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Cinéma
Festival de films Cinemania - 15e Édition
5 au 15 nov 2009

Films français sous-titrés en anglais, presentés au Cinéma Impérial, 1430 rue de Bleury, Mtl. Info : www.cinemaniafilmfestival.com

Festival de films francophones Cinemania

Bons baisers de France


ARTICLE - 5 novembre 2009
J'ai toujours rêvé d'être un gangster de Samuel Benchétrit.
Du 5 au 15 novembre, le Festival de films francophones Cinemania célèbre ses 15 ans au Cinéma Impérial. Voyons ce que nous réserve la première semaine.
 
Afin de commencer les célébrations dans la joie et la légèreté, c'est le Woody Allen français, Emmanuel Mouret, qui ouvre le bal avec Fais-moi plaisir! où il incarne un homme forcé par sa compagne (Frédérique Bel) de la tromper afin de sauver leur couple. (5 et 6 nov.) Le film prend l'assaut de nos écrans le 20 novembre!

Après s'être intéressé à la pub avec 99 f, Jan Kounen se penche sur les amours extraconjugales du compositeur du Sacre du printemps (le séduisant Mads Mikkelsen) avec la grande demoiselle de la mode (la très élégante Anna Mouglalis) dans l'élégant et froid Coco Chanel et Igor Stravinsky. Plus emballant que le Coco avant Chanel d'Anne Fontaine... (6 et 12 nov.)

Pour sa part, Stéphane Brizé, qui sera aussi des festivités, explore avec délicatesse et force non-dits l'adultère dans Mademoiselle Chambon, où Sandrine Kiberlain fait doucement perdre la tête à Vincent Lindon, marié à Aure Atika, tous trois offrant de belles performances nuancées. (7 et 8 nov.)

On retrouve également Lindon dans Welcome, de Philippe Lioret, où il vient en aide à un jeune réfugié kurde (Firat Ayverdi) afin d'impressionner son ex (Audrey Dana). Si les motivations des personnages tombent par moments dans l'exagération, Welcome illustre avec émotion et empathie le drame de milliers de réfugiés en France. (6 et 7 nov.)

Au côté de Jean-Paul Rouve et d'Adrien Jolivet, Roschdy Zem fait les yeux doux à Marie Gillain alors que tous quatre doivent mettre la main sur des documents compromettants d'une multinationale qui leur pollue l'existence dans l'amusante et sympathique comédie à saveur sociale La Très, Très Grande Entreprise de Pierre Jolivet, qui signait en 1999 Ma petite entreprise. En prime: Manu Katché signe la trame sonore! (6 et 9 nov.)

Enfin, soulignons la performance étonnante d'Emir Kusturica dans L'Affaire Farewell, drame d'espionnage aux charmantes allures vieillottes, campé durant la guerre froide, de Christian Carion où, dans la peau d'un colonel du KGB, le cinéaste serbe fait appel à un ingénieur français (Guillaume Canet) afin de faire chuter le système.

Rencontré au Festival de Toronto, Carion, qui a dû abandonner l'idée de travailler avec Nikita Mikhalkov à cause d'un autre tournage, a ainsi expliqué son choix:

"Cette histoire est russe, je voulais donc la raconter avec des acteurs russes. Nikita m'a alors présenté des acteurs russes. Je rencontre donc une espèce de Daniel Auteuil russe. Je commence à travailler avec lui, puis, il commence à subir des pressions du ministre de la Culture. Ancien membre du KGB et connaissant bien cette affaire, ce dernier lui a dit qu'il ne pouvait pas faire cela au peuple russe qui l'aime pour son talent, soit de défendre un traître. J'ai compris que je ne pourrais pas tourner avec des Russes à Moscou. Je me suis donc tourné vers un acteur d'un pays de l'Est qui parle russe sans être russe. J'ai ainsi choisi Emir, qui a été très courageux et qui a travaillé fort pour apprendre le français et réapprendre le russe." (11 et 13 nov.)

www.cinemaniafilmfestival.com
Les frais du voyage à Paris ont été payés par Unifrance.


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J'ai toujours rêvé d'être un gangster

Clin d'oeil à une réplique de Goodfellas de Scorsese, ce deuxième long métrage de Samuel Benchétrit rappelle par sa galerie de paumés sympathiques les usurpateurs doux dingues qu'incarnaient Marie Trintignant et François Cluzet dans Janis et John, première incursion de l'acteur, romancier et metteur en scène derrière la caméra.

"J'ai de la tendresse pour mes personnages, racontait le réalisateur rencontré l'an dernier à Paris, je suis contre le cynisme. Pour moi, ce sont des êtres malheureux très drôles."

Ainsi, l'on retrouve dans cette comédie noire, dont la structure évoque Pulp Fiction, Édouard Baer en escroc qui tente de braquer, sans arme, Anna Mouglalis en serveuse de cafétéria armée, Arno et Alain Bashung se disputant les droits d'une chanson volée, tandis que Jean Rochefort, Laurent Terzieff et leurs vieux potes fomentent un dernier délit et que Bouli Lanners et Serge Larivière ont maille à partir avec leur otage.

Remplaçant Sergi Lopez, qui s'est blessé avant le tournage, Baer incarne ici un personnage à des lieues de l'image qu'il projette, c'est-à-dire sans panache: "Je voulais opposer une Anna Mouglalis glaciale à un Édouard Baer fragile parce que je souhaitais instaurer une cassure", révélait Benchétrit.

Pour J'ai toujours rêvé d'être un gangster, campé en majeure partie dans une cafétéria anonyme que le réalisateur a repérée à 15 km de Paris, Samuel Benchétrit désirait aussi saluer le cinéma ayant marqué sa jeunesse, d'où le choix du noir et blanc. "Même si je trouve le noir et blanc à la télé ennuyeux, avouait-il, je ne peux y renoncer parce qu'il renforce la gueule des acteurs et qu'il démontre qu'on n'est pas dans la réalité." (6 et 7 nov.)

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09 nov. 2009, 20:10
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 Ainsi donc, le cinéphile montréalais peut participer à un autre festival de films à Montréal. Si chacun a son créneau, le festival CINEMANIA, "festival de films francophones" avec son "accent en moins" trahit ses origines. C'est, en effet, grace à la communauté anglophone de Montréal, plus spécifiquement Maidy Teitelbaum fondatrice de ce festival que les amateurs de films français peuvent avec grand plaisir découvrir de très bonnes oeuvres récentes de l'Hexagone. Ces films français qui,souvent, peinent à trouver une place au soleil sur nos grands écrans.

À la soirée d'ouverture au cinéma Impérial, dans une salle presque remplie, l'enthousiasme des organisateurs et des spectateurs était palpable. Juste à feuilleter le programme, il est facile de comprendre pourquoi avec les oeuvres primées, des réalisateurs connus, des actrices et des acteurs qui se passent de présentation, sans oublier ceux qui viennent rencontrer les cinéphiles dont Emmanuel Mouret et Costa Gavras. Un grand plaisir pour l'amateur de films français que je suis et qui se sent seul parfois.

Mais la vie n'est jamais aussi simple qu'on le souhaiterait. En effet, si vous êtes un travailleur, ce que je suis, les projections avant 18h00 sont inaccessibles et les soirs de semaine, les projections après 21h00 réservent des lendemains difficiles. Quelle torture de dire, je ne peux pas. Si vous êtes comme moi et que vous avez été complètement conquis par "Va, vis et deviens du réalisateur Radu Mihaileanu, il faudra, malgré tout, penser mettre votre réveil puisque la première des deux projections sera le 15 novembre à 9h00 et le 15 novembre est un dimanche. L'autre projection clôture le festival à 20h00, le même jour. J'espère que le réalisateur est un lève-tôt puisque le programme indique qu'il sera présent durant le festival.

Décidément, les amateurs peuvent avoir la vie dure mais le plaisir en est tout aussi grand.

Merci et bravo aux organisateurs et si je peux me le permettre, je voudrais leur dire que mes vacances sont durant l'été.

07 nov. 2009, 18:55
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Je dois l'avouer, jusqu'à tout récemment, je n'avais aucune conscience du festival de Cinémania qui met à l'avant-plan le cinéma francophone (sous-titré en anglais). C'est toutefois avec un grand plaisir que je suis allé voir en avant-première, la plus récente oeuvre du talentueux cinéaste Emmanuel Mouret, présent dans la salle.

Célébrant sa quinzième édition, c'est à l'Impérial sur Bleury que se déroule le festival de Cinémania du 5 au 15 novembre prochains où se dérouleront pas loin de vingt avant-premières!

Précédé de plusieurs mots de présentations bilingues (qui ont provoqués une succession de gags de circonstances), c'est avec une certaine fierté que Emmanuel Mouret, considéré comme le Woody Allen français (et non pas à tort) a présenté son plus récent film qu'il a vite mis en garde en disant que c'était tout sauf un film sérieux, invitant même ceux qui s'attendaient à un film de ce genre à quitter immédiatement la salle. Si ce sont surtout les rires qui ont fait offices de réponses, à en croire la période de questions qui a suivie la projection, beaucoup aurait effectivement du se priver de la projection..

Plus cabotin que son plus récent opus, le magnifique Un baiser s'il-vous-plaît, Mouret offre un film beaucoup plus léger avec Fais-moi plaisir!

C'est en réaction à ce choix pourtant louable, que les commentaires et les questionnements subjectivement négatifs ont fusés: pourquoi avoir choisi un film plus léger que son précédent effort, pourquoi avoir manquer autant de sérieux, pourquoi ridiculiser à un tel point la masculinité de ses personnages masculins (ce fut un réel commentaire), où est la morale dans tout cela, etc.

De plus, beaucoup des gens qui ont pris la paroles ont vite prouvés qu'ils n'étaient pas familiers avec l'oeuvre de Mouret, s'en prenant rapidement à son langage particulier, le caractérisant d'aristocrate, de différent, de beaucoup trop user de "phrases complètes", alors qu'en fait, l'homme ne fait que reproduire à l'écran ce que lui-même est dans la vraie vie.

Pour revenir sur son film, si Un baiser s'il-vous-plaît démontrait les effets de l'acte, Fais-moi plaisir! s'attaque aux effets du non-acte évoquant et rappelant bien des choses en peu de temps (comment passer sous silence ce joli clin d'oeil à Citizen Kane?), tout en ne manquant pas de rester très personnel en amenant des blagues que seul Mouret a le secret.

Le non-acte s'avère ainsi moins grave, moins sérieux également et avec beaucoup moins de conséquences. D'où sûrement le désir de moins en faire, de moins se tourner vers une psychologie plus élaboré en misant plutôt sur l'efficacité, dans ce cas-ci, des gags rappelant l'effet slapstick et l'humour très physique des plus grands de ce domaine.

Une blague n'attend pas l'autre et on y rit beaucoup alors qu'on ne reste jamais très longtemps accroché sur un sujet et que chaque direction n'est que prétexte pour un gag bien huilé.

Le tout habilement mis en mot par ces dialogues simples, mais efficaces et des délicieuses performances, autant subtiles qu'appuyées qu'arrivent à amener sa très bonne distribution qui arrive à faire vivre les personnages particuliers autant naïf qu'exagérés de l'univers caractéristique de Mouret. On dénote l'excellente Déborah François, la délicieuse Frédérique Bel, la surprenante Judith Godrèche, le pince-sans-rire Jacques Weber et bien évidemment le toujours agréable Emmanuel Mouret toujours autant habile dans chacun des rôles qu'il se confie.

Il y a également soins pour la musique, toujours habilement sélectionnée pour chaque circonstance, ainsi que cette fascination pour le Lac des cygnes de Tchaïkovski.

De plus, derrière toute cette fantaisie humoristique, Mouret termine son film, comme à l'habitude, de longs silences bien ponctué qui laisse les réflexions faire effets sous la beauté elle-même de sa scène finale. Comme quoi, l'homme derrière ces plaisirs assumés, cache tout de même de belles réflexions.

En somme, une très bonne comédie, efficace qui fut beaucoup trop attaquée pour ce qu'elle n'était pas, que ce qu'elle était réellement. 

06 nov. 2009, 12:01
répondez à cette critique!
Fais-moi plaisir est une comédie sentimentale délicieuse, tout imprégnée de l’esprit des grands siècles, qui ne limitait pas la culture à la provocation sexuelle exprimée dans un langage vulgaire, soi-disant réaliste. À l’instar d’Éric Rohmer, Emmanuel Mouret exploite un discours inspiré du théâtre. La parole dévoile les sentiments amoureux et, surtout, la crainte de perdre l’amour de sa vie. L’histoire raconte comment Ariane en est venue à demander à son amoureux de lui faire plaisir en donnant suite à la rencontre fortuite d’une femme dans un bistro. Elle veut ainsi « inscrire leur couple dans une force de progrès » pour ne pas jouer le rôle de l’objet, qui facilite l’assouvissement des fantasmes de son amant. En somme, le film se présente comme une variation pudique sur le désir. Il décortique les techniques de séduction qui mènent à l’alcôve. Le héros, un grand timoré, prête une oreille attentive aux amis qui favoriseraient son épanouissement affectif. Grâce à leurs conseils, il a conquis à son insu la fille du président français, auprès duquel il s’est engagé à aimer sa fille. Quittera-t-il son amante pour cette femme de la classe dirigeante ? Voilà un dilemme à l’origine d’aventures cocasses que le scénariste transpose dans le monde du vaudeville. Il a concocté un film qui rime amour avec humour. Un humour physique déclenché par un héros godiche, qui s'électrocute avec un grille-pain, qui se coince la main dans un vase et qui accroche un rideau de la résidence présidentielle dans sa braguette. Incidence qui se transporte de l’Élysée à un appartement habité par une soubrette et ses quatre sœurs, toutes aussi lascives les unes que les autres. Rire garanti même si les gags sentent l’adolescent en crise hormonale. Mouret joue sur la corde raide avec ce film qui aurait pu être d’un kitsch ridicule. Au contraire, il sauve sa comédie en la doublant d’une poésie apparentée à celle du conte avec la leçon du dénouement, qui rappelle que l’on peut se faire attraper malencontreusement au jeu de l’amour. Livré dans un écrin velouté approprié au genre, ce petit bijou souligne avec brio les relations hommes femmes, malgré ses longueurs, ennuyeuses, disons-le. À la manière de Woody Allen et de bien d’autres, Mouret parvient à renouveler la thématique de l’infidélité aux accents d’une musique qui ancre judicieusement les ambiances loufoques ou sentimentales.