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Arts de la scène
FAIT - Le Festival de théâtre de l'Assomption
Théâtre français (création) · Théâtre
30 sept au 3 oct 2009

Festival entièrement consacré au théâtre de création et aux artistes en émergence. Au Théâtre Hector-Charland, 225, boul. L'Ange-Gardien, L'Assomption. www.fait.ca - (450) 589-9198, poste 5

Michelle Rouleau

Les sens de la vie


ARTICLE - 25 septembre 2008
Le Théâtre les gens d'en bas, de Rimouski, est de retour au FAIT avec une nouvelle création, Pierre-Luc à Isaac, à Jos, une comédie dramatique qui traite de passation, d'exode et de la relation père-fils.
photo: Steve Leroux
Quatre jours à découvrir ou redécouvrir des paroles théâtrales d'ici, voilà ce que propose le 8e Festival de théâtre à L'Assomption (FAIT). Au menu: créations, reprises, laboratoires, lectures publiques et soirées de contes. On en discute avec la directrice artistique, Michelle Rouleau.
 
Sur ses quatre scènes, le FAIT accueille cette année des compagnies dont la démarche s'articule d'abord et avant tout autour de la parole, de la nécessité de dire le monde avec des mots puissants et des récits poignants. Et comme si c'était prémédité, la plupart des spectacles abordent les mêmes thèmes, en une sorte de dialogue croisé qui rend la programmation très cohérente. La directrice artistique, Michelle Rouleau, explique s'être "aperçue, en assemblant les morceaux, que la plupart des spectacles parlent de la mort, amorcent une réflexion sur le sens de la vie". Thème indémodable et inépuisable s'il en est un.

Ça commence en force avec la reprise de Je voudrais me déposer la tête, adaptation théâtrale du premier roman de Jonathan Harnois. Personne n'a oublié cette poignante mise en scène de Claude Poissant (Théâtre PàP) qui avait ravi la critique et les spectateurs de l'Espace Go l'an dernier, ni la poésie crue et les métaphores chargées du jeune auteur. Une histoire de suicide, d'amitié et de reconstruction de soi sur fond de banlieue bétonnée "qui risque d'avoir un effet réellement cathartique sur les spectateurs de L'Assomption, croit Rouleau, parce qu'elle parle d'une réalité de banlieue qui les concerne directement".

La 8e édition du FAIT poursuit des échanges entamés avec certains artistes au cours des années précédentes. Le Théâtre I.N.K., par exemple, vient présenter une première étape de création de son nouveau projet, Vides passagers, qui explore le thème des passages et du caractère éphémère de la vie. Le Théâtre les gens d'en bas, de Rimouski, est aussi de retour avec une nouvelle création, Pierre-Luc à Isaac, à Jos, une comédie dramatique de Cédric Landry qui traite de passation, d'exode et de la relation père-fils. Une énième présence aussi pour le Groupe de poésie moderne, compagnie montréalaise évoluant depuis plusieurs années en marge des institutions, et à qui le FAIT accorde sa pleine confiance "à cause de son univers très particulier, inclassable, qui a eu un succès fou lors des éditions antérieures du FAIT", précise la directrice artistique. Son nouveau spectacle, De l'impossible retour de Léontine en brassière, se situe dans l'univers automatiste du peintre Paul-Émile Borduas.

Il ne faut pas manquer non plus le Théâtre extrême de Jean-Guy Legault (Théâtre du Vaisseau d'Or). Ce spectacle interactif, une fausse course au leadership qui circule depuis plus de deux ans sur les scènes du Québec, remet en question, avec ludisme et intelligence, les coulisses et les codes de la politique. La compagnie Toxique Trottoir expose aussi sa vision de la Belle Province dans Le Musée des vieux animaux québécois, installation-spectacle d'abord présentée à l'occasion du Festival Fringe et des festivités du 400e de Québec. La pièce interroge les traditions et la culture québécoises ainsi que leur rapport à l'immigration. Ce sera aussi l'occasion de renouer avec les mots de la conteuse Renée Robitaille, figure de proue du conte québécois, qui nous entraîne cette fois dans l'univers des mines abitibiennes avec son nouveau spectacle Hommes de pioche.

Au rayon "découvertes", le Festival a programmé quelques lectures publiques de textes inédits qui s'annoncent prometteurs. Un exemple? Passage (titre de travail), de Catherine Dajczman, propose un voyage dans la mémoire et l'inconscient, "un rendez-vous avec le profane et le sacré, de la mort à la vie", lit-on dans le programme. L'auteure, qui est avant tout comédienne et percussionniste, s'intéresse depuis plusieurs années à la question du sacré au théâtre, mais elle se lance dans l'écriture pour la toute première fois.

Afin de prolonger le plaisir et la réflexion, le communicateur Winston McQuade anime des rencontres avec les artistes après les spectacles. Érudit, passionné d'art, l'homme a réalisé des centaines d'entrevues avec des créateurs de tout acabit au cours de sa longue carrière radio-canadienne. Il promet de passionnantes discussions. Notons aussi le passage de Philippe Avron, célèbre homme de théâtre français qui s'amène pour une conférence conviviale autour du thème de la création. C'est d'ailleurs dans les plans du FAIT de programmer plus d'artistes internationaux, "si les coupures du gouvernement Harper ne nous mettent pas trop de bâtons dans les roues", souligne discrètement Michelle Rouleau.

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05 oct. 2008, 23:01
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Pour une 8e année, le FAIT qui signifiait autrefois Festival Annuel d'Innovation Théâtrale et qui s'appelle maintenant Festival de théâtre à L'Assomption, a eu lieu. Ce festival a comme but de présenter ici, dans Lanaudière, des spectacles qui ont eu du succès ailleurs et quelques autres trouvailles. Je participe à ce festival depuis quelques années en tant que spectateur et j'ai eu l'occasion de voir, cette année, quelques spectacles durant les 4 jours du FAIT.

- Je voudrais me déposer la tête (Théâtre PàP)

- Hommes de pioche (Renée Robitaille)

- Vides passagers (Théâtre I.N.K.)

- Théâtre Extrême (Théâtre du Vaisseau d'Or)

- Peep! (Anna Papadakos)

J'ai eu une grosse surprise en constatant la foule impressionnante de jeunes spectateurs présents à la pièce «Je voudrais me déposer la tête». Le Théâtre Hector-Charland a une capacité de 668 places et c'était presque salle comble.

J'ai également eu une grosse déception en apprenant, par un appel téléphonique de la billetterie du théâtre, que le spectacle «Pierre-Luc à Isaac, à Jos» du «Théâtre les gens d'en bas» était annulé suite à un déclenchement justifié du système d'alarme incendie du Théâtre Hector-Charland en fin d'après-midi. Les pompiers ont réglés le tout mais le spectacle prévu en début de soirée a été annulé. J'aurais tant aimé voir cette pièce et j'avais mon billet en poche.

Le «Théâtre I.N.K.» nous a présenté un spectacle qui n'en était pas un. «Vides passagers-titre provisoire» était un processus de création très incomplet pour un spectacle qui ne sera pas à l'affiche, avant de nombreuses années, selon les 2 codirectrices artistiques. C'était un peu comme présenter de belles pièces d'un casse-tête pour adultes sans les assembler avec les autres pièces: on nous a montré ce qui semblait prometteur. L'idée de scénographie consiste en 4 cadres de plexiglass 4' X 10' juxtaposés de façon à former une vitrine transparente. Cette vitrine est utilisée pour coller des papiers, projeter des images, dessiner dessus, etc... Les thèmes passages (côté éphémère de la vie) et voyeurisme sont développés. L'avenir de «Vides passagers» semble incertain pour l'instant car des reprises d'anciens spectacles sont prévues.

«PEEP!» était une installation, en forme de cabines, dans le hall d'entrée du Théâtre Hector-Charland. On nous faisait passer du rôle d'observateur à celui d'observé en 10 minutes. Il n'y avait pas de contenu sexuel mais plutôt ce message "Je t'aime" pour lutter contre l'isolement des êtres humains dans notre monde moderne. Une anecdote amusante est à signaler car à la fin de ce cheminement gratuit, on m'a remis1¢ et donné un diplôme officiel d'artiste. Il faut admettre que s'enrichir au moment d'un possible crash boursier et progresser du statut de "raté sympathique" (critique) à celui d'artiste était imprévisible pour un spectateur. J'ai également rencontré à cette occasion Madame Stein et Nancy qui sont 2 personnages de la troupe théâtrale «Toxique trottoir» qui avaient installées leur tente devant le théâtre pour présenter le spectacle «Le musée des vieux animaux québécois» que j'avais vu l'été dernier au Festival Fringe. Une critique de leur spectacle est disponible dans mon blogue en date de Juin 2008.