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Arts de la scène
Bacchanale
Théâtre français (création) · Théâtre
19 fév au 15 mars 2008
Théâtre d'Aujourd'hui
3900, rue St-Denis, Mtl · (514) 282-3900

Frédéric Dubois

Purifiées


ARTICLE - 14 février 2008
Christian Saint-Pierre Christian Saint-Pierre

Frédéric Dubois: "Ce qui est vraiment super, c'est que depuis le début on travaille avec la même équipe de comédiennes."
photo: Neil Mota
Pour sa première mise en scène en sol montréalais, Frédéric Dubois organise une Bacchanale avec six comédiennes incendiaires.
 
Ces jours-ci, Frédéric Dubois, jeune metteur en scène de Québec, franchit une étape importante dans un parcours déjà très étoffé. Avec Bacchanale, une pièce toute neuve d'Olivier Kemeid, l'homme signe un premier spectacle pour le compte d'une grande institution montréalaise. Et comme l'individu ne sait pas faire les choses à moitié, il a opté pour une pièce détonante, une oeuvre polyphonique où six serveuses de bar revendiquent une vie, un sort et un monde meilleurs.

"Au début, lance Dubois, le texte me faisait peur. Je le trouvais effrayant!" C'est bien connu, pour un metteur en scène la peur est un extraordinaire moteur. En discutant avec Kemeid et Marie-Thérèse Fortin, directrice artistique du Théâtre d'Aujourd'hui, Dubois accepte finalement de se lancer. "Heureusement, explique-t-il, on a eu droit à des ateliers dramaturgiques. On a pu se pencher longuement sur la compréhension du texte. Ce qui est vraiment super, c'est que depuis le début on travaille avec la même équipe de comédiennes. Elles ont pu dire ce qu'elles pensaient, discuter, jeter des idées sur la table. Avec une proposition aussi singulière, c'était vraiment essentiel." Ces comédiennes, impliquées corps et âmes dans un projet qui n'en permet pas moins, ce sont Violette Chauveau, Johanne Haberlin, Marie-Claude Giroux, Michelle Rossignol, Isabelle Roy et Isabelle Vincent.

L'HOMME DE LA SITUATION

Plusieurs des caractéristiques du texte de Kemeid font de Dubois l'homme de la situation. À commencer par la langue. Dans la Vieille Capitale, le metteur en scène s'est courageusement frotté à des écritures aussi vertigineuses que celles de Réjean Ducharme et de Jean-Pierre Ronfard. "C'est sûrement cette langue en constante transformation, cet aspect choral et cet esprit à la fois ludique et tragique qui ont convaincu Marie-Thérèse de me faire lire la pièce d'Olivier. Il y a là une telle multitude de sens. Pour nous tous, c'est un terrain de jeux extraordinaire!"

Si la plupart des réalisations de Dubois font se côtoyer le sublime et le grotesque, on devrait cette fois atteindre des sommets. Après tout, les bacchanales sont des cérémonies extatiques et libératrices où les désirs et les révoltes sont exacerbés. On pense à l'univers de Michel Tremblay, plus précisément à Françoise Durocher, waitress, mais aussi aux Bacchantes d'Euripide et aux Fées ont soif de Denise Boucher. "La pièce est ancrée dans les mythes fondateurs, affirme Dubois. Dans l'Antiquité, les bacchanales avaient pour but de rendre les hommes à ce point saouls qu'ils laisseraient tomber les armes. Ainsi, dans la pièce, le bar est une métaphore de la société, un asservissement auquel six femmes veulent mettre fin."

Il est tout de même surprenant que cette prise de parole, si féminine, pour ne pas dire féministe, surgisse sous la houlette de deux hommes dans la trentaine. "Je ne dirais pas que c'est une pièce féministe, précise Dubois. Je dirais plutôt qu'elle est portée par des femmes. Si elle était juste féministe, ça ne m'intéresserait pas. C'est plus vaste que ça. On parle aussi du suicide, du pays, de la libération du peuple, de s'affranchir. Il se pose là des questions très importantes: Pourquoi est-ce qu'on abdique? Et surtout: Comment peut-on cesser de le faire?"

Le 4 mars, à l'issue de la représentation, Stéphane Lépine anime une discussion autour des thèmes de Bacchanale. Y prendront part: Ginette Pelland, essayiste, enseignante et docteure en philosophie, Jean-Cléo Godin, professeur émérite de littérature à l'Université de Montréal, et Caroline Hayeur, photographe.

Du 19 février au 15 mars
Au Théâtre d'Aujourd'hui
Voir calendrier Théâtre

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CV

Pour les spectateurs de Québec, le talent de Frédéric Dubois ne fait plus de doutes. Sorti du Conservatoire d'art dramatique de Québec en 1999, fondateur et directeur artistique du Théâtre des Fonds de Tiroirs, l'homme a déjà plus d'une trentaine de spectacles à son actif. Son adaptation de Zazie dans le métro de Raymond Queneau et sa mise en scène extérieure de Vie et mort du roi boiteux de Jean-Pierre Ronfard ont confirmé son audace. Il a aussi monté Ducharme au Trident, Bouchard, Tremblay, Jarry et Garneau à la Bordée et, tout récemment, il créait D'Alaska, un texte jeunes publics de Sébastien Harrisson, sous la bannière du Théâtre Bluff. Parallèlement, Dubois enseigne le jeu dans les différentes écoles de théâtre du Québec. Il défend aussi les intérêts de sa discipline en s'impliquant au sein de l'Association des compagnies de théâtre.

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27 févr. 2008, 13:17
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Un groupe d'étudiants en génie s'en viennent dans un bar pour une initiation scolaire et tout le personnel de ce bar se prépare  pour les recevoir.  La patronne examinera de près la tenue vestimentaire et l'attitude de ses serveuses.  Un défaut de langage et un parler cru afflige le personnel de cet établissement. Ce niveau de langage se corrigera tout au long du spectacle pour devenir normal vers le milieu ainsi que le comportement du personnel.  Certaines font du ménage alors qu'une autre fait la comptabilité.  Le décor est formé par ce comptoir de bar au-dessus duquel des dizaines de haut-parleurs sont suspendus à des fils.  Ce plafond réservera bien des surprises par la suite.  Les vêtements des serveuses sont parfois très originaux et même sexy. 

 

Le monde de Michel Tremblay,  avec ses waitress,  sert de point de départ mais il a pris un coup de vieux depuis 1972,  surtout ici au Québec.  La distribution est fortement féminine avec ses 6 femmes et un seul homme  fera un court passage de 2 minutes dans ce spectacle.  J'estime que l'absence d'acteurs masculins représente un handicap pour «Bacchanale».  La fin du spectacle est aussi très différente du début et m'a semblé faible,  tout cela me laissant sur l'impression que «Bacchanale» était un spectacle très moyen alors que le spectacle précédent d'Olivier Kemeid «L'Énéide» m'avait laissé sur une très bonne impression.  J'ai aussi constaté que les titres archaïques des pièces de cet auteur sont trompeurs car ils ne collent pas à la modernité de ses spectacles.  J'ai apprécié la disposition des sièges des spectateurs sur les 4 côtés de ce comptoir de bar.  La proximité avec les artistes était intéressante.