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Dans un décor sobre et efficace représentant un bout de chemin de fer perdu aux confins d’un quelconque Azerbaïdjan, la Robe de Gulnara nous transporte aux frontières de notre propre humanité. En effet, ce bout de rail, devenu le seul refuge d’Arméniens chassés de leurs terres, nous offre une fresque intemporelle peuplée d'hommes et de femmes animés par l’espoir de jours meilleurs et, surtout, par l'illusion d’un bonheur à portée de main.
Mika, la petite sœur de Gulnara, assombrira sans le vouloir le jour du mariage de cette dernière en tachant de goudron la robe acquise au prix d’une vie de privation. C'est animée par l’optimisme de la dernière chance que Mika fera tout ce qu'elle peut pour effacer «la tache originelle». Dans cette quête rédemptrice, symbolisée par le blanc de la virginité, l’auteure Isabelle Hubert nous transporte avec tact et émotion dans les sommets de splendeur comme dans les abysses de déception de la nature humaine. Ce texte puissant et maîtrisé n’aurait pas eu la même acuité sans le concours d’une mise en scène sans compromis. Tout en étant réglée avec une précision chirurgicale, la mise en scène de Jean-Sébastien Ouellette laisse une très grande place aux comédiens et leur livre une scène propice à l’expression de leur art. Si Jean-Sébastien Ouellette a fait sa marque comme comédien, il n’a pas fini de nous surprendre comme metteur en scène!
La Robe de Gulnara offre au public une ambiance soutenue du début à la fin par une trame sonore recherchée ainsi qu'un éclairage toujours à point. Enfin, comment terminer ces mots sans souligner l’immense talent des acteurs de la production, notamment celui de Marylin Perreault dans le rôle de Mika et celui Jack Robitaille dans les rôles de Kazimov et Yavanshi.
Faisant fi de la poussière et du goudron, les mots d’Isabelle Hubert laissent entrevoir, sans fard et sans artifice, que c'est l’espoir d’un monde meilleur qui amène les hommes et les femmes à dépasser leurs limites sans réserve. Une pièce à voir et à revoir!
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