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Mémoire des anges (La)
Faisant usage d'extraits et de chutes de tournage de 120 films produits par l'ONF, Luc Bourdon et son monteur Michel Giroux dressent un portrait impressionniste du Montréal des années 1950 et 1960 tel que capté par des cinéastes comme Gilles Groulx, Hubert Aquin, Gilles Carle, Denys Arcand, Claude Jutra et de nombreux autres au fil des ans.

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La Mémoire des anges

Infiniment Montréal


ARTICLE - 16 octobre 2008
Luc Bourdon: "L'idée était d'essayer de rentrer avec les images dans la fibre urbaine qui était tricotée à ce moment-là."
photo: Office National du Film du Canada
La Mémoire des anges, de Luc Bourdon, est une chronique du Montréal des années 1950 et 1960 assemblée à partir d'images d'archives.
 
Comment réunit-on Oscar Peterson, Dominique Michel, Jean Drapeau, Willie Lamothe, Geneviève Bujold, Paul Anka et une foule d'autres dans un même film? En plongeant tête première dans les archives de l'Office National du Film, ce qu'a fait Luc Bourdon pour en tirer le casse-tête audiovisuel qu'est La Mémoire des anges.

Tout a commencé par une réflexion lancée en l'air par Bourdon, mais que la productrice Colette Loumède a décidé de prendre au sérieux. "J'avais dit: "Pourquoi on continue à tourner? Il y a tellement d'images de filmées, pourquoi on ne s'amuse pas à faire des films à partir de bouts d'autres films?" C'était une boutade, mais en même temps, c'était vraiment un vieux fantasme que j'avais", se rappelle le cinéaste.

Pendant trois ans, Bourdon et son monteur Michel Giroux ont visionné des centaines de films faisant partie de la collection de l'ONF, isolant des passages ici et là afin de bâtir l'imposante banque d'images qui leur a fourni le matériel nécessaire pour créer La Mémoire des anges, dont les motifs récurrents se sont généralement imposés d'eux-mêmes. "C'est sûr que Montréal était tout de suite clairement placée, tout comme l'idée de ponctuer le film de musiques et de chansons, avec les performeurs à l'écran si possible. D'autre part, il y avait tous les univers, tous les regards des années 1950 et 1960 qui m'intéressaient plus que les autres années, à cause du phénomène du candid eye et du cinéma direct."

"Le pari au niveau du son et de l'image, poursuit Bourdon, c'était de n'enregistrer aucune matière, donc de ne faire que de la récupération, du recyclage, du sampling... Puis on s'est mis des règles comme celle de ne jamais reproduire un montage original dans le nôtre, pour ne pas faire de la citation. Souvent, c'était des inserts qu'on prenait dans les films. Il y a des films qui sont très proches de leur sujet mais qui, entre deux séquences, nous montrent du stock shot de la ville; c'était ces plans-là qu'on recherchait. En gros, l'idée était d'essayer de rentrer avec les images dans la fibre urbaine qui était tricotée à ce moment-là."

Le 19 octobre, au Festival du Nouveau Cinéma
À l'Ex-Centris, dès le 20 octobre

À voir si vous aimez /
L'Homme à la caméra de Dziga Vertov, Infiniment Québec de Jean-Claude Labrecque, My Winnipeg de Guy Maddin

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LA MÉMOIRE DES ANGES

Faisant usage d'extraits et de chutes de tournage de 120 films produits par l'ONF, Luc Bourdon et son monteur Michel Giroux dressent un portrait impressionniste du Montréal des années 1950 et 1960, tel que capturé par des cinéastes comme Gilles Groulx, Hubert Aquin, Gilles Carle, Denys Arcand, Claude Jutra et de nombreux autres au fil des ans. L'assemblage de ces images en couleur ou en noir et blanc, en 35 ou en 16 mm, tirées de fictions ou de documentaires, est étonnamment homogène, alors que des liens géographiques ou thématiques se tissent entre elles. Exercice un brin académique, La Mémoire des anges comporte néanmoins de véritables moments de grâce, incidemment souvent associés aux chansons du vénérable Raymond Lévesque (Les trottoirs, À Saint-Henri, Bozo-les-culottes).

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25 oct. 2009, 16:01
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Cette production est un amalgame d'images et ce clips tirés de quelques 120 films produits par l'ONF.

C'est un portrait de la ville de Montréal, ni plus ni moins.

On voit de tout, de gens chez eux, au travail et au jeu.

N'ayant pas vu cette époque de mes yeux, je me suis bien amusé à essayer de reconnaître les lieux et les édifices qui ont si tant changés.

14 oct. 2009, 00:11
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La mémoire des anges est un documentaire mais aussi une oeuvre poétique remarquable, contruite à partir d'extraits de films de l'ONF et mis ensemble par Luc Bourdon.  Les enchaînements de noir et blanc et de couleur sont superbes, semblant suivre un fil conducteur.  On redécouvre Montréal comme on ne l'a pas connue.  Et on aperçoit avec bonheur des visages comme Dominique Michel, Félix Leclerc, Igor Stravinsky, Paul Anka, ...

 À voir et à revoir.  Et peut-être que ça nous donnera le goût de s'intéresser un peu plus à la mine d'or que représente le catalogue de l'ONF.

22 juin 2009, 15:50
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Ce film m'a rendu nostalgique du Montréal de mon enfance. Comme un voyage à l'intérieur de ma mémoire il en a réveillé les souvenirs qui s'y logeaient. Les images tournées par plusieurs cinéastes de l'ONF et proposées par Luc Bourdon sont venus s'ajouter aux miennes. Elles ont provoqué des émotions associées à mon passé. J'avais l'impression de revivre cette époque déjà lointaine. Les ruelles avec leurs cordes à linges pleines, les voitures stylées, la liberté de courir et de s'amuser, les rires et les pleurs, les hivers froids et enneigés, les parades de la St-Jean-Baptiste avec son décorum religieux, le droit de fumer sans se sentir coupable, le parc Lafontaine avec son zoo et ses gondoles, l'espoir d'un avenir grandiose, le début de la modernité illustré par la construction de la Place Ville-Marie...

Un merveilleux moment de nostalgie!

10 nov. 2008, 19:52
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La mémoire des anges, c'est le travail fastidieux et remarquable du réalisateur Luc Bourdon et de son monteur Michel Giroux sur le Montréal des années 50 et 60. Un très beau documentaire duquel la poésie émane par l'assemblage d'images récupérées de chutes de tournage de plusieurs films, dont ceux de nos plus grands réalisateurs - Arcand, Carle, Jutras, etc., et de d'autres moins connus mais aussi talentueux.

Le montage est fabuleux, mais il faut laisser passer un premier cinq minutes avant de s'abandonner complètement à l'oeuvre, qui sans trame narrative demande un peu d'ajustement, mais la trame sonore et les extraits sonores existants - venant des extraits -  servent parfaitement ce petit bijou, film de souvenirs, de nostalgies.

Montréal se dévoile aux quatre saisons, au fil des ans, tantôt en noir et blanc, tantôt en couleurs et toujours prenante, saisissante. Avec de merveilleux clins d'oeil sur divers quartiers, divers artères, hommes et femmes, adultes et enfants, artistes connus, policitiens, hommes religieux, bref, les années 50 et 60 sont remarquablement présentées dans ce trop court documentaire. Trop court, parce que lorsque le film se termine... on en voudrait encore et encore.

La mémoire des anges, pour moi, ce fut de me revoir à cinq ans avec mes parents et mon frère à l'Expo 67. Ce fut aussi de voir en images les souvenirs de mon père, ceux qu'il me racontait petite, et qu'il me raconte parfois encore, de sa jeunesse au parc Lafontaine abritant une petite ferme d'animaux, et qui laissait les gens voguer sur son lac grâce à des pontons. D'heureux souvenirs.

La mémoire des anges, est une oeuvre qui mérite d'être vue et revue. Et pas seulement par les nostalgiques de ce Montréal du passé. La mémoire des anges est une oeuvre, belle en soi, touchante à regarder. Un poème en images, une ode à Montréal.


 

04 nov. 2008, 19:36
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Ce documentaire sur Montréal est un collage de différentes scènes de films produits par l'ONF. Souvent en noir et blanc mais aussi parfois en couleur, des quartiers comme St-Henri, le Plateau Mont-Royal, le centre-ville et le port de Montréal sont présentés sous forme de flashbacks (maintenant/auparavant) ou sous la forme de scènes de film d'époque. C'est intéressant de revoir ces jeunes baby-boomers, alors étudiants à l'école primaire, ou cette foule de jeunes jouant sur les trottoirs, ruelles et dans les parcs. On y observe l'activité portuaire, ferroviaire, les tramways, les processions religieuses ou politiques. Il y a aussi ces artistes en début de carrière qui ont maintenant atteint l'âge de la retraite et l'apparition des premiers téléviseurs en noir et blanc télédiffusants les parties de hockey. La société était plus religieuse à cette époque et les affiches néons font fureur au centre-ville alors que l'énergie ne coûte pas cher.  Je me souviens d'avoir paradé dans les rues,  avec les garçons de ma classe,  en chantant des cantiques lors de la Fête Dieu.

Je crois que ce documentaire débute avec des scènes datant des années 50 et il est construit comme un album de photos de famille que l'on consulterait pour se rappeler des souvenirs disparus. Les modes vestimentaires et les coupes de cheveux sont frappantes si on les compare à celles d'aujourd'hui. Même si la nostalgie peut produire son effet sur certains spectateurs, je me réjouissais de la disparition de cet horrible filage électrique, nécessaire aux tramways, suspendu au-dessus des rues et aussi de cette nuée de cordes-à-linge parce que les sécheuses automatiques n'existaient pas encore. J'ai été surpris par ces images de l'étang du Parc Lafontaine avec les cygnes, les phoques et le canotage car j'avais fréquenté l'école secondaire, située à côté de cet étang, et je n'ai conservé aucun souvenir de telles activités sur ce plan d'eau. J'aime mieux notre qualité de vie actuelle que ce "bon vieux temps" car, en me basant sur ces images, notre société semble avoir progressée pour le mieux. Ce documentaire «La mémoire des anges» intéressera davantage un public plus âgé, que les plus jeunes et je le crois destiné à un public assez restreint.

03 nov. 2008, 08:13
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Joli pari et bien tenu: c'est come si les concepteurs du projet avaient recueilli et assemblé les souvenirs des anges surplombant les nombreux clochers, ces gardiens de l'ancienne métropole au cours des années 40, 50 et ce jusqu'à Expo 67. 80 minutes, c'est fort court pour dresser le portrait visuel et sonore d'une cité aussi complexe et changeante. Les documents d'archives, souvent d'une étonnante fraîcheur, ont été soigneusement triés et ajustés les uns aux autres avec une fluidité habile pour cibler quelques thématiques : la cité ferroviare, le quartier populaire de St-Henri, la Main parsemée de cabarets, le paysage urbain changeant, le Parc Lafontaine, la procession ininterrompue des gens ordinaires arpentant les artères de la cité au fil des saisons... Un regard ciblé donc, dépendant évidemment de la pellicule disponible. Aucune incursion dans les quartiers plus huppés tels Westmount. Peu de scènes d'intérieur, sinon un rapide coup d'oeil au Carmel ou dans le sinistre dortoir d'une école privée pour garçonnets tenue avec une main de fer par de bons frères. Mais que de trouvailles et de retrouvailles cocasses et émouvantes. En particulier, un défilé de la Saint-Jean tout chamarré de pompe catholique avec ses zouaves, ses cadets bien raides et le petit frisé angélique lançant des becs au Cardinal Léger. Raymond Lévesque chantant Bozo en ratissant tout penaud la Sainte-Catherine. Une grandiose funéraille de pompier entrecoupée d'une répétition de la Symphonie des Psaumes avec son auteur, Stravinski. La beauté intense et lumineuse de Geneviève Bujold, juvénile amoureuse, ondulant entre les arbres fleuris sur le Mont Royal printannier. Maurice Richard scorant au vieux Forum et faisant lever la foule et René Lecavalier. Mais c'est surtout la palpitation des humbles de la cité dévoilée qui retient l'attention: la foule des modestes travailleurs ferroviaires et portuaires, des couturières, des waitresses et des commis, courbés, sérieux ou enjoués, baragouinant l'anglais pour plaire au boss, marmonnant le latin pour plaire au curé, toutes ces petites gens avec leurs tralées de bambins cherchant à survivre et à arracher des petites miettes de bonheur à la grande ville carnassière. Ils ont disparus depuis belle lurette mais c'est leur rire et leur sourire à la fois humbles et fiers qui mettent de l'âme dans ce beau voyage dans notre passé.

29 oct. 2008, 15:37
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Étant non-montréalaise de naissance je n'ai pas ressenti de nostalgie en découvrant ce film mais je ne peux qu'admirer le magnifique travail de recherche, montage, mixage qu'il anécessité en plus de nous plonger si admirablement dans cette ville qui a tant changé.

Je suis restée les yeux et les oreilles réjouies en voyant Schwartz's inchangé, les mêmes évitements de slush sur Sainte-Catherine et les sourires des gens.

Surprenant, accueillant et on ne peut plus plaisant, il faut se laisser bercer et découvrir ce film presque inclassable. 

23 oct. 2008, 22:34
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C'est en gagnant à un concours que j'ai eu un laissez passer double pour "La mémoire des anges" qui n'était pas, je l'avoue, dans ma liste prioritaire. Pour m'accompagner, j'ai joué de prudence en demandant à une amie. Il y avait de bonne chance qu'elle aime cette oeuvre puisque l'été dernier, nous avions marché sur le boulevard St-Laurent et elle m'avait raconté plein de souvenirs de jeunesse qui dataient des années 60 et 70, sur les commerces de cette artère mythique de Montréal. Par bonheur, elle était libre et elle a accepté.

Ma prudence fut récompensée et nous avons passé de très bons moments tout au long du visionnement. Pour tous ceux et celles qui ont connu Montréal durant les années 50 et 60, je suis convaincu qu'ils découvriront avec plaisir les images de la rue Sainte-Catherine de l'époque du tramway et tout en néons, du boulevard St-Laurent du vrai temps de la Main et des manufactures ainsi que de la rue de la Commune avec les commerces de l'époque.

Ils pourront aussi se rappeler un défilé de la St-Jean-Baptiste, sous l'oeil tout aussi bienveillant qu'inquisiteur du Cardinal Léger. On sourira en voyant l'arrivée triomphante de la reine d'Angleterre Élizabeth II au port de Montréal. On rira en entendant le maire Drapeau, toujours aussi visionnaire, justifier la démolition d'un quartier pour faire place à l'échangeur Turcot qui devrait très bientôt, quelle ironie, subir le même sort.

Il ne faut pas oublier les passages montrant Félix Leclerc, Dominique Michel et Raymond Lévesque. Ni non plus, les travailleurs, les femmes au foyer et les enfants jouant dans les rues ou les ruelles dans lesquelles ont verra des cordes à linge riches de leur fardeau.

Même s'il n'y a pas de trame et que certains passages peuvent moins nous rejoindre, notre attention est vite rattrapée par la suite plus intéressante. Combien de fois, j'aurais souhaité disposer d'une manette pour faire "Pause" pour mieux voir les personnages et examiner attentivement les endroits trop brièvement montrés. Note à moi-même: Il faudra éventuellement m'en procurer un copie DVD.

Les plus jeunes devraient-ils y aller ? Je dirais oui, s'il veulent voir comment Montréal a mué en environ cinquante ans.

FICHE-INFO
Pays: Canada
Année: 2008
Catégorie: Documentaire
Classification: Général
De: Luc Bourdon