elles sont prises dans une logique de recherche rapide de profit. Une régulation au niveau des États est essentielle. La meilleure preuve en ce sens est l'industrie automobile américaine qui, laissée à elle-même, n'a pas évolué dans la bonne direction." En lisant votre livre, on se sent un peu dépassé par l'étendue du travail à venir. Par où commencer? "Eh bien, ce que nous faisons en ce moment, discuter des problèmes auxquels nous faisons face, est un début. Il faut, individuellement, que nous adoptions un certain état d'esprit qui nous permettra de changer nos vies, de vivre avec plus de sobriété. Il faut s'inspirer des lieux où les choses changent, et il y en a beaucoup. Il faut surtout que les individus s'engagent politiquement, socialement, sans quoi rien ne changera." Hervé Kempf donnera une conférence le 14 avril à l'UQAM, à l'amphithéâtre du Coeur des sciences. Renseignements: 514 987-0357
ooo
SORTIR DU CAPITALISMEAprès 200 ans d'existence, le capitalisme entre dans une phase dangereuse, meurtrière même, pour la planète comme pour l'humanité. Seul horizon possible, selon Kempf, pour la survie de notre civilisation: changer de système économique. Dans cet essai qui fait suite à Comment les riches détruisent la planète, Kempf, responsable des pages écologie du journal Le Monde, veut nous convaincre qu'un monde nouveau axé sur des responsabilités personnelles accrues et sur un regain des liens sociaux est possible. Encore faudrait-il que, collectivement, nous soyons prêts à laisser le bien commun prévaloir sur le profit. Une nécessité qui, malheureusement aujourd'hui, continue à tenir du voeu pieux. Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, éd. Le Seuil, 2008, 152 p.
|
Réagir à l'article
|
|
Pour avoir accès aux fonctions interactives de Voir.ca, vous devez être membre et vous identifier en ouvrant une session.
|
Déjà membre ?
ouvrir une session
|
Pas encore membre ?
devenez membre
|
|
05 juil. 2009, 08:22
|
2 commentaire(s)
répondez à cette critique!
|
|
|
|
Ce petit livre en termes de pages est par contre très lourd par les constats solides qu'il met en lumière et qui est pour l'essentiel que la production des biens et services, telle qu'elle a été formulée par la victoire du capitalisme et de la manière dont elle a été prise en charge par des oligarchies, soit cette petite fraction de la population qui accapare une bonne part des profits pour sa seule consommation ostentatoire et son goût perfide pour l'accumulation des richesses, pèse d'un poids tel sur la biosphère par la dégradation du sol, de l'air et de l'eau qu'elle entraîne à sa suite, que nous sommes tous condamnés si nous n’y mettons pas un terme, à notre perte et à terme, à notre disparition en tant qu'espèce. Ce constat est lourd de conséquences et même pour ceux qui demeurent optimistes, il est impossible de rejeter du revers de la main les constatations qu'il fait. Qu'une bonne proportion de la richesse soit accaparée pour le bénéfice de quelques-uns, personne ne peut le nier. Que la production des biens et services toujours accrue s'accompagne de rejets toxiques toujours plus imposants, personne ne peut non plus s'y objecter.
Là où ce livre est moins convaincant par contre, c'est lorsqu'il nous parle des solutions qu'il envisage pour atteindre les objectifs qu'il s'est fixés. Certes, il nous parle de la nécessité de ramener la proportion des rémunérations des oligarques à des dimensions nettement plus petites que ce qu'elles sont dans le monde d’aujourd’hui, dans ce monde du capitalisme financier, mais en se coupant autant des partis de gauche que de ceux de droite. Sans doute songe-t-il alors à laisser tout le champ politique à un parti dont le seul objectif serait l'écologie. Mais en ne souciant que de la seule "marchandisation des richesses que sont la terre, les semences, le génome, les biens culturels, les savoirs et les compétences communes", il passe sous silence d'autres biens encore plus essentiels que sont la santé, l'éducation, l'alimentation et le logement. Même en lui laissant le bénéfice du doute qui aurait fait que son silence n'était pas dans le seul but de ne pas dire qu'il laissait au marché le soin de réguler ces derniers secteurs pourtant vitaux de la société et de ne considérer comme en étant exclus que ceux qu'il nomme, il en vient pourtant à conclure que la solution ultime serait que nous nous passions de grille-pain, de frigidaires-congélateur et même, de télévision... Ce n'est certainement pas avec un tel programme qu'il convaincra beaucoup de gens à sa cause.
Il demeure néanmoins que ce livre fait réfléchir et qu'il vaut largement la peine d'être lu. En quelques pages, il dresse un état du monde qui fait aussi dresser les cheveux sur la tête de quiconque réfléchit le moindrement en
|
|
09 mai 2009, 16:09
|
4 commentaire(s)
répondez à cette critique!
|
|
|
|
Pour commencer, un rappel, une évidence douloureuse: nous ne sauverons pas la planète. Elle se sauvera toute seule, avec ou sans nous. Puis un jour, elle périra à une heure qui ne sera même pas la sienne ni la nôtre, mais celle imposée par notre soleil devenu trop chaud. À moins qu'une comète imprévue entre temps, venue le diable sait d'où, nous rentre en pleine gueule et nous renvoie tous à l'âge de pierre...
Et nous n'avons pas à penser le monde, puisqu'il se pense et se dépense sans cesse sans nous demander notre avis, avec son propre système nerveux, ses neuronnes, ces milliards de galaxies dans un univers dont nous n'arrivons pas encore à mesurer l'étendue. Si étendue mesurable il y a. Monsieur Hervé Kempf affirme que nous devrons sortir du capitalisme, et vivre autrement.Je voudrais bien , mais à défaut de l'éternité et de son paradis à la fin de nos jours, une croyance plus que jamais mise à mal depuis qu'on peut l'entrevoir, l'éternité, dans l'oeil magique des télescopes Hubble et Kepler, je me demande quel autrement pourrait faire notre bonheur.
Le communisme a été essayé, on connait le résultat, même si la gauche fait semblant de ne pas le voir et n'en parle jamais. Les autres utopies ne valent guère mieux qui nous annoncent le paradis en ce bas monde, une foutaise encore plus considérable,aussi dangereuse que celle des religions. Les Témoins de Jéhovah essaient de nous faire accroire que le monde fut créé il y a 6,000ans. Greenpeace nous promet l'apocalypse dans moins que ça. Au total, les Témoins de Jéhovah et Greenpeace, c'est le même fanatisme, le même négationisme vis-à-vis la raison scientifique.Pourtant le cosmos, ce n'est pas le monde que nous croyons encore être les seuls à habiter avec notre intelligence supérieure, le cosmos, il ne nous regarde pas, il nous consume et nous tue sans s'en apercevoir.
L'univers est impitoyable,il ne nous fera pas de crédit. Avec lui, on paye toujours comptant. Et toutes nos épargnes d'énergies finiront à plus ou moins long terme dans un quelconque de ses innombrables trous noirs. Notre sagesse présumée, il en fait déjà sa réserve secrète d'anti-matière. Si l'univers était vraiment intelligent, nous le ferions rire.
Pour combattre la misère, la pauvreté, l'ignorance, nous avons inventé le capitalisme, l'économie de marché. Et la libre circulation des biens et des personnes. Dans le dictionnaire, ça définit le commerce. Et accessoirement, la liberté tout court.Le plus beau des commerces, c'est l'amour. Le pire, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Ces deux formes de commerce sont aussi dangereuses l'une que l'autre, à l'image de l'homme, foncièrement imparfait, pour ne pas dire dégueulasse, quand il exagère ses talents. Notre porte-feuille, c'est notre humanité, qui n'a rien à voir avec les purs esprits.
Rien ne nous définit mieux dans l'usage que nous avons fait du capitalisme que l'invention de la carte de crédit. Voilà bien résumée notre nature dans ce tout petit document, qui se ratatine à la grosseur d'une puce à mesure qu'augmente notre imprévoyance. Comme le virus de la grippe, il évolue à notre rythme...La carte de crédit fut inventée au début du siècle dernier et mise en circulation par la Western Union, une compagnie de télégraphie américaine.Avant d'être une machine à fric,cette carte fut donc un passe-port, un moyen de communication et d'échange extraordinaire , qui vint à son heure remplacer le troc et civiliser un peu l'homme. Peu à peu,il devint illégal en nos contrées de vendre sa femme et ses enfants pour trois vaches. Ou l'inverse. Il n'est pas inutile de rappeler que le commerce de l'argent, le capitalisme, prit son essor dans les pays où la démocratie fut et est encore la mesure des droits de chacun.
La crise financière qui nous frappe, c'est une grosse grippe qui vient mettre à l'épreuve les différents systèmes immunitaires de nos sociétés. Rien ne fait plus réfléchir, entrer l'homme en lui-même que la maladie. S'il s'en sort, c'est en s'économisant au maximum, pas en s'épuisant dans l'autrement ou autres potions magiques. L'économie est un art qui s'apprend jeune. C'est long ,difficile, et les virus se recommencent en nous éternellement... Économiser de l'argent , ce n'est au fond pas très différent que d'apprendre à bien doser ses idées, car il est bien plus difficile pour un intellectuel, mettons, de retenir sa plume que sa langue.
On y peut rien, la nature a fait de nous des êtres paradoxaux. C'est la définition la plus simple de ce que nous appelons le libre-arbitre. Ca rime avec libre-échange, cette forme évoluée du capitalisme. Désormais, on ne pourra plus passer outre. Le commerce nous nomme comme il peut, c'est-à-dire comme nous sommes. Neutraliser le capitalisme, ce serait nous ravaler au rang des animaux, des créatures inférieures qui n'obéissent qu'à la loi du troupeau. Comme viennent d'en donner l'ordre aux Madelinots les imbéciles de l'Union Européenne.
Monsieur Hervé Kempf est chroniqueur en environnement au quotidien français "Le Monde". En tout respect pour la définition la plus large du mot "monde", il devrait savoir que le vrai péril qui menace l'humanité, ce n'est ni le réchauffement climatique, ni le capitalisme, mais bien plutôt la surpopulation. Là, on peut affirmer sans craindre de se tromper, que l'homme a très mal économisé ses énergies. La vraie crise, qui ne fera que s'accentuer, elle est là. Et quand on en est rendu à accorder plus d'importance à l'avenir d'une espèce animale qu'à celui de l'homme, j'ai bien peur que ce n'est pas demain la veille que nous serons plus intelligents de ce côté-là des choses. À moins de croire que le phoque en Alaska est l'avenir de l'homme....
|
|
22 avr. 2009, 09:50
|
répondez à cette critique!
|
|
|
|
Quiconque étudie le moindrement notre univers sait très bien que tous ne sont pas également responsables des désastres qui nous guettent. Il est vrai que NOUS sommes très nombreux à «consommer» ce que les entreprises (et les riches) nous proposent. Mais comme il y a plus de consommateurs que d'entreprises, pourquoi les entreprises ne prendraient-elles pas un authentique VIRAGE VERT? Pourquoi les gouvernements, entreprises et citoyens tolèrent-ils que l'on produise des produits toxiques et destructeurs? Nous ne pouvons pas demander à des milliards de consommateurs de cesser de consommer ce qui est proposé. Il est plus simple et plus logique de s'attaquer à la production.
Aussi, il faut se méfier de l'idée «absolutiste» selon laquelle la nature finit toujours par se régénérer. Cela est un peu vrai et assez faux. S'il faut sauver les êtres humains, il faut aussi sauver la nature, voyons donc!
N'oublions pas non plus que la thèse d'Hervé Kempf, c'est que les riches «nous» fascinent et nous rendent parfois «jaloux». Alors de nombreuses personnes rêvent de vivre comme les riches, ce qui est profondément dangereux et dévastateur. Il ne s'agit pas d'accabler gratuitement et inconsidérément les pauvres riches. Mais lorsque l'on est riche, on a du prestige, du pouvoir, de l'influence et beaucoup de luxe. Toutefois les riches, laissés à eux seuls, ne prendront pas la décision de «changer» à moins que leurs intérêts profonds ne l'exigent, ce qui n'est pas totalement impossible. On pourrait même, à la rigueur, imaginer une dictature écologique imposée par les riches et les puissants. Et ce que j'affirme ici n'est pas gratuit ou fondé sur de l'air. Si la crise écologique s'accentue, les riches et les cossus devront penser à l'avenir de leurs profits et de leur progéniture.
La question qui se pose, c'est de savoir si, en maintenant l'essentielle démocratie, nous pouvons forcer les puissants à être moins cupides et à accepter d'indispensables changements. Dans toute cette partie de poker sociologique, la démocratie et la liberté sont éventuellement compromises!
JSB, sociologue
|
|
21 avr. 2009, 00:15
|
2 commentaire(s)
répondez à cette critique!
|
|
|
|
Ma fille et moi avions eu une discussion sur l'environnement ce matin et nous sommes arrivées à la même conclusion que l'auteur du livre en question à propos de l'internet, du web et des médias traditionnels.
En fait, il faudrait troquer le privé pour le bien public afin de diminuer l'accumulation des déchets dûs aux gaspillages. De plus, ce ne sont pas les riches qui sont les seuls responsables du déclin de l'environnement, ce sont de préférence les consommateurs qui contribuent à l'empoisonnement de l'air et de la terre. Mais qui peut réellement se passer des commodités placées à notre disposition. Même les religieux ont recours à la modernité dans le but de maintenir un meilleur contact avec les gens fortunés qui les aident à continuer leurs oeuvres.
J'ai déjà entendu un animateur dit dans un reportage sur l'environnement que la nature n'est pas en danger, car elle est capable de s'autorégénérer. C'est de l'avenir des êtres humains qu'il faut se préoccuper. Ce sont eux qui courent le risque de disparaître.
|
|
19 avr. 2009, 10:11
|
répondez à cette critique!
|
|
|
|
Je n'ai pas lu les livres d'Hervé Kempf, je l'ai vu à l'émission de Tour le Monde en Parle et j'ai entendu parler de ses écrits et de sa pensée.
J'ai beaucoup aimé quand il a dit à Tout le Monde en Parle, que les riches donne l'exemple d'un bonheur de consommation et de possession en nous faisant croire que le seul moyen d'être heureux c'est de posséder maison voiture dernières technologies ......
Et on suit le modèle sans exeption ou alors il faut réfléchir à chaque fois qu'on nous propose ce genre de bonheur. On est pris dedans comme dans de la boue qui se fige et si par malheur on ne fait pas parti de ce monde artificiel on est malheureux malgré soi et on sait qu'on va être exclus de ce paradis artificiel.
Je crois qu'il faut effectivement d'autres avenues et modèles pour sortir de cette prison. Comme dans une foule on suit le troupeau sans même en être conscient, un peu difficile d'y échapper tout seul.
On sait pourtant tous, que cela nous conduit à une catastrophe annoncée c'est la survie de l'humanité dont il est question et non pas seulement d'un mode de vie.
Si on réfléchit à ce qui nous rend vraiment heureux dans la vie ce n'est sûremnt pas notre dernier achat d'un objet souvent inutile, mais bien le partage la convivialité entre amis et famille.
Je crois que la simplicité volontaire devrait être un must et non une obligation et surtout pas un chemin imposé par notre manque de conscience.
|
|
16 avr. 2009, 14:30
|
3 commentaire(s)
répondez à cette critique!
|
|
|
|
J'aime bien la thèse de Hervé Kempf même si elle est discutable et, à certains égards, douteuse. Sortir du capitalisme ne sera assurément pas une tâche facile et «légère». Cela est d'autant plus vrai qu'une partie des habitants de cette planète ont dû «se sauver» de l'horrible système communiste. Mais l'échec du communisme, stalinien ou maoïste, ne veut pas du tout dire que le système capitaliste est paré de toutes les vertus et de toutes les qualités. Le capitalisme est éminemment destructeur et profondément délétère. C'est un système édifié sur des rêves toxiques: maximiser les profits, glorifier le narcissisme, l'égocentrisme et l'intérêt personnel. C'est un système qui fait, comme Margaret Thatcher le disait et le pensait, comme si aucune société n'existait. Aux yeux de ces «rêveurs assassins», l'économie seule existe. Et quand l'économie va de mal en pis, ils recourent à la société pour les appuyer et les sauver. Et pourtant, la société, cela est un concept poétique, littéraire et évanescent. Oui il va falloir sortir du capitalisme sans faire le vieux choix communiste! Alors, nous pouvons envisager de bâtir un système qui échappera, espérons-le, aux vieux écueils destructeurs. Tout comme le «penseur» Edgar Morin, je valorise l'idée libertaire car la liberté individuelle est essentielle. Je valorise le socialisme qui entraîne de la solidarité inscrite au coeur même de la société. Je valorise aussi une sorte de «communisme» qui met l'accent sur l'aspect obligatoirement communautaire de toute société «saine». Alors, il faudra sortir du capitalisme tout en tentant, de manière éventuellement candide, de conserver les meilleurs aspects de ce système dévastateur. Il faudra aussi tenir compte des aspects les plus salutaires du socialisme ou du communisme.
Comme nous ne savons pas où aller et comment y aller, il faut beaucoup de réflexion et d'échanges. L'avenir n'est pas nécessairement bloqué. Mais ne permettons surtout pas que les ténors du capitalisme continuent à formater nos esprits. La résistance et le rêve sont plus nécessaires que jamais!
Jean-Serge Baribeau, sociologue inquiet
|
|
16 avr. 2009, 12:04
|
répondez à cette critique!
|
|
|
|
Je suis entièrement d'accord le sporpos de l'auteur. Je sais que la marche est haute et que notre système ne veux pas actuellement modifier sa trajectoire économique au profit de l'écologique. Pour une socitété en évolution nous en sommes encore à nos balbutiements. Je crois que l'ouverture au monde par le WEB ne devrait servir qu' à nous ouvrir les yeux sur une approche plus globale en matière économique. Ne plus exclusivement axer sur un profit financier, mais sur un profit «globalisant». Le web, par sa vertualité mondial, me dirige vers une nouvelle réflexion sur notre fonctionnement. Je crois que nous devons penser total et non partiel.
D'ailleurs c'est très paradoxale que l'individualisme de l'utilisation de l'internet, nous ouvre la porte au «mondialisme sociétale». Je ne peux plus, en tant que citoyen terrestre, de ne pas prendre en considération l'ensemble du monde dans mes décisions. Si moi ici dans mon occident, je poursuis mes achats de façons outrancières, je déclenche donc un travail très peu rémunéré en orient. J'exploite donc un congénère.
Mais nous en somme sencore à l'égoisme total. NOTRE personne avant les autres. Je me dis pourtant, dans le fin fond de ma pensée, que nous réussirons en tant que peuple à conjurer ce mauvais sort et à ce prendre en main. Car une chose est certaine, si je ne fais pas ma petite part, je ne peux m'offusquer de la léthargie de mes dirigeants.
Et j'ai comme pensé de base, que la nature saura reprendre le contrôle si nous en avons pas la maturité.
|
|
13 avr. 2009, 18:05
|
répondez à cette critique!
|
|
|
|
Alors que nous considérons vivre en démocratie, un système où le peuple est considéré souverain, nous subissons la dictature d’un groupe de privilégiés, une élite despotique, une oligarchie financière qui depuis plus d'une trentaine d’années impose son modèle à la planète. Qui définit un ordre mondial financier et l'impose à l’ensemble des états-nations qui doivent s’y soumettre. Le monde politique, représentant le peuple, s’est soumis à une infime élite : le monde de la haute finance.
500 personnes les plus riches au monde contre 416 millions des plus pauvres. Hervé Kempf, à l’émission TLMEP d’hier, expliquait clairement ce que tous ceux qui ont la moindre logique répètent depuis des années : les écarts entre les plus riches et les plus pauvres sont scandaleux. Qu’il y ait des riches n’est pas un problème en soi, selon lui. Ce sont ces écarts dignes de la pire rapacité qui privent les gouvernements de sommes qui pourraient être allouées à l’éducation, à la santé et aux infrastructures, alors qu’on nous chante sur tous les tons que de l’argent, il n’y en a plus, après avoir créé la pire dépression depuis les années 30.
Là où Hervé Kempf pousse la réflexion vers un constat déplorable, c’est que ce modèle de richesse se reproduit dans la population par «mimétisme». Le citoyen ordinaire aspire, lui aussi, à posséder plus qu’il n’est possible de consommer, causant ainsi une destruction de la planète à plus ou moins court terme. Cette logique de marché nous aspire et nous illusionne. Cette logique ne profite qu’à une infime minorité, capable d’extorquer la majorité par tous les moyens obscurs qui rongent l’économie. Patrick Huart, également présent à cette émission, démontrait de façon éloquente en offrant un verre d’eau polluée aux invités pour rappeler qu’une immense partie de l’humanité s’abreuve de cette eau. Et j’ajouterais quand ils y ont accès. Le G-20 a soulevé des espoirs. Sauf que pour aucun des maux identifiés qui rongent le système capitaliste, il n’y a de réelle volonté d’agir. Il n’y aucune entente sur les moyens d’y parvenir. Obama et les Américains veulent «relancer» l’économie et l’Europe «refonder» le capitalisme. Personne en fin de compte ne s’entend sur les moyens pour «corriger» cette économie mal en point. Alors maintenant que tout le monde sait ce que Hervé Kempf et tous les altermondialistes s’époumonent à identifier comme le conduit naturel vers la crise actuelle : les paradis fiscaux, le blanchiment d’argent, le secret bancaire, les fonds spéculatifs qui ne créent aucune richesse pour l’ensemble de la population et les agences de notation qui notent leurs propres clients, ne faudrait-il pas, après avoir identifié les «méchants» comme les ridiculise Gil Courtemanche en parlant de l’immoralité du capitalisme, ne faudrait-il pas, en tant que citoyens vivant dans une démocratie, exiger de nos gouvernements qu’ils cessent cette complicité avec les oligarchies financières afin de récupérer cet argent volé qui pourrait servir à l’ensemble de la population. Et surtout cesser de croire que la planète peut alimenter notre fringale de surconsommation, celle-là même qui nous a menés à la dégringolade de notre économie. Sommes-nous suffisamment conscientisés et politisés pour se mobiliser ? Autant que pour le CH ? Comme le propose le titre du livre d’Hervé Kempf : pour sauver la planète il faut sortir du capitalisme, tel qu’il est pratiqué par une oligarchie obscure et rapace. Empêcher les spéculateurs de miser sur l’alimentation, les besoins en eaux et bientôt sur l’air qu’on respire.
|
|
11 avr. 2009, 10:29
|
répondez à cette critique!
|
|
|
|
Bien sûr qu'il y a une crise... Et toute une avec ça! Mais une pléthore empressée d'analystes et de commentateurs de tout acabit, affairée à distribuer les blâmes suite à la catastrophique sortie de route de l'économie mondiale, a heureusement pu démasquer les coupables, ces malsains et perfides individus à la source de tous nos ennuis depuis toujours: les riches et leur insatiable recherche du profit.
Un constat indiscutable. Parce que les riches sont tous du pareil au même. C'est bien connu, n'est-ce pas? On peut tous les mettre dans le même sac de vipères. Chacun est plus vil que le suivant, ne pensant qu'à lui-même et tâchant toujours d'écraser puis de piétiner les autres. Rien de plus évident!
Et si, pourtant, je vous disais que je suis totalement en désaccord avec cette opinion simpliste et réductrice qui semble trop souvent prévaloir? Que j'ajoutais même que les riches comme tels n'ont rien à voir avec l'effroyable crise qui ébranle les fondations fragilisées de nos vies, croiriez-vous que cette fois, ça y est, que je fais indéniablement du chapeau?
Avant de répondre, considérez plutôt comment je perçois ce qui nous a réellement précipité dans cette crise. Ce ne sont pas les riches, ni même le système capitaliste. Les véritables responsables sont une poignée de magouilleurs-profiteurs, qui sont arrivés à berner une autre poignée de gestionnaires incompétents. Pas plus compliqué que ça. Le problème a malheureusement fait boule de neige, jusqu'à devenir une gigantesque avalanche. Mais, à la base, lorsque l'on remet les pendules à l'heure, on se rend compte que ce ne sont pas les riches qu'il faut accuser, ni le capitalisme. La culpabilité se doit d'être uniquement partagée entre des magouilleurs-profiteurs et des gestionnaires incompétents.
Qu'on ne cherche pas plus loin. Et qu'on ne tente pas à priori de réinventer la roue de l'économie alors que ce n'est pas la roue elle-même qui est en cause.
|
|
10 avr. 2009, 09:30
|
1 commentaire(s)
répondez à cette critique!
|
|
|
|
Mais bien sûr, Herr Kempf , vous avez mille fois raison dans tous vos propos et ça fait trente ans et plus que dans la contre-culture, on les voit venir.( J'ai eu des amis Situationnistes très engagés jadis, à Strasbourg la belle)
L e problème est que même si on les critique depuis tout ce temps-là, ces abuseurs véreux, beaucoup d'entre nous ont pactisé avec eux et joué leur jeu, En maugréant certes, mais on a marché quand même, même si c'est ''low profile'' et sans enthousiasme.
Même moi: petite auteure immigrée et divorcée, vingt ans après, j'ai pris le risque d'acheter une petite maison avec mon petit pactole, économie de ma vie te celles de feu mon papa... .
Aujourd'hui, les ados s'envolent, leurs épargne-études fondues au soleil des Bahamas avec un célèbre et puissant financier (j'ose même pas le nommer), je me retrouve dans l'angoisse de vendre à rabais et sous pression pour ne pas être forcée à déclarer faillite.Et tous ces ainés qui ont perdu la moitié des économies , et à la veille d' être à la retraite...J e prédis que le taux de suicides des boomers , déjà à la hausse, n'a pas fini de monter en flèche. Hélas!
C'est qui, le cave? Un peu moi, un peu tout le monde mais surtout eux, qui de plus, profitent d'aubaines incroyables en attendant l'hypothétique(!) reprise.
Consommer moins, OK , même si ça fait vingt ans que tu bouffes surtout du riz-tofu?
On a pas fini d'en voir mais, mince consolation: moins de diabète et d"obésité, moins d e pollution(il est minuit moins une , docteur Schweitzer!) , plus de virulence et de conscience peut-être?
Faut l'espérer. Salut Hervé, continuez à nous vulgariser ça, juste votre titre: Ces riches...est déjà un sacré punch. Lâchez pas, comme on dit icitte!
Anny Schneider, une ex-Alsaco, pas si conne, quoi que ...
|
|
|
|
|